À l’occasion de son passage à Musilac, nous avons rencontré le duo Malaka. Les deux sœurs évoquent leur univers musical métissé et leurs projets.
C’est entre deux concerts, au bord du lac du Bourget, à Aix-les-Bains, que nous avons rencontré Laurina et Sacha Moïsa, les deux sœurs qui forment le duo Malaka. Depuis la sortie de leur deuxième EP, Mang, en novembre 2025, elles sillonnent la France pour défendre leurs nouveaux titres sur scène. Nées en Guadeloupe, les deux artistes mêlent musiques créoles, afrobeat, soul et influences urbaines dans un univers résolument métissé. À Musilac, elles nous ont parlé de leurs racines, de leur complicité et de leurs projets.
Malaka en interview Flash :
1Comment le groupe Malaka est-il né ? Et d’où vient votre amour pour la musique ?
On a commencé à faire de la musique au lycée, dans un club. On a véritablement décidé de se professionnaliser en 2023. Cela fait donc trois ans que l’on tourne intensément et que l’on se consacre pleinement à la musique.
Malaka est le nom d’un fruit de Guadeloupe, où l’on est nées. On en mangeait lorsque l’on était petites. C’est une petite poire rose dont le goût se situe entre celui de la pomme et de la pastèque. Elle est pleine d’eau et très agréable à manger. On l’appelle la pomme malaka. Ce nom rappelle donc nos racines. On adore aussi ce mot, que l’on trouve très doux.
On a grandi avec beaucoup de musique à la maison. On en a toujours écouté, même si personne n’en jouait vraiment, à part notre père, qui faisait un peu de percussions. On a toujours bénéficié d’une grande liberté créative et on a pu tester beaucoup de choses. C’est finalement la musique qui nous a le plus attirées.
On est aussi très complices toutes les deux. C’était donc assez évident de se lancer ensemble. Il y avait également beaucoup de danse à la maison.
2Comment décririez-vous votre univers musical à quelqu’un qui ne vous a jamais écoutées ?
On a beaucoup réfléchi à ça. Aujourd’hui, on dit que l’on fait du « métis », parce que notre musique mélange de nombreuses influences, notamment des musiques traditionnelles liées à nos origines guadeloupéennes.
Timothée, qui nous accompagne sur scène aux percussions et à la batterie, possède également de nombreuses influences ouest africaines. En parallèle, on est très influencées par le territoire sur lequel on vit, par la musique occidentale et par tout ce que l’on côtoie au quotidien. Notre univers est un mélange de toutes ces influences. Pour nous, il est logique de les concilier.
3S’il fallait choisir un morceau qui vous représente particulièrement, lequel serait-ce ?
On choisirait “Woulé”, qui ouvre notre dernier EP, sorti en novembre 2025. Dans notre set, c’est le moment où l’on laisse nos corps s’exprimer. C’est vraiment un temps fort pour nous, car on aime beaucoup le rapport entre le corps et la musique.
Dans les paroles, on parle également des femmes, de nos amies qui nous ont inspirées, de nos racines, ainsi que du fait d’être fortes et fières de nous-mêmes.
4Quels sont vos prochains projets ?
On va beaucoup travailler sur notre nouvelle création. Durant ces trois dernières années, on a enchaîné les concerts tout au long de l’année. Comme on est encore émergentes, les dates ne sont pas forcément regroupées et on saisit les occasions qui se présentent.
On a donc décidé de faire une pause de plusieurs mois afin de se consacrer pleinement à la création. On souhaite revenir en 2027 avec un show qui nous plaît de A à Z, de nouvelles musiques et une identité encore plus travaillée. L’objectif est de créer davantage de liens avec les personnes que l’on rencontre. Pour l’instant, on est donc en pleine phase d’écriture.
5Comment imaginez-vous l’évolution de votre musique au cours des prochaines années ?
Notre premier objectif est de trouver le son qui nous plaît et qui nous ressemble vraiment. Ensuite, on aimerait toucher le plus de monde possible, faire voyager notre musique et émouvoir les gens, tout en continuant à être nous-mêmes touchées par ce que l’on crée.
On veut simplement continuer à avancer. On évolue à un rythme assez doux, mais il nous convient parfaitement. On ne s’impose pas d’impératif. On a la chance d’avoir du temps pour créer notre musique, alors on va le prendre afin de revenir en forme.
Ces dernières années, on a aussi eu l’occasion de vivre des moments de véritable fusion avec le public. On souhaite cultiver ces instants et aller vers une musique qui nous fait du bien, qui pourra également faire du bien au plus grand nombre et nous permettre de vivre encore de beaux moments.
Découvrez le dernier EP de Malaka, Mang :

