Papooz - © Lewis Lazar
Papooz - © Lewis Lazar

Papooz : l’heure du second album avec ‘Night Sketches’

Papooz dégaine aujourd’hui son second opus : Night Sketches… Un format à découvrir avec aficia.

Qui n’a pas encore en mémoire leur tube « Ann Wants To Dance » ? Bande-son de l’été 2015 et clippée par Soko (plusieurs millions de vue), cette ritournelle ensoleillée et addictive jetait les bases du songwriting à quatre mains d’Ulysse Cottin (le brun) et d’Armand Penicaut (le blond).

Ces deux histrions, qui composent et chantent indifféremment dans la langue de John Lennon, posaient l’air jovial sur la pochette de leur album inaugural, Green Juice (2016), enregistré au Cap Ferret et mixé par Ash Workman (Metronomy, Frànçois & The Atlas Mountains, Baxter Dury). Car Papooz pratique l’art de la pop chaloupée et du groove imparable. Un pied dans la pop tropicale, l’autre dans la bossa débridée et la tête dans les seventies américaines, Ulysse et Armand font la paire. Faussement dilettante et fichtrement inspiré, le tandem combat la morosité ambiante en chansons.

Et quelle meilleure nouvelle en plein hiver qu’un disque de Papooz pour faire remonter la température ? Si l’on vous épargnera le couplet galvaudé du ‘cap-difficile-du-second-album’, Night Sketches dévoile un autre visage du duo. D’obédience plus électrique et nocturne, ce disque est le fruit d’un travail méticuleux de production, en collaboration étroite avec Adrien Durand, la tête pensante de Bon Voyage Organisation (BVO) qui en signe la brillante réalisation. « Contrairement à notre premier album, qui regroupait des miscellanées de chansons écrites depuis des années et enregistré sans la science de production ni de l’arrangement, nous avons ‘mentalisé’ ce nouveau disque. On a souhaité faire le pont entre les seventies et les eighties, en étant encore plus groovy. » Soit un savant mélange de pop à papa et de synthpop pour un résultat étourdissant. « Leur force, c’est le songwriting », reconnaît sans ambages Adrien Durand.

Entouré par des fines lames de studio – le batteur Wendy Killmann (BVO, Adrien Gallo), le bassiste Maxime Daoud (Forever Pavot, Ojard) et le saxophoniste Julien Cavard (BVO, Amadou & Mariam) –, les deux Papooz peuvent ainsi donner libre cours à leurs ambitions artistiques, parfaitement assouvies par le leader de BVO à la culture XXL.

Mixé par l’Italien Andrea Suriani (Cosmo, Calcutta, Giorgio Poi), Night Sketches fait la part belle à l’écriture et à la composition, à la fois classique et pop moderne, d’Ulysse et d’Armand. Du single évident en ouverture (« You And I ») à une ballade poignante (« About Felix » inspiré par la perte d’un ami), de tourneries imparables (« Theatrical State Of Mind » et « Pacific Telephone » dont le titre est tiré d’un poème de Bukowski) à un saxophone impétueux (« Let The Morning Come Again »), d’une plage soft rock (« Danger To Myself », le premier extrait de l’album) à un virage ska (« Undecided »), Papooz ne se refuse rien. Et emporte l’adhésion sans coup férir.

Découvrez Night Sketches, le nouvel album de Papooz :