GASPARD (c) Emma CORTIJO
Emma CORTIJO

Gaspard, découvrez en avant-première son premier EP ‘Les heures sombres’

Il y a des premiers projets qui sonnent comme un aveu. Le premier EP de Gaspard fait partie de ceux-là. aficia l’a écouté avant sa sortie. 

Ancien directeur artistique (DA) de l’image, Gaspard a tout quitté pour se mettre à nu à travers un premier projet qui conte ses maux, ses doutes et ses cicatrices. Mais sans jamais perdre de vue l’espoir, la lumière parcourant chacun des titres. On avait déjà adoré le premier extrait “Les heures sombres”, cette discussion entre le Gaspard de 30 ans et celui d’il y a dix ans, où le « ils » représente une société déshumanisée, étouffée sous le béton et la surinformation, condamnée à suivre une vie dictée jusqu’au néant, la mort. Un titre pourtant résolument baigné d’espoir, invitant à écouter ses émotions pour avancer vers la lumière.

Un EP brut et sincère

Bête nocturne”, morceau central et cœur battant du projet, en est la preuve la plus éclatante. Rarement la chanson française indépendante s’est montrée aussi brute, aussi sincère. Gaspard y aborde sans fard un traumatisme profond, celui de l’abus, avec une pudeur et une force bouleversantes. Pas de sensationnalisme ici : juste des mots justes, une voix fragile mais ancrée et touchante. Et que dire de cette production ciselée qui sublime l’intention de l’artiste, sans jamais étouffer les émotions.

Pochette ‘Les heures sombres’ (c) Emma Cortijo

Tout l’EP se déploie comme une traversée intérieure, des “Heures Sombres” à “La Lumière Bleue”, de la chute à la renaissance. L’ensemble repose sur des nappes de synthés aériennes et des textures électroniques finement travaillées. C’est signé Julien Pierre et Étienne Caylou au mix, et cela rappelle indéniablement cette pop française moderne qu’on peut retrouver chez Christine and the Queens ou Lorde. Mais avec un supplément d’âme, celui d’un artiste qui écrit avant tout pour survivre.

Indépendant jusqu’au bout des doigts, Gaspard livre un premier projet d’une justesse désarmante, oscillant entre l’intime et l’universel.  Une ode à l’introspection, où la beauté se niche dans les failles et où chaque morceau semble guérir un peu plus celui qui l’interprète et, par ricochet, celui qui l’écoute.

Un EP à la fois touchant et percutant, porté par une maîtrise rare pour un premier pas. De l’ombre à la lumière, Gaspard s’affirme déjà comme l’un de ces nouveaux visages à suivre.

Découvrez l’EP de Gaspard :