L’artiste et comédienne Déborah Leclercq s’affiche depuis peu sur le dernier album de Synapson. Un duo efficace et inattendu qui nous a donné envie d’en savoir plus sur la jeune femme. Interview Flash.
À moins de 30 ans, il est rare de mener une vie aussi palpitante et pleine d’opportunités. À moins de savoir les créer soi-même. C’est le cas de Déborah Leclercq, qui mène une existence à cent à l’heure, rythmée par les concerts, les représentations théâtrales et les belles rencontres. De sa collaboration avec son ex-producteur André Manoukian à la création de son propre label qui héberge désormais ses chansons pop, aussi engagées que personnelles en passant par sa tournée au Brésil et son duo avec Synapson, Déborah a bien des choses à raconter et des anecdotes à nous livrer.
Déborah Leclercq, l’interview flash :
1/ Tu es à la fois chanteuse et comédienne… Peux-tu nous parler de ces deux métiers qui font partie intégrante de ta vie ?
Ce sont deux métiers, actrice et chanteuse, qui se complètent parfaitement. Psychologiquement, cela me sauve, ce sont des professions difficiles et instables. Quand l’une s’arrête, l’autre prend le relais. Cela m’a toujours nourrie. Je suis passionnée de théâtre depuis l’enfance, avant même la musique. Le côté spectacle vivant et l’interprétation des textes me portent, et cela résonne avec la musique, notamment lors des concerts. Je suis sur scène tous les soirs au théâtre et cette aisance m’a permis de me sentir à l’aise pendant mes tours de chant, même si l’exercice est différent. Au théâtre, je suis “cachée” derrière un personnage, alors qu’avec mes chansons, la mise à nu est totale. C’est moi à 100 %. Il est plus difficile d’être sur scène en tant que chanteuse.
2/ La création de ton label : quelles leçons en tires-tu ?
La musique m’est tombée dessus grâce à André Manoukian. J’ai progressé durant quatre ans à ses côtés en découvrant les rouages de l’industrie, sans avoir de problématiques financières puisqu’il était mon producteur. Quand notre collaboration s’est arrêtée, il a fallu que je rebondisse : je voulais être la plus indépendante possible. J’ai donc monté mon propre label. Je ne le regrette absolument pas, car le plus important pour moi aujourd’hui est de produire la musique dont je suis fière, sans que personne n’ait à donner son avis. J’ai beaucoup appris sur l’industrie et son aspect très concurrentiel ! C’est un univers dense et parfois vertigineux. Je n’en suis qu’au début, j’ai encore tout à apprendre sur les subventions ou la production de tournées. La grande leçon que j’en tire, c’est la liberté de créer ce que je veux.
3/ Tu as collaboré récemment avec le duo Synapson sur le titre “Utopia” (album Blue Jeans). Comment est née cette connexion inattendue ?
C’est un pur hasard. Avant cet été, j’ai reçu un message sur Instagram de la part de quelqu’un qui aimait ma musique et souhaitait discuter d’un projet. À ce moment-là, je venais de sortir mon EP et je n’avais pas prêté plus d’attention que cela au message. Je continuais ma vie quand cette personne m’a relancée. J’ai fini par répondre, un peu de loin, sans savoir qui il était.
Un jour, alors que j’étais en vacances, je clique sur son profil et je réalise qu’il fait partie de Synapson ! C’est un duo qui a bercé mon parcours, ils ont énormément de hits. Nous avons réussi à nous appeler et il m’a expliqué qu’ils préparaient une version Deluxe de leur album Blue Jeans, avec des collaborations d’artistes français comme Clou ou Tim Dup. Ils voulaient que j’en fasse partie. Il m’a envoyé la prod et j’ai tout de suite accroché. Cela m’a inspiré une forme de nostalgie. Je devais proposer une topline et des paroles. J’ai choisi d’évoquer le fait de grandir dans notre société : laisser partir l’enfance pour faire naître la vie d’adulte. Nous avons créé cette chanson ensemble et j’en suis très fière. C’est un titre important pour moi, une collaboration précieuse.
4/ Direction le Brésil en été 2025 ! Peux-tu nous raconter comment est née cette tournée et nous livrer une petite anecdote de voyage ?
C’était en juin 2025. Je répétais une pièce de théâtre quand j’ai reçu un message de Groover Brésil (mon distributeur) : “Bravo, tu as gagné le tremplin pour partir faire des concerts au Brésil !”. J’avais participé à ce concours quelques mois plus tôt sans grand espoir, et je l’avais complètement oublié. J’ai appelé le responsable là-bas, ravi, qui m’annonce que la tournée commence… dans un mois ! J’étais sous le choc. Heureusement, nous étions deux comédiennes en alternance sur mon rôle au théâtre, j’ai donc pu me faire remplacer. C’était une expérience incroyable ! La musique brésilienne m’inspire beaucoup, on en retrouve d’ailleurs des nuances dans mon titre “Carton Rouge”. J’ai fait quatre dates, notamment à Rio et São Paulo. Cerise sur le gâteau : j’ai pu partir avec mon musicien Robin, qui est spécialisé dans les musiques d’Amérique latine et parle couramment portugais. Les étoiles étaient alignées.
L’organisation n’était pas toujours au rendez-vous, j’ai donc fait le plein d’anecdotes. Les Brésiliens sont très détendus ! Après deux dates, nous devions rejoindre Rio en bus, et la veille à 23h, nous ne savions toujours pas où nous allions dormir ni quel bus prendre. Même à l’atterrissage à São Paulo, nous ignorions qui viendrait nous chercher. Ce fut une grande leçon de lâcher-prise. Tout se gérait à la dernière minute !
5/ Depuis toujours, la féminité et l’engagement semblent être tes boussoles principales. Est-ce une volonté consciente dans ton écriture ?
Oui, c’est vrai. Sans même m’en rendre compte, plusieurs de mes chansons sont engagées. “L’Acharneur” traite du harcèlement, tandis que “Lara Croft” parle du fait d’être l’héroïne de sa propre vie. Ce sont des sujets qui m’habitent et qui, en 2026, résonnent encore plus fort. Aujourd’hui, je veux être forte, libre et ne dépendre de personne. J’espère de tout cœur que mes prochaines compositions suivront cette direction. Pour moi, c’est l’une des meilleures façons d’être heureuse et épanouie, tant comme artiste que comme femme.

