Avec un projet hybride mêlant rap, pop et chanson, Menni Jab dévoile un univers sincère, nourri d’émotions et de questionnements sur notre époque. aficia lui a posé 5 questions !
Derrière le nom Menni Jab se cache Benjamin, un artiste qui revendique une musique sans frontières. C’est aussi, et surtout l’anagramme de Benjamin, choisi “un peu par hasard”. Entre influences rap, pop et sonorités rétro, il construit un projet profondément personnel, où l’écriture occupe une place centrale. Ancien ingénieur dans les énergies renouvelables, Menni Jab a tout quitté pour se consacrer à la musique.
Inspiré par le parcours de sa sœur Silly Boy Blue, que l’on connaît bien, il s’est lancé dans l’aventure musicale avec une volonté simple : créer avec sincérité. Rencontre avec un artiste qui transforme ses émotions et ses convictions en musique. Pour aficia, il revient en 5 questions, sur la genèse de son nom de scène, son lien avec sa sœur Silly Boy Blue, son clip engagé “Pas la fin du monde” et sa collaboration avec Yadé.
Menni Jab, l’interview flash :
1 Comment définirais-tu ta musique ?
C’est une musique à la croisée de plein d’influences que j’écoute ou que j’ai écoutées plus jeune. Il y a un mélange de rap, de pop et de chanson. Le rap est vraiment au cœur de mon écriture : le travail sur les rimes, les allitérations… Mais certains morceaux sont plus pop, parfois avec un côté rétro années 80, et d’autres sont plus proches du rap avec un flow plus rapide. Je fais de la musique comme je la ressens, sans cadre ni case identifiée. Selon mes humeurs, je me rapproche plus d’un style ou d’un autre. Au final, ça donne quelque chose de très hybride.
On me dit souvent que mon phrasé peut ressembler à celui d’Orelsan. Je le prends avec plaisir. Paradoxalement, c’est un artiste que j’écoute assez peu aujourd’hui. J’ai surtout écouté ses morceaux quand j’étais plus jeune, ceux qui passaient beaucoup en radio. Mais il y a forcément des similarités : on est deux mecs blancs qui ne viennent pas forcément de quartiers populaires, et on parle de thèmes sur le monde, sur la société. Des questions comme : est-ce qu’il faut vraiment écouter des gens qui te disent de travailler toujours plus ? Ou quelle planète on va laisser derrière nous ? Avec ce type de sujets et une certaine manière d’écrire, ce serait presque étonnant que ça ne fasse pas penser à lui. Et puis c’est un artiste qui touche toutes les générations, donc la comparaison me va très bien.
2 Justement, comment construit-on un projet cohérent avec des influences aussi variées ?
Je me suis vraiment posé la question. Je me demandais comment j’allais réussir à faire le lien entre les morceaux. Honnêtement, je me suis arraché les cheveux ! À la fin, je me suis rendu compte que la cohérence ne venait pas du style musical mais des émotions : parfois des moments plus tristes et introspectifs, parfois l’envie de crier très fort parce que rien ne va, d’autres fois de l’humour ou de l’empathie. Le fil conducteur du projet, c’est cette sincérité dans les messages et les émotions. C’est ce qui fait l’unité de l’ensemble.
3 Tu es aussi le frère de Silly Boy Blue, révélée au grand public et nommée aux Victoires de la musique 2022. Quel regard portes-tu sur son parcours ?
Je suis admiratif. Admiratif de sa carrière, de son projet et de la force qu’elle a eue pour le développer. Elle a commencé très jeune et ça a été un vrai combat pour trouver sa place. Ce n’est pas parce que je suis son frère que j’aime son projet : je l’aime vraiment énormément. Et c’est grâce à elle que j’ai eu le courage de me lancer. À l’époque, j’étais ingénieur avec une carrière toute tracée, et j’ai finalement tout quitté. Son parcours m’a énormément inspiré.
Elle m’a donné beaucoup de conseils et elle continue à le faire. Elle me disait que le principal, c’est de faire les choses sincèrement, avec le cœur. Aller là où on sent qu’on a sa place, et surtout ne pas faire de la musique pour les gens de l’industrie. Elle me dit aussi de ne pas accorder trop d’importance à ce que pensent les autres. En résumé : rester sincère et authentique, même si ce n’est pas toujours facile. Ce sont des choses qu’elle a apprises avec son expérience.
4 Tu viens de sortir le clip “Pas la fin du monde”. Ton passé d’ingénieur dans les énergies renouvelables a-t-il influencé ce morceau ?
Oui, c’était important pour moi. Mais ce n’est pas seulement parce que j’étais ingénieur. Je suis sensible aux questions environnementales depuis l’adolescence. Je parle toujours des sujets qui me bouleversent le plus. Dans ce clip, je voulais montrer des actions concrètes : tout le monde sait que le monde va mal, mais il y a aussi des associations et des gens qui agissent tous les jours. L’idée était de montrer qu’on peut faire mieux que rester sur son canapé et qu’on peut, à notre échelle, changer des choses. Le morceau, le clip et le projet portent ce message : donner envie d’agir, ensemble, pour l’avenir dans lequel on veut vivre.
5 Sur ce projet, on retrouve aussi un joli featuring avec Yadé. Tu peux nous en parler ?
Oui. Yadé est une amie bordelaise que j’ai rencontrée grâce à la musique. On se suit depuis un moment. Sur le morceau “Grand magasin”, composé avec JB Bachelot, on trouvait qu’il manquait quelque chose au refrain pour lui donner plus d’ampleur et de profondeur. Je voulais une voix féminine, presque comme un sample. J’en avais trouvé un sur Internet, puis Yadé est venue en studio enregistrer sa voix par-dessus. On l’entend jusqu’aux dernières secondes du morceau. Et quand on joue “Pas la fin du monde” à deux sur scène, ça fonctionne vraiment très bien : le public accroche immédiatement.

