AC/DC

AC/DC, les indestructibles rockeurs !

[dropcap]D[/dropcap]epuis ses débuts en 1973 à nos jours, la bande à Angus est devenue en quatre décennies un des monuments mythique du paysage musical mondial. Aujourd’hui, aficia vous propose de vous replonger dans la carrière de cette force brute et sauvage qu’est et restera le groupe AC/DC.

Actuellement en tournée dans le monde pour le « Rock Or Bust World Tour », rien ne semble pouvoir déboulonner ces vieux routards du rock que sont les membres d’AC/DC. Ils continuent toujours de remplir des stades entiers au son des riffs d’Angus Young sur lesquels s’égosille rageusement la voix toujours aussi éraillée de Brian Johnson et cela fait plus de quarante ans que cela dure. Pour revenir sur l’histoire d’AC/DC, il faut remonter loin, loin dans ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et pourtant, pourtant si, tout le monde connaît AC/DC. On aime ou on n’aime pas, mais on connaît AC/DC. D’années en années, toujours fidèle à lui-même, le groupe a su traverser les époques, les genres, les courants et toucher toutes les générations.

Les premières années australiennes et naissance du groupe.

C’est en 1963 que la famille Young débarque de son Ecosse natale, fuyant la crise économique, pour s’installer dans la banlieue de Sydney en Australie. Des frères Young, c’est Georges qui le premier se met à la guitare, bientôt suivi par Malcom et Angus. Georges deviendra d’ailleurs mondialement célèbre avec son groupe les Easybeats qui sera le groupe australien le plus connu des années 60. Malcom quant à lui quitte l’école dès ses quinze ans et partage son temps entre petits boulots et pratique de la guitare. Encouragé par le succès de son frère, il intègre en 1971 le groupe the New-Castle’s Velvet Underground qu’il quittera un an plus tard et décide de former son propre groupe. Malcom recrute alors Dave Evans (au chant), Larry Van Knedt (basse), Colin Burgess (batterie), et son petit frère Angus en tant que guitariste occasionnel et fonde AC/DC sur une suggestion de leur sœur Margaret qui avait remarqué ce sigle au dos d’un aspirateur. Signifiant Alternative Current/Direct Current, Malcom décide d’adopter le sigle AC/DC comme nom du groupe car il trouve qu’il correspond à l’énergie et aux valeurs musicales des membres du groupe. Angus qui de son côté avait aussi quitté l’école et formé son propre groupe Tantrum rejoint définitivement AC/DC en 1973.

De Dave Evans à Bon Scott

Le 31 décembre 1973 AC/DC donne son premier concert au Chequers Club de Sydney avec des reprises de Chuck Berry, des Beattles et quelques compos personnelles. Mais le groupe n’est pas stable et connait des changements de line-up dès le début. Ce n’est ainsi pas moins de trois bassistes et cinq batteurs qui se succéderont durant l’époque Evans. C’est à cette époque aussi qu’Angus décide d’adopter, encore sur les recommandations de Margareth, son costume d’écolier qu’il ne quittera désormais plus durant toute sa carrière.

AC/DC entre en studio pour enregistrer deux singles : « Can I Sit Next To You Girl » et « Rockin’ in The Parlour » mais des dissensions apparaissent déjà avec Dave Evans dont les frères Young trouvent qu’il ne colle pas au mieux avec les orientations musicales du groupe. En 1974, engagé sur la tournée de Lou Reed, AC/DC fait la connaissance lors d’un concert à Adelaïde d’un certain Bon Scott. Présent dans la salle, Bon Scott avait proposé ses services au groupe et devient leur conducteur de bus. Bon Scott propose aussi de devenir batteur et Malcom le convie alors à une audition mais pour le poste de chanteur car il voulait en fait remplacer Evans. En 1974 Bon Scott devient donc officiellement le nouveau chanteur d’AC/DC. Commence alors la longue liste des albums d’AC/DC avec leur premier opus « High Voltage » enregistré en novembre 1974 aux studios Albert de Sydney après un changement de line-up. En janvier 1975 AC/DC joue au Sunbury Festival qui reçoit en tête d’affiche un autre futur géant Deep Purple, durant lequel une mésentente provoque la bagarre entre les deux groupes devant 20 000 spectateurs médusés.

1975 est une des premières années charnières d’AC/DC puisqu’elle voit la sortie de deux albums. « High Voltage » en février, qui amène le groupe à tourner dans toute l’Australie, puis T.N.T en décembre. Ayant recruté Phil Rudd à la batterie et Mark Evans à la basse, AC/DC atteint enfin sa première formation stable depuis ses débuts. Le titre « It’s a Long Way to the Top (If You Wanna Rock ‘n’ Roll) », seul morceau de l’histoire du groupe où l’on verra Bon Scott jouer de la cornemuse, devient leur hymne. L’album T.N.T atteint rapidement les 100 000 exemplaires vendus grâce à des morceaux tels « Live Wire », « T.N.T » ou encore « The Jack ».

EN 1976 AC/DC enregistre leur troisième album « Dirty Deeds Done Dirt Cheap » en trois petites semaines, puis, après avoir signé avec le label Atlantic Records, le groupe s’envole pour leur première tournée européenne. AC/DC se forge ainsi une solide expérience des concerts en jouant en première partie de groupe tel Rainbow, Black Sabbath, Aerosmith, Kiss, Styx et Blue Öyster Cult, et en co-tête d’affiche avec Cheap Trick. Leur énergie, leur rage et leur puissance musicale sur scène sont telles qu’AC/DC se crée de nombreux problèmes en volant la vedette aux formations dont ils assurent l’ouverture.

Peu à peu AC/DC pose ses marques et conquiert l’Europe et les États-Unis avec les albums « Let There Be Rock » en 1977 puis « Powerage » en 1978 et le live « If You Want Blood You’ve Got It », la même année, qui voit le départ de Mark Evans, qui ne s’entendait plus avec Angus, et voit l’arrivée de Cliff Williams. Les concerts et les tournées s’enchaînent en impose peu à peu AC/DC comme le nouveau groupe phare du hard rock éclipsant des formations telles que Kiss, Rush, Black Sabbath et Van Halen durant leurs prestations jusqu’ant 1979 où sort l’album, qui restera la référence absolu d’AC/DC : « Highway To Hell ».

Mort de Bon Scott

1980 est l’année qui aurait pu voir disparaître le groupe AC/DC suite au décès de leur frontman Bon Scott dans des circonstances peu claires et toujours aujourd’hui controversées. Parti boire avec des amis, qui étrangement ne se rappellent pas sa présence ce soir-là, il serait reparti en compagnie d’un ami Alistair Kinnear. Décidant de ramener Bon Scott chez lui, au lieu de son domicile, et ne pouvant le réveiller, il l’aurait laissé dans sa voiture pour ne le retrouver que le lendemain toujours inanimé. Emmené à l’hôpital, les médecins ne pourront que constater son décès suite à un étouffement du à ses propres vomissures. Bien triste fin pour Bon Scott, leader d’un groupe alors en pleine gloire.

Quelques semaines plus tard pour refaire surface les frères Young et les autres membres d’AC/DC se remettent à jouer quelques morceaux et décident de reprendre la musique, mais il leur faut un nouveau chanteur. Ce sera chose faite avec l’arrivée de l’anglais Brian Johnson qui fera sa première apparition sur l’album « Back In Black » en juillet 1980, qui reste à ce jour l’album le plus vendu d’AC/DC avec plus de 50 millions d’exemplaires écoulés. L’album débute par le son des cloches de « Hells Bells », en hommage à Bon Scott, qui deviendra le titre référence du groupe, et préfigure les futurs succès d’AC/DC avec les titres « Back in Black », « You Shook Me All Night Long » ou encore « Shoot to Thrill ».

Mais remplacer Bon Scott n’est pas chose facile pour Brian Johnson qui se heurte à la critique des fans de la première d’AC/DC qui ne le jugent pas à la hauteur de Bon Scott. Même si la sortie en 1981 de l’album « For Those About to Rock We Salute You » est un succès commercial, il faudra attendre la tournée « Cannon and Bell » en 1982, ou le groupe introduit pour la première fois les fameux canons de la guerre d’indépendance américaine,pour que Brian Johnson soit enfin accepté par l’ensemble des fans.

Du déclin au renouveau d’AC/DC

À partir de 1983 commence une période difficile pour le groupe miné par des conflits internes, un déclin du genre musical supplanté par le glam rock et le heavy metal made in US, et des productions d’albums de moindre qualité. Le départ de Phill Rudd, lié à des problèmes d’alcool et des conflits avec Malcom Young qui les amèneront à se battre, l’orientation musicale plus heavy qui déplaît aux fans font que les albums « Flick of the Switch », « ’74 Jailbreak » et « Fly on the Wall » seront des échecs pour le groupe AC/DC.

Il faudra attendre 1986 avec l’album semi compilation« Who Made Who »pour qu’AC/DC remonte la pente et surtout 1988 avec l’album « Blow Up Your Video » pour que le groupe retrouve des sommets qu’il n’aurait jamais dû quitter. Malgré de nouveaux remous suite aux départs de Malcom Young, rongé par une addiction à l’alcool, et Simon Right, parti jouer chez Dio, le groupe tient bon avec l’arrivée de Stevie Young, neveu de Malcom, et Chris Slade et repart pour une nouvelle tournée américaine à succès. Les retours consécutifs de Malcom en 1990 puis de Phill Rudd en 1994 et la nouvelle orientation d’AC/DC vers un style plus blues rock survolté qui avait fait leur succès contribuent finalement au retour en force du groupe auprès des fans. De « bailbreak » en 1994 à « Black Ice » en 2008 en passant par « Stiff Upper Lip » en 2000, les années 90 et 2000 sont le renouveau d’AC/DC qui enchaîne les tournées et les concerts dans des stades combles, et imposent définitivement le groupe comme un véritable mythe de la musique rock avec un grand R. Même le départ programmé de Malcom Young, qui finira malheureusement interné pour démence progressive, ne peut entamer l’hégémonie mondiale du groupe. Preuve une nouvelle fois avec ce nouvel album « Rock Or Bust » sorti en 2015 qui arrache tout sur son passage et permet aux membres d’AC/DC une nouvelle tournée mondiale avec toujours autant d’énergie malgré le poids des années. Indestructibles on vous dit.

On vous laisse en compagnie de « Rock Or Bust » du groupe AC/DC :