Slimane en interview : « J’accepte volontiers la comparaison avec Amel Bent »

Slimane est en interview sur aficia pour évoquer son succès, son premier album et ses espoirs.

À peine quelques semaines après sa consécration dans le télé-crochet « The Voice » 5, Slimane donne les dernières retouches à son premier album intitulé A bout de rêves, et dont la sortie est programmée le 8 juillet. Le talent coaché par Florent Pagny en a déjà présenté un premier extrait, le single « Paname », à travers lequel il se raconte avec sincérité et cherche à partager avec le plus grand nombre sa passion pour la musique. Rencontre avec cet artiste qui ne souhaite faire aucun compromis pour réaliser tout ce qu’il entreprend.

Comment s’organise ton agenda depuis ta victoire ?

C’est un mois où j’ai déjà beaucoup travaillé sur mon album. C’est aussi la réalisation d’un rêve, celui de pouvoir enregistrer mes propres chansons. Je me suis uniquement concentré là-dessus, mais c’est un vrai bonheur.

Et comment appréhendes-tu la notoriété ?

Je me dis que c’est en quelque sorte les conditions qui vont avec ce que je suis en train de vivre. Donc je le prends bien. Et si tout doit s’arrêter à un moment donné, j’aurais au moins eu la chance de pouvoir partager mes chansons avec le public.

À peine deux mois pour dégainer ton premier album. N’est-ce pas un peu précipité ?

Il y a des chansons qui existaient déjà depuis plusieurs années. Il y en que j’ai écrites avant de gagner et d’autres que j’ai écrites après. Mais je voulais vraiment que cet album ressemble à celui que j’aurais pu faire avant l’émission. Dans le sens où j’ai voulu raconter des histoires, notamment des souvenirs d’enfance ou l’amour que j’ai pour ma mère. Ce sont des choses qui ne changent pas malgré la finalité de « The Voice ».

« J’aime beaucoup ce que fait Amir »

Tu as récemment interprété ton titre « Paname » lors du « Grand Show » de TF1, au pied de la Tour Eiffel. Peut-on parler d’une revanche sur la vie ?

Je ne sais pas si on peut parler de revanche, mais, en tout cas, c’est surtout une belle histoire. J’ai écrit cette chanson il y a quelque temps, alors que je rêvais de venir chanter à Paris, de dire à ma mère que je l’aime en chantant. Et là, d’un seul coup, je me retrouvais à le faire à la Tour Eiffel devant 80.000 spectateurs et des millions de téléspectateurs. C’est juste énorme !

Tu as chanté ce soir-là avec Amir, lui aussi révélé par le télé-crochet de TF1. Le soir de ta victoire, il chantait en Suède pour le Concours Eurovision. Crois-tu un jour que tu pourrais à ton tour représenter le pavillon tricolore ?

Je ne sais pas. Je trouve ça beau de représenter la France. Je trouve qu’Amir l’a très bien fait. Mais, pour te dire, je suis tellement dans la phase de création de mon disque que j’ai du mal à me projeter dans autre chose. J’aime beaucoup ce que fait Amir et je le trouve représentatif aussi d’une génération de nouveaux chanteurs français.

Dans chacun des titres de ton disque, il y a toujours beaucoup de mélancolie, mais aussi une lueur d’espoir. Est-ce qu’on peut déjà parler d’une marque de fabrique ?

J’aimerais bien en tout cas que ça le devienne. Je pense que dans la vie rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. J’essaie toujours de trouver une lumière, même dans ce qui pourrait paraître un peu sombre. Mais il ne faut pas se méprendre. J’estime que j’ai eu les plus beaux cadeaux du monde et une vie extraordinaire. J’ai été bercé dans l’amour. Après, comme pour beaucoup, il y a des aléas… Mais je crois que j’ai été plus que chanceux. Ce qui compte pour moi, c’est la famille et l’amour. Et à ce niveau-là, je suis comblé. (Sourire)

« Je ne pense pas être inspiré par Stromae »

En écoutant plusieurs chansons, j’ai retrouvé la même démarche qu’Amel Bent à ses débuts. Tu acceptes la comparaison ?

Totalement. J’accepte la comparaison avec Amel Bent. (Sourire) Je trouve que c’est l’une des plus belles artistes de ces dernières années.

On te compare aussi à Stromae, sur le plan musical, dans l’interprétation, et pour le clip chorégraphié de « Paname »…

Je ne pense pas être inspiré par lui, mais plutôt par les mêmes choses que lui. Nous sommes tous les deux représentatifs d’une génération cosmopolite, qui écoute et mélange beaucoup de choses différentes. Aussi bien de la grande chanson française que de la musique africaine ou de l’électro. Après, si la comparaison est faite avec Stromae, je ne m’en offusque pas pour autant. (Sourire)

Regardez le clip « Paname » de Slimane :

Tout comme lui, l’aspect visuel, qu’il s’agisse d’une image ou d’une chorégraphie, est-il indissociable de ta musique ?

Chaque chanson a son interprétation. « Paname » se prêtait bien à ce jeu-là. Mais je pourrais très bien montrer d’autres choses qui sont aussi importantes pour moi. Il y a d’autres chansons de mon album, où forcément je ne vais pas danser. (Rire) Et pour celle-là, je trouverais d’autres manières de les interpréter.

« J’aimerais que les gens me comprennent »

Que signifie le titre de ton disque, A bout de rêves ?

Quand on commence quelque chose de nouveau, c’est qu’on tourne une page également. Cet album, il est représentatif de mon parcours. Et comme on peut vivre à bout de souffle, moi j’ai vécu à bout de rêves. J’ai tout donné pour réaliser mes rêves. Tous mes choix et toutes mes prises de risques étaient guidés par ces rêves-là. Ce que j’aimerais, c’est que les gens me comprennent et qu’ils soient touchés par les histoires que je raconte. J’essaie d’être dans la sincérité et dans l’émotion.

Tu as décidé de quitter le casting de la comédie musicale « Marie-Antoinette et le Chevalier de Maison Rouge ». Pourquoi ?

C’est un projet sur lequel j’ai travaillé pendant deux ou trois ans. Je suis avant tout auteur et compositeur. J’avais envie de donner une chance à mes chansons et de me jeter à fond dans ce projet-là. À un moment donné, il a fallu faire un choix. J’ai gardé de très bons contacts avec Didier Barbelivien. Il m’a compris et me soutient.

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