Ondes ©Laureenburton
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Ondes en interview flash : “Sortir un projet, c’est comme donner la vie à un enfant”

Il vient tout droit de Bordeaux et vient de publier son nouvel EP Sous la surface. Faisons les présentations avec Ondes, autour de 5 questions. C’est l’interview flash !

ONDES c’est un auteur-compositeur-interprète et pianiste Bordelais qui fait de la pop alternative: à la croisée entre rap chanté, la chanson française et la pop-électro. Après un premier EP L’amer qui lui aura permis de se démarquer sur divers tremplins remportés, l’artiste vient de publier un EP baptisé Sous la surface, de cinq morceaux, toujours plus percutants, incisifs et modernes. Un mélange des genres qui fait mouche, à en croire les premiers extraits dévoilés comme “Danserai pas” ou “Décor”. Place à l’interview !

L’interview flash d’Ondes : 

1 Comment présentes-tu “Sous la surface”, ton nouvel EP :

Sous la surface est un EP de 5 titres, à la croisée de l’électro-pop et du rap chanté. J’ai voulu créer un projet qui aborde des tabous, des thématiques qu’on n’ose pas toujours évoquer, ou en tout cas que je n’entends pas suffisamment aujourd’hui. Pour moi, cet EP se situe entre le monde extérieur et notre monde intérieur. Il interroge la frontière entre ce que l’on est, ce que l’on montre et ce que l’on ressent profondément.

Chaque chanson explore une lutte intime, souvent déclenchée par le regard des autres : la pression sociale et les codes de virilité dans “Décor”, le manque d’amour d’une figure parentale dans “I See Your Face”, le désir pour une autre personne malgré une relation dans “Danserai pas”, ou encore la dépendance aux réseaux sociaux dans “Merde immense”. Derrière des productions tantôt dansantes, tantôt plus sombres, j’ai voulu mettre en lumière la quête identitaire que j’ai traversée entre mes 20 et mes 25 ans, dans un monde saturé d’images, d’attentes et de connexions superficielles. C’est un EP à la fois frontal et sensible, qui invite à regarder “sous la surface” pour toucher à l’essentiel.

2 Est-ce qu’avec du recul, il y a des ajustements que tu ferais, ou des choses auxquelles tu penses pour la suite ?

J’ai pris beaucoup de temps pour créer cet EP : faire les bons choix, m’entourer des bonnes personnes, laisser mûrir les chansons pour voir si elles tenaient dans le temps. Donc non, honnêtement, je suis fier à 100 % de ce projet. Pour la suite, j’aimerais me sentir encore plus libre de créer. Quand je parle de liberté, je pense à la pression systémique qui nous pousse à produire toujours plus, à communiquer sans arrêt, à faire et refaire pour les statistiques, les algorithmes, les réseaux… alors que rien de tout ça n’est vraiment sain. Le plus important, c’est de faire un morceau qui nous plaît. Si ça prend une semaine, un mois ou un an, alors c’est comme ça. Il ne faut surtout pas se brider par rapport aux autres.

3 Est-ce un soulagement de sortir son projet après des années de travail, ou plutôt du stress, de l’excitation ? Et pourquoi ?

C’est un mélange de beaucoup de choses. Évidemment, il y a une grande excitation. C’est même complètement fou de passer autant de temps sur un projet, et du jour au lendemain, le voir disponible partout, pour tout le monde. C’est énormément de fierté, de travail, de collaboration, de patience, de détails… et aussi de stress.

Je vois vraiment ça comme donner la vie à un enfant. Même s’il y a des années de travail derrière, si tu n’aides pas ton projet à grandir, si tu ne lui apprends pas à marcher, il ne se passera rien. Il est 100 % dépendant de toi et de la manière dont tu vas t’en occuper. C’est déroutant, parce qu’on pourrait penser qu’une fois le projet sorti, ça y est, il va vivre tout seul. Mais en réalité, ce n’est que le début. Il faut l’accompagner longtemps, jusqu’au moment où il pourra, peut-être, avancer seul.

4 Tu fais partie de ces nombreux artistes encore indépendants. Peux-tu nous parler des difficultés, mais aussi des belles choses que cela t’apporte ?

La plus grande difficulté que je rencontre, c’est la solitude. Prendre des décisions aussi importantes seul, c’est compliqué pour moi, car je me nourris beaucoup des avis extérieurs. Ça ne veut pas dire que je fais tout ce qu’on me dit — au contraire — mais la réflexion collective m’aide à structurer ma pensée et à envisager toutes les possibilités avant de faire mes choix.

Or, en tant qu’artiste indépendant, il y a énormément de paramètres à gérer : chercher des concerts, créer, sortir et promouvoir sa musique, être présent en photo, en vidéo, sur les réseaux, travailler le stylisme, la direction artistique, l’organisation, les rétroplannings… Ce métier en contient en réalité une dizaine d’autres, et forcément, certaines choses passent à la trappe. On ne peut pas être partout à la fois. Heureusement, j’ai la chance de pouvoir compter sur l’association “Événements À part”, qui m’accompagne, me soutient, et joue un rôle essentiel dans tous ces choix.

5 Dans un idéal, quelle est la suite pour toi ?

Dans l’idéal, j’aimerais faire beaucoup plus de concerts. C’est vraiment la raison pour laquelle je fais ce métier. Cette année, ça a parfois été mis de côté à cause de la pression d’occuper l’espace sur les réseaux. Bien sûr, j’aimerais aussi que ma musique soit davantage écoutée, pouvoir élargir mon public en France. Idéalement, être soutenu par des tremplins ou des structures nationales. Aujourd’hui, je vis grâce à la musique et aux cours de piano que je donne, en école et en particulier. Mais s’il y a une chose dont je rêve profondément, c’est de pouvoir vivre uniquement de MA musique. Je veux procurer un maximum d’émotions aux personnes qui m’écoutent.

Découvrez l’ EP Sous la surface d’Ondes :