Quentin Mosimann en interview : « la France attend encore que je fasse mes preuves musicalement ! »

À l’occasion de son passage à l’Electrobeach Festival où nous étions également conviés, aficia a rencontré Quentin Mosimann afin de parler de sa musique et de ses projets. découvrez son interview sur aficia.

Nous avons découvert Quentin Mosimann grâce à la Star Academy dont il a remporté la septième édition. Aujourd’hui c’est en tant que DJ-producteur qu’il s’est fait une notoriété. Invité à l’Electrobeach Festival pour jouer à la Beach Stage, nous sommes allés à sa rencontre afin de parler de son parcours, de ses classements mondiaux, de son succès en France et à l’étranger. Une interview très riche et intéressante à suivre sur aficia.

L’interview de Quentin Mosimann

Quentin Mosimann, tu es DJ, producteur, performeur… et peut-on encore dire chanteur ?

On peut oui ! Évidemment, mon activité principale, si je devais poser un terme sur mon métier, est celle de DJ-producteur. Mais le chant fait partie aussi de moi, je chante régulièrement dans mes sets, sur des instrus, pour créer. C’est quelque chose que je n’abandonnerai pas même si je ne le mets pas en avant. « Artiste » est un terme large pour lequel je n’aime pas trop créer de « cases ».

Dans le monde de la nuit dans lequel tu vis, te parle-t-on encore aujourd’hui de la Star Academy ?

Franchement, plus du tout ! Sur le marché club, je pense que beaucoup ne le savent même pas. Ils me connaissent via les clubs et festivals ou alors ils me découvrent via le classement mondial des DJ dont je fais partie depuis 4 ans. J’ai de la chance, je me suis battu pour faire mes preuves et acquérir une crédibilité car je suis DJ depuis mes 14 ans, et aujourd’hui c’est une étiquette complètement absente du paysage.

En mars dernier, tu as été élu meilleur DJ Performer français de l’année 2015 par DJ Mag devant David Guetta & DJ Snake. Est-ce une consécration pour toi ?

En effet, c’est incroyable… C’est hallucinant de se retrouver dans un classement devant des « patrons » comme David Guetta et DJ Snake qui restent de vrais modèles de réussite. C’est une consécration mais ça me pousse à bosser encore plus pour ne pas décevoir tous ceux qui me soutiennent. Ce genre de récompenses me booste.

Revenons sur ce classement où tu es élu #93 au Top 100 DJ Mag (classé parmi les 5 meilleurs DJ Français depuis 4 années consécutives). À quoi est-ce dû ? 

Il n’y a pas de secrets, je pense que le travail paie toujours. Ça fait un peu bateau de dire ça, mais j’ai énormément tourné à travers l’Europe, l’Asie et d’autres territoires avec plus de 130 dates par an, j’ai sorti beaucoup de titres très club, j’ai travaillé comme résident hebdomadaire pour 4 heures d’émission chez Fun Radio pendant 2 saisons… Je ne sais pas si je le « mérite » plus qu’un autre mais j’ai la chance d’avoir une communauté fidèle qui me suit, qui répond présent depuis 4 ans pour les votes de ce classement. Il y a des DJ bien plus « gros » que moi dedans, j’ai encore bien des preuves à faire mais je suis infiniment reconnaissant de toutes les personnes qui m’ont permis d’y figurer 4 années consécutives… J’espère avoir contenté de nouveaux clubbers cette année pour y être de nouveau, les votes sont ouverts tout l’été.

Quentin Mosimann - Interview

Ce succès là, a-t-il un impact sur le fait que tu commences à travailler avec des grands noms dans l’industrie de la musique électronique ?

Ça dépend des pays, c’est le seul classement de référence chez les DJ mais il n’a pas la même résonance partout. En France, ce n’est pas encore très important par exemple, mais aux Pays-Bas, berceau de la musique électronique, ou en Asie, c’est très regardé. Je ne pense pas que ce soit ce classement, parfois un peu décrié, qui me permet des collaborations, c’est plus une récompense du public pour le travail accompli dans l’année qu’un argument de vente… Les collaborations sont possibles grâce aux créations en studio, seule la musique parle.

Malgré une reconnaissance au sommet,  tu arrives néanmoins à rester discret médiatiquement. C’est voulu ?

« Au sommet » c’est peut-être un peu trop ! (Rires) J’ai encore beaucoup de rêves et d’objectifs à atteindre. Si je pouvais signer un contrat pour faire ce métier encore les 20 prochaines années, je signerais tout de suite ! Concernant les médias, j’avais besoin de m’en éloigner car il y avait un engrenage d’étiquettes trop négatif, qui ne me ressemblait pas. J’avais besoin de me recentrer sur la musique que je voulais faire, le métier que je voulais exercer, qui n’était pas celui d’un chanteur de variété. Par ailleurs, je ne vois pas d’intérêt d’être dans les médias quand on a rien à partager, et jusqu’à maintenant, j’avais la volonté de seulement sortir des titres très spécialisés electro. Aujourd’hui, je travaille en parallèle sur un album mainstream, accessible aux radios et grand public. Je prends le temps, j’ai grandi, j’ai plus de recul et je sais ce que je souhaite faire artistiquement. Dès qu’il sera prêt, j’irai en faire la promotion en médias et ce sera cohérent.

Alors justement, peux-tu nous parler de cet album mainstream que tu prépares ? Des collaborations peut-être ?

C’est délicat d’en dire plus aujourd’hui, beaucoup de titres sont commencés mais pas encore terminés, et les créations se font aussi au fil des rencontres… Et j’adore préparer des surprises ! Je peux déjà vous dire que mon titre avec la chanteuse danoise Uhre y figurera, et que le prochain single se fera avec un chanteur/auteur-compo irlandais extraordinaire qui s’appelle Joe Cleere.

Et côté singles, remixes et productions, où en es-tu ?

Plein de choses ! Je ne prends pas de vacances, je déteste ça, j’ai l’impression de perdre du temps. Alors dès que je ne suis pas sur les routes en tournée, je vais en studio. Outre cet album mainstream qui se prépare avec un premier single en featuring avec la chanteuse Danoise Uhre qui s’appelle « The Gifted One », je continue de sortir des productions electro comme le dernier track « Goof » sur le label Big & Dirty et des remixes divers : un pour DBN et un pour le chanteur américain Tim Olstad à la fin de ce mois, un autre pour Pelari sur le label Armada qui arrive bientôt, etc…

Sur « The Gifted One » tu mises également beaucoup sur l’esthétisme de la vidéo lyric. C’était important pour toi ? 

C’est vrai que j’aime être impliqué dans la réalisation de mes vidéos, de tous mes visuels de manière générale. Ça fait partie de ma volonté d’artiste, je sais déléguer aux équipes dont c’est le métier, mais c’est essentiel pour moi d’apporter ma touche, mes idées, mon univers. Je souhaite des visuels qui me ressemblent et collent à ma musique car je veux les assumer à 100% et sur le long terme.

Pour autant, nous ne t’entendons que très peu en radio. Est-ce que d’après toi, les programmateurs radios ont encore du mal avec le DJ Quentin Mosimann ?

Je pense que le « problème » ne pourrait se poser que pour la France car ils attendent encore que je fasse mes preuves musicalement, et peu sont les programmateurs qui osent se risquer sur des projets nouveaux 100% Français. Nul n’est prophète en son pays, mais ce n’est pas bien grave car j’ai une ambition large et la chance d’exporter ma musique au-delà des frontières. De plus, je n’avais rien proposé jusque-là pour les radios, c’est donc normal de ne pas y avoir été présent outre ma résidence sur Fun Radio. Mais j’espère bien qu’ils soutiendront mes prochains singles qui, pour le coup, seront toujours électroniques mais assez pop pour être diffusés.

Tu voyages beaucoup, entre le tournage de The Voice en Belgique, ta nationalité suisse et ta reconnaissance en France. Où vis-tu actuellement et vers quel pays ton cœur balance le plus ?

Aujourd’hui je vis en Suisse, là où je suis né et où j’ai la moitié de ma famille. Je m’y sens bien, j’avais vraiment besoin d’un endroit pour me ressourcer les rares fois où je rentre de tournées et de séances studio en France. Mais j’ai aussi la nationalité Française où j’ai mes bureaux et ma maman, je suis vraiment intimement lié avec les deux pays où je partage mon temps. Et la Belgique, je l’ai adoptée, ce pays fait désormais partie de moi aussi, j’adore les Belges profondément. On peut presque dire que j’ai une triple nationalité !

À quoi ressemble une performance live Quentin Mosimann aujourd’hui ?

Comme dirait Guy Roux, « la réponse est sur le terrain ». J’essaie de partager un maximum, c’est mon credo, je veux que chacun reparte en ayant voyagé et passé une excellente soirée. J’aime qu’il se passe quelque chose sur scène, en accord avec une programmation pointue qui s’adresse à des connaisseurs, c’est pourquoi j’ajoute de la batterie, du chant, du scratch, ou encore du synthétiseur à modélisation analogique sur mes sets. J’ai aussi imaginé avec l’aide de mon équipe belge des platines qui s’élèvent à 8 mètres de haut et s’inclinent à 80° sur le public, sur lesquelles je joue dans certains festivals. Je veux offrir de l’énergie et un vrai spectacle au public, c’est comme ça que j’aime partager ma passion, en créant une vraie interaction.

Tu es très demandé à l’étranger aussi, pourquoi selon toi ?

En Asie, être Français et dans le Top100 DJ’s aident beaucoup. En Europe, je pense que le fait d’essayer de proposer un set différent de ce qu’on a l’habitude de voir doit éveiller un certain intérêt… C’est difficile pour moi de répondre à cette question, il faudrait demander à mon agent, elle saurait mieux te répondre que moi ! (Rires)  Mais j’ai encore beaucoup de territoires à « conquérir », j’ai hâte.

Quentin Mosimann - Interview

Qu’est ce qu’il te reste à atteindre, à avoir, pour être comblé ?

Plein de choses ! Il y a beaucoup de pays dans lesquels je n’ai pas joué, beaucoup de publics que je n’ai pas encore rencontrés, beaucoup de collaborations à concrétiser, de titres à créer… J’ai plein de projets en tête et je vais bosser dur pour atteindre mes objectifs. Mon équipe et moi travaillons à construire une carrière sur le long terme, et c’est bien connu, le plus difficile c’est de durer. Mon travail est la priorité, mais à l’occasion, trouver une femme ce serait pas mal aussi.

Y-a-t-il une question que l’on ne ta jamais posée en interview et à laquelle tu souhaiterais répondre ?

Celle-ci. Et je répondrais que ça fait du bien d’avoir une question un peu différente pour une fois ! (Rires)

La Playlist de Quentin Mosimann

À chaque interview, aficia a pour coutume de demander aux artistes ce qu’ils écoutent en boucle dans leur Playlist quotidienne. Aujourd’hui, c’est au tour de Quentin Mosimann de nous livrer ses coups de cœur musicaux du moment.

C’est donc avec curiosité que nous avons demandé à Quentin Mosimann de partager avec nous les titres des artistes qui lui font vibrer les oreilles cet été. Parmi ce qu’il écoute souvent, son nouveau morceau « Good », tout, juste sorti, mais aussi les sons de ses amis comme Damien N-DRix et Tony Romera, ou la bombe « Note Alone » de Sander Van Doorn. Un style electro / house très affirmé que nous vous proposons d’écouter à votre tour…

Quentin Mosimann : sa Playlist…

Voilà, vous en savez désormais un peu plus sur l’artiste. aficia, fidèle à ses mauvaises manières, a toutefois souhaité en savoir plus sur Quentin Mosimann avec son portrait décalé. Des questions farfelues, à côté de la plaque, légèrement stupides, mais qui nous laissent voir l’artiste sous un autre jour.

Le portrait décalé de Quentin Mosimann

Si tu étais une couleur ? Le noir.

Si tu étais un animal ? Un chien.

Si demain tu devais enregistrer un duo avec une personne vivante ou non, ce serait avec qui ? Serge Gainsbourg, ou Jamie Cullum.

aficia est très généreux et t’offre la salle de concert de tes rêves, laquelle ? Le Stade de France.

Toujours dans sa grande générosité, aficia t’emmène en voyage, mais on t’abandonne très lâchement sur une île déserte, tu n’as le droit d’emmener qu’un seul album et qu’un seul objet, lesquels ? Dur ! Je prends l’album de Melody Gardot ou d’Alex Baupain et mon portable pour appeler les secours (Rires).

L’endroit à visiter avant de mourir ? Mon lit ?

Le livre à lire absolument ? « Vous n’aurez pas ma haine » d’Antoine Leiris.

Le film à voir sans plus attendre ? « David Guetta : Nothing but the beat ».

Tu rencontres des Martiens, comment te décris-tu en 3 mots ? Artiste, paix, partage.

Si tu étais une insulte ? Petit con.

Si tu étais un mot ou une phrase d’amour ? « Ch’ha di gärn » (je t’aime en suisse allemand).

C’est la fin de notre interview, mais la tradition chez aficia est de toujours laisser le mot de la fin à l’artiste. Tu as donc carte blanche pour t’adresser à nos lecteurs, ton public, tes fans…

Merci infiniment à tous ceux qui me soutiennent, j’espère vous (re)trouver vite sur les routes dans les clubs et festivals, pour continuer de faire la fête ensemble, et en attendant « House Bless You »… Love, Q.

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