Jewel Usain revient avec Otoko , un EP 4 titres qu’on décrypte aujourd’hui sur aficia.
Si avec Où les garçons grandissent , Jewel Usain avait déjà montré son évolution, autant humaine qu’artistique, avec Otoko, il affirme sa position d’artiste complet.
“ Deux piges sans album , tu la fermes quand t’as rien à dire”
Deux ans, c’est le temps qu’il lui aura fallu pour revenir avec ce nouveau projet. Un projet très court, composé de quatre titres, qui s’intercale entre passé et futur. Une transition marquante, appuyée par une narration visuelle forte.
Le projet s’ouvre sur un teaser où l’on voit un enfant et un jeune garçon courir vers Jewel Usain, au pied d’un arbre gigantesque, comme la symbolique de l’évolution de la vie.
Une évolution qui nous amène jusqu’au japon , pays du soleil levant, où se déroule cette nouvelle histoire comptée par l’artiste.
Ikebukuro : théâtre de cette nouvelle histoire
Le projet Otoko commence visuellement dans le quartier d’Ikebukuro, à Tokyo. Un quartier dynamique, mais moins touristique que Shibuya ou Shinjuku. L’artiste y dresse un état des lieux de sa vie, mais aussi de l’industrie musicale, qu’il a observée de loin pendant deux ans, sans réellement y prendre part.
Il livre ici un morceau égotrip, sans refrain, de deux minutes, accompagné d’un clip de quatre minutes :
“ On fait pas l’même usage des plateformes
j’écoute pas la musique qui plafonne
Tous ses rappeurs te disent la vérité, c’est des mecs du milieu
Parce qu’ils sont pas nuls mais ils sont pas fort”
paroles tirées du titre “Ikebukuro”
La force de ces clips réside dans l’équilibre entre le flow tranchant de Jewel Usain et le rythme presque contemplatif des images. Un rythme à contre-courant des standards du rap actuel, comme un besoin de ralentir et de reprendre le contrôle, sur sa musique et son art, comme sur son récit.
Le Japon a toujours été une influence assumée chez l’artiste. Ici, il ne tombe pas dans les clichés. Il impose un rythme visuel qui pousse à prendre le temps de s’immerger dans cet univers. Une immersion qui se poursuit dans le deuxième titre du projet : Otoko.
Un passe passe franco-japonais :
Si le rappeur s’appuie sur la même équipe, visuellement et musicalement, avec Rémi Béseau à la composition et Kidhao à la réalisation, l’artiste à néanmoins étayer son réseau pour nous proposer un feat inattendu.
Otoko réunit donc Jewel Usain et le rappeur et mannequin Acchi Mello. Un passe passe qui n’est pas passé inaperçu, puisque le morceau est rapidement devenu viral . Des flows qui se complètent malgré la barrière de la langue, un visuel qui vient servir cette joute verbale et une prod planante, font de ce morceau une proposition forte dans le paysage rap actuel! La narrative s’avère à nouveau complète.
“Fous”, la transition qui annonce l’arrivée prochaine d’un deuxième album.
Le projet se termine face au Mont Fuji. Le road trip s’achève dans une ambiance planante, presque mélancolique. L’artiste revient sur son parcours, tout en affirmant une détermination intacte :
“2023-2024-2025, zéro festivals, tu sais le plus dur c’est même pas de pas y être,
en vrai le plus dur c’est quand personne ne se demande pourquoi t’y es pas”
“Mais si faut envoyer, j’y vais,
j’ai bossé chez Nike, Adidas, chez Courir, chez JD et j’ai déplacé pour mes idées deux-trois montagnes”
paroles tirées du titre “Fou”
Avec Otoko, Jewel Usain confirme son ambition : créer des œuvres marquantes, autant musicalement que visuellement. Un artiste dont l’image sert le récit, avec une plume de plus en plus précise. Son prochain album est impatiemment attendu!
En attendant ce deuxième album , l’EP Otoko est disponible sur toutes les plateformes !

