Marta - (c) ninahasni_marta
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marta en interview sans filtre : “Dans la musique électronique, on peut tester, se tromper, recommencer”

Violon et batterie. Techno brute. Énergie live. marta bouscule les codes et impose une signature rare sur la scène électronique française. Nous avons rencontré marta au Bise Festival. 

Rencontré à l’occasion du Bise Festival, le duo formé par Joachim et Simon trace sa route entre minimalisme radical, héritage jazz et ambition club. Rencontre avec un projet qui ne fait que commencer.

Ils se sont rencontrés au conservatoire de jazz. Huit ans plus tard, ils jouent dans des SMAC, des festivals, des médiathèques… et bientôt une nouvelle tournée. marta, c’est un duo techno pas comme les autres : un violon, une batterie et un ordinateur. Rien de plus. Rien de trop. Le projet naît en 2022. Une envie commune : faire de la musique électronique, mais avec leurs instruments. Résultat ? Une techno organique, brute, physique. Un live qui se comprend autant qu’il s’écoute.

Après Woody, on a discuté direction artistique, industrie musicale, tournée et ambitions avec Marta. Entretien, le tout, sans filtre  sur le monde qui les entoure !

L’interview sans filtre de marta :

Pour commencer, qui est marta ?

On est marta, un duo de techno violon-batterie. On s’est rencontrés il y a huit ans au conservatoire de jazz. Le projet est né en 2022. On écoutait beaucoup de musique électronique, on avait les mêmes références. On s’est dit que ce serait chouette de faire cette musique-là, mais avec nos instruments.

Concrètement, ça donne quoi sur scène ?

On voit une batterie, un violon… et un ordinateur. On produit tout nous-mêmes en studio : synthés, boîtes à rythmes, plugins. En live, on joue tout ce qu’on peut jouer en vrai — batterie et violon. Les synthés et les éléments impossibles à interpréter tournent dans l’ordi. L’idée, c’est de mélanger machines et instruments organiques sans que l’un prenne le dessus sur l’autre.

Vous en êtes où aujourd’hui dans votre parcours ?

On est au tout début. On a sorti notre premier EP il y a un an et on est hyper contents de l’ampleur que ça a pris. C’est vrai qu’on a eu pas mal de concerts. Mais ça reste le commencement. On est en train d’écrire une belle histoire.

Être producteur techno en France aujourd’hui, c’est compliqué ?

À la fois oui et non. La musique électronique est devenue ultra accessible. Il suffit d’un ordinateur. Donc c’est plus simple de se lancer. Mais du coup, il y a énormément de monde. Les tendances vont vite. C’est plus dur de se démarquer.

En même temps, on a une vraie culture musicale en France. Un héritage fort. Ça nourrit énormément. Et puis on a la chance de pouvoir tester, se tromper, recommencer. On peut produire chez nous. Si la track est bonne, on la sort. Dans d’autres arts, c’est beaucoup plus lourd.

(c) ninahasni_marta

Avant de lancer Marta, vous aviez déjà une direction artistique précise ?

Non. Ça a pris du temps. On a testé, on s’est plantés, on a fait des brouillons. Il a fallu deux ou trois ans pour trouver la bonne DA. Au début, on était trois. Il y avait un clavier. On composait en imaginant cette troisième personne. Beaucoup de lignes mélodiques, d’harmonies.

Quand on est revenus à deux, on a simplifié. On a retiré ce qu’on ne pouvait pas défendre à deux en live. Ça a donné quelque chose de plus minimal, plus brut. Et ça correspondait finalement à ce qu’on cherchait.

Un nouveau single arrive ?

Oui. Le premier single du deuxième EP s’appelle Line. Il sort bientôt (ndlr, le 25/02). L’EP complet arrivera le 24 avril. On joue déjà ces morceaux en live depuis un moment. On les a testés devant le public et on a hâte de les sortir.

Quelle différence entre le premier et le deuxième EP ?

Il y a une continuité. Mais c’est plus radical. Moins de mélodies. Moins d’harmonies. Plus brut. Plus “techno-mental”. Peut-être plus niche aussi. Mais totalement assumé. Ça ne veut pas dire qu’on restera là-dedans. On peut très bien revenir vers quelque chose de plus mélodique ensuite.

Habituellement, vous jouez dans quels types de lieux ?

On travaille avec le tourneur Podium. Dès la première année, on a eu une cinquantaine de dates. On joue dans des SMAC, des festivals, des clubs… parfois dans des lieux plus inattendus. On a même joué dans une médiathèque en pleine après-midi. Chaque date est différente. Parfois à 16h. Parfois à 2h du matin. L’énergie change, mais ça prend quand même. Le côté instrumental aide aussi. Même des gens qui ne sont pas fans de techno peuvent accrocher visuellement.

Une carrière qui vous inspire ?

Justice. Pour leur musique. Leur esthétique., leur scène, leur film de tournée réalisé par Romain Gavras nous a marqués. Quand on voit ça ado, ça reste.

2026, ça ressemble à quoi pour vous ?

Une nouvelle tournée et une release party probablement. Et on va commencer à composer le troisième EP. On prépare aussi une nouvelle live session. La première, tournée dans un appartement, nous avait beaucoup aidés à lancer le projet. On veut recréer quelque chose de fort autour de ça.

Le rythme est intense. Ça va physiquement ?

La tournée, c’est physique. Peu de sommeil pour beaucoup de déplacements. Mais on a la chance de voyager léger et souvent en train. Et surtout, on fait ça entre potes. On joue. On crée. C’est du fun.

Un dernier mot ?

On est trop contents de jouer au Bise Festival. On l’avait déjà fait en accompagnant l’artiste Malvina. C’était un rêve d’y revenir avec notre propre projet. C’est une case qui se coche dans notre parcours. Et ça ne fait que commencer.


marta dévoile Line, son nouveau single le 25 février prochain. Lien https://bfan.link/line-3