Suite à la sortie de son deuxième album, Chiloo s’est confié à aficia sur ses différentes chansons et son ressenti. L’occasion de faire un bilan sur son parcours artistique.
De son vrai prénom Achille, Chiloo est un jeune artiste de 24 ans qui trace doucement, mais sûrement, sa route dans la pop française depuis six ans. Il s’est fait connaître grâce à ses reprises sur les réseaux sociaux, qui l’ont fait exploser auprès du public. En 2022, il sort son premier album, Genèse. Il y a quelques jours, il dévoile un second projet plus personnel… Quatre ans après notre dernière entrevue, nous avons rencontré Chiloo pour une interview sans filtre.
L’interview sans filtre de Chiloo :
Salut Chiloo, avant de commencer comment tu vas après la sortie de ce deuxième album ?
Ça va très bien, je te remercie. Ce deuxième album est sorti il y a neuf jours exactement et je me sens bien. J’ai eu de très bonnes critiques, le public est au rendez-vous. Donc écoute, tout va bien !
Qu’est-ce que tu veux que les gens ressentent lorsqu’ils écoutent cet album ?
C’est une bonne question… Écoute, je n’aimerais pas qu’ils aient un ressenti particulier. J’aimerais surtout qu’ils ne se sentent pas seuls dans certaines épreuves qu’ils peuvent traverser. J’avais envie de mettre des mots sur ces épreuves que beaucoup d’entre nous vivent et de les raconter en chanson. Le plus beau cadeau que j’ai de la part des gens, c’est lorsqu’ils me remercient de mettre des mots sur leurs maux. C’est ce que je recherche et c’est là que je me dis que mon travail est fait.
Quel est le morceau de l’album qui te représente le plus aujourd’hui ?
Je dirais que c’est le dernier morceau de l’album qui s’appelle “La fille du train”. En fait, cet album c’est toute une histoire du premier titre au dernier titre. Le premier titre c’est “Café froid” qui parle de rupture et de comment on se reconstruit après une rupture. Et puis on passe par plusieurs phases jusqu’à la dernière chanson qui s’appelle “La fille du train”. Dans ”La fille du train”, je raconte une histoire vraie d’une rencontre hasardeuse avec quelqu’un dans un train. C’est une chanson qui montre que nous pouvons à nouveau tomber amoureux et être prêt à réengager quelque chose. Je trouve qu’après une longue période de reconstruction, c’est le titre qui me représente le plus, celui qui m’a le plus fait me sentir à nouveau moi après des années.
Et du coup dans les chansons de ton album c’est quoi le thème principal que tu abordes ?
Il y a plusieurs thèmes qui sont abordés. Je dirais l’amour mais sous plusieurs formes. On retrouve l’amour amical bien sûr qu’on éprouve pour nos amis dans ma chanson “Lentement”. L’amour que l’on ressent pour quelqu’un, pour l’être aimé sous différentes formes également. Il y a aussi le thème du voyage dans deux chansons “Au bord de la mer” et “Koh Tao”. Je parle aussi de santé mentale dans “Tenir le coup”. Il y a beaucoup de thèmes qui me sont chers comme notre place au sein de la société. Je voulais absolument essayer d’en parler un petit peu à mon humble échelle. Il y a plusieurs thèmes qui se regroupent dans toute l’histoire que j’ai voulu raconter dans cet album.
Peux-tu nous parler de la chanson qui figure dans l’album et que tu as eu le plus de mal à écrire ?
Ah c’est une bonne question… Je pense c’est “Les étoiles” ! C’est une chanson qui parle de nos disparus. Moi, je n’ai pas beaucoup de disparus dans ma vie mais j’étais avec mes équipes qui ont vécus plusieurs deuils donc c’était très émouvant. Je m’y suis repris beaucoup. Il y a eu une histoire de tonalité qui n’allait pas sur la chanson. Par moment je l’avais trop haut donc ça poussait, ça ne voulait rien dire. J’ai énormément travaillé sur cette chanson, notamment sur le texte et l’interprétation…
Est-ce que tu te livres entièrement dans tes chansons ou tu gardes une part de secret, de réserve ?
Je pense qu’il faut savoir dissocier un petit peu. Tout ce que je raconte dans mes chansons est vrai mais je dirai qu’il faut garder un côté artistique dans ce que tu racontes et comment tu le mets en musique. Je pense qu’il y a des choses que nous vivons et qui ne peuvent pas être transformées en art, malheureusement. Pour moi, il y a des choses qui doivent rester secrètes parce que chacun mérite d’avoir son intimité, d’avoir ses secrets. Le plus important c’est trouver le juste milieu entre ce que nous voulons raconter et ce que nous gardons pour soi.
Dans tes chansons, tu parles de qui en général ?
Mais c’est une très bonne question… Il y a les disparus dans “Les étoiles”. Dans “Lentement” je parle de mon meilleur ami. Dans les chansons d’amour, je parle notamment de ma dernière relation, donc c’est globalement la même personne. Je ne cherche pas forcément à viser quelqu’un en particulier mais quand je l’écris je pense à certaines personnes.
Dans “Lentement”, tu dis « C’est ni trop tard, ni trop longtemps pour être les héros de nos rêves d’enfants ». C’était qui les héros de tes rêves d’enfants ?
Déjà merci d’avoir cité le texte de ma chanson, ça fait plaisir. Mes héros ? J’avais pas forcément de héros à proprement parler. J’admire le travail de certaines personnes mais j’ai jamais vraiment été très fan de quelqu’un. Mon héros… je pense que c’est mon papa, depuis toujours. Il m’a beaucoup appris et inspiré. Donc je dirai mon papa quand même.
Y a un morceau de l’album que tu as hésité à mettre ? Si oui lequel et pourquoi ?
En fait, avec mon équipe on fait une centaine de titres, on les écoute, on les classe et on garde les meilleurs. Mais un morceau de l’album que j’ai hésité à mettre ? C’est une bonne question… Je pense qu’il n’y en a pas eu forcément. Mais je vais redire “Les étoiles” parce que comme je te l’ai dit tout à l’heure, c’était une galère… Je n’arrivais pas à trouver le bon sens, je ne savais pas comment la prendre cette chanson. C’est vrai que celle là j’ai hésité parce que c’était trop haut perché mais autrement non je suis resté sur mon choix et je l’ai mise. Mais pour tout te dire, je devais en mettre 14 dans l’album au départ et la dernière qui s’est ajouté c’est parce que nous l’avons fait à la dernière minute et c’était “La fille du train”.
Quel est le titre de l’album que tu ferais écouter à quelqu’un qui ne te connait pas du tout ?
Je vais rester sur “La fille du train” parce que je trouve que c’est ma plus belle prouesse de l’album vocalement. Le passage voix de poitrine, voix de tête, c’est compliqué pour un garçon, c’est moins naturel que chez les filles. Et puis je trouve le texte sublime. Il n’est pas que de moi, je le partage avec Nazim qui est un auteur extraordinaire. Il écrit pour les plus grands noms de la chanson française. La mélodie aussi est superbe. Je suis très content de ma performance vocale sur cette chanson donc c’est celle que je ferai écouter à quelqu’un qui ne me connaît pas.
Tu m’as cité le nom de Nazim avec qui tu as collaboré pour “La fille du train”, tu as travaillé avec qui d’autres sur cet album ?
Alors je n’ai pas fait de feats mais j’ai travaillé notamment avec Joseph Kamel sur “Lentement”, avec Kemmler sur “Café froid”, avec Pex de VSO sur “Y’a moi” et Renaud Rebillaud aussi, qui est un grand compositeur, sur “Les étoiles”.
Qu’est-ce qui t’inspire le plus pour écrire tes chansons ?
C’est la tristesse. La tristesse est la plus belle source d’inspiration qui existe je pense. Bien sûr qu’il y a aussi le bonheur, évidemment. Mais, c’est avec la tristesse que j’ai trouvé la façon d’écrire. Ce n’est pas une tristesse que je garde au fond, c’est une tristesse que j’évacue. Dès qu’il y a un moment où ça ne va pas trop, j’écris, j’évacue et je me sens mieux, vraiment.
Tu as réussi à trouver ta légitimité dans le monde de la musique et si oui comment l’as-tu trouvée ?
Aujourd’hui, la musique c’est quelque chose que j’aime énormément mais ce n’était pas du tout ce à quoi j’étais prédestiné. Je suis arrivé un peu par hasard dans le milieu. Les réseaux sociaux se sont un peu emballés. Alors oui, plus j’avance et plus je me sens légitime parce que je travaille énormément aussi. Quand j’étais un peu plus jeune, je ne travaillais pas beaucoup. Maintenant je prends des cours de chant et j’essaie de m’améliorer tous les jours un peu plus. Donc oui je me sens légitime.
Peux-tu raconter une anecdote marquante ou drôle qui t’es arrivé durant la création de l’album ?
Depuis le début de ma carrière, j’ai tout le temps très froid. Quand nous avons shooté la cover de l’album, j’étais sur un catamaran et j’étais filmé par un drone. Il y avait un jet ski qui tournait autour pour faire des vagues. Je voulais aussi faire des images pour un clip et j’ai fini en plein mois de novembre dans l’eau, en Bretagne, en combinaison mais qu’est ce que j’ai eu froid…
Tu vas bientôt partir en tournée… quelle chanson tu as le plus hâte de jouer sur scène ?
Je vais pas tout le temps te répondre “La fille du train” quand même mais j’adore cette chanson, c’est vraiment ma préférée je pense. J’aime beaucoup “Koh Tao” aussi. Mais sur scène je pense que je dirai “Café froid”. C’est la chanson la plus écoutées et les gens l’aiment beaucoup d’après les retours que j’ai eu donc je pense que ça va chanter. Sur scène quand les gens chantent avec toi c’est génial à chaque fois. D’ailleurs, je fais le Nouveau Casino à Paris le 1 avril, j’ai hâte ! Ça va être exceptionnel.
Donc là tu vas faire le Nouveau Casino de Paris mais ce serait quoi la salle de concert de tes rêves ?
L’Olympia ! Je ne vais pas être très original mais c’est une salle tellement légendaire. Le Zénith de Paris aussi parce que je suis du 19ème arrondissement et ce serait un très bel accomplissement pour un enfant du19ème.
Si tu pouvais créer le concert parfait pour cet album, il ressemblerait à quoi ?
Concert parfait ? Tu sais moi je suis trop nul dans tout ce qui est direction artistique… je pourrais te dire n’importe quoi…
Par exemple, tu as des musiciens sur scène ? Tu as peut-être des idées de décor dont tu rêves ?
Alors oui sur ma tournée j’ai des musiciens. J’ai un batteur, un guitariste et un claviériste. Mais niveau décor, je ne sais pas du tout, je suis vraiment très mauvais… J’adorerais te donner une réponse mais je ne suis vraiment pas bon et j’ai pas envie de te donner des idées nulles… Mais je rêverais arriver en rockstar et chanter sur un énorme catamaran, ce serait incroyable !
Quand tu regardes ton parcours depuis tes débuts, de quoi es-tu le plus fier et pourquoi ?
Je suis fier d’avoir rendu fier mes parents. Au début, ils avaient peur, ils avaient peur quand j’ai lâché l’école. Ils étaient inquiets et c’est normal. Mais aujourd’hui, ils sont très fiers de moi. Mon père il a les notifications google et ma mère elle m’envoie tous mes reals comme si je ne les avais jamais vu. Les rendre fiers c’est ce qui me rend le plus fier, d’avoir leur considération. Artistiquement, je suis fier de mon évolution, de mon travail, de ma voix, de mes textes. Je suis fier des gens avec qui je travaille aussi.
Si tu pouvais parler au Chiloo d’il y a 5 ans tu lui dirais quoi ?
Ne sors pas tout le temps en soirée et travaille plus ! Travaille ta voix, travaille tes textes… Écoute toi plus et fais toi plus confiance.
La même chose, mais dans 5 ans. Tu lui dirais quoi ?
On se voit à l’Olympia mon pote !
Et pour conclure… le nom de ton album est Tout finit par s’arranger mais est-ce que tu penses vraiment que tout finit par s’arranger ?
Oui évidemment ! Il y a toujours un moyen de s’en sortir quelque part, j’en suis sûr. Beaucoup de personnes qui étaient au plus bas s’en sont sorti. Il faut juste avoir de la résilience, du courage et ne pas se laisser abattre.







