À l’occasion de son concert aux Déferlantes le 27 juin, nous avons pu poser 5 questions à Moody ! Découvrez cet artiste passionné.
On suit Moody depuis quelques temps et on est content d’avoir pu le rencontrer à l’occasion de sa venue aux Déferlantes le 27 juin. Ses chansons rock / rap et son énergie scénique nous ont encore plus convaincus. Cette rencontre a été l’occasion parfaite de revenir sur ce concert mémorable à domicile, son projet musical sorti il y a tout juste un an et ses ambitions futures, ses inspirations et la direction qu’il souhaite donner à sa musique.
Moody, l’interview Flash :
1 Je fais du rap ou du rock j’sais pas trop” si on lit ta bio Instagram… Comment s’est passé ce questionnement ?
J’ai fait du rap pendant dix ans, j’ai commencé à 16 ans. Et honnêtement, au bout d’une décennie, je me suis dit que je voulais tester autre chose. Je n’arrivais plus à trouver l’inspiration qui me passionnait au quotidien. Un jour, en bidouillant du son chez moi, un peu à l’instinct, sans vraiment réfléchir parce que ma musique, c’est avant tout du feeling, des émotions brutes, des instants capturés, je me suis dit : « Vas-y, je vais me faire plaisir et faire un truc qui me ressemble, sans me poser la question de savoir si ça va sortir un jour. »
J’ai alors créé un morceau une vraie sonorité rock. Je l’ai fait écouter à mes potes, et ça a super bien marché ! Ce premier titre, c’est « Mer à Boire », celui que j’ai fait avec Alien. C’est le tout premier son de cette nouvelle ère, et c’est ça qui m’a confirmé que « ok, il y a des gens qui comprennent cette vibe ». À la base, je ne mettais pas le mot « rock » dessus ; c’était juste un son qui me ressemblait. Mais tout le monde m’a dit : « Mais c’est du rock ! ». Du coup, je l’assume et je l’utilise pour définir ce que je fais, car il faut bien mettre une étiquette sur sa musique. Au départ, ce n’était pas du tout une réflexion de me dire « je vais faire du rock ». C’était un besoin de renouveau, de me réinventer. Je n’ai pas du tout maîtrisé le truc, c’est parti de là.
2 Parlons du dernier album Jade. Quel bilan en tires-tu avec ce virage prononcé ?
Le bilan, c’est que j’ai voulu marquer ce virage à fond, et je l’ai fait. J’en suis très content. Maintenant, j’ai juste envie de revenir à quelque chose d’un peu hybride.
3 Tu joues à la maison ce soir. Quelle sensation cela te procure-t-il ?
C’est la troisième fois que je fais les Déferlantes. La première fois, j’avais 16 ans, il y a dix ans, avec un groupe full rock. On avait gagné un concours, c’était notre première scène en tant que groupe, c’était incroyable. Ça marque une histoire… et cette impression est toujours différente, ça me suit.
C’est marrant parce que ce premier concert était mon premier « gros » concert, et ce soir, c’est mon dernier « gros » concert pour le moment. Ça me voit évoluer, car il y a trois ans, le show n’avait rien à voir. Ça me touche. Après, jouer « à la maison », c’est particulier parce que tu as tous les potes, la famille, des gens que tu vois rarement qui viennent. Ça me met toujours une certaine pression.
4 Quelle est ta direction artistique aujourd’hui, ton message ?
Justement, à l’inverse, aujourd’hui, je me sens vraiment à l’aise avec moi-même : humainement, mentalement, et musicalement. J’ai juste envie de livrer ma vie. Pour moi, mon âme est consacrée à la musique, et j’ai envie de la donner à voir. Ça peut paraître un peu exhibitionniste dit comme ça, mais c’est vraiment dans le sens où je veux partager ma personnalité, mon intimité.
J’ai envie de créer un espace de liberté quand les gens écoutent mes morceaux ou voient mes vidéos. Un espace où chacun se dit : « Ok, j’ai le droit d’exister, et je suis quelqu’un d’exceptionnel. » Parce que chacun est unique et exceptionnel, et j’aimerais que ça ait ce sens. C’est un peu mon idéal, mon objectif dans ma démarche artistique. Créer un espace où il n’y a pas de conventions sociales. C’est accepter l’autre, mais plus de manière philosophique : chacun a le droit d’exister comme il l’entend, de raconter ce qu’il veut, de délirer, d’être triste, de pleurer, de crier, d’être heureux, d’exprimer toutes les émotions, même les plus exacerbées. C’est un pur acte d’expression.
5 Et la suite ? Un prochain projet en vue ?
Pour l’instant, donner une date serait prématuré parce que moi-même, je ne sais pas. J’ai mis beaucoup de temps, ça fait un an et demi que je n’ai rien sorti, et j’ai mis beaucoup de temps à décider à quoi ressemblerait la suite. En fait, je me suis tellement mis la pression sur le dernier album que ça m’a fait beaucoup réfléchir. Le prochain signal doit être fort, marquant, et nouveau aussi. C’est un peu un cercle vicieux dans lequel je suis.
Ce sera un mélange de tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, un peu comme un bilan. Ça ne va pas s’arrêter là, mais si on devait faire un bilan aujourd’hui, si on devait mourir demain, qu’est-ce qu’on raconterait ? Ça va être un peu ça : un bilan sur moi, sur ma vie perso, sur ma vie pro et musicale.
Question bonus! : Toujours avec la même équipe ?
Ça change un peu, car chacun a ses propres projets, ses évolutions de vie, j’ai déménagé il y a six mois, tout change. Mais je bosse toujours avec des gens qui me tiennent énormément à cœur. Dans ma démarche créative, il n’y a pas d’intérêt ou de calcul. Je veux juste travailler avec des gens que j’apprécie, qui apprécient ce que je fais, et avec qui nous avons des points communs, une bonne entente. C’est naturel, les choses se font d’elles-mêmes. Quand tu fais de l’artistique, je pense que le feeling se ressent, tu ne peux pas mentir. Si quelqu’un ment, tu l’entendras, il y a un truc qui cloche. Moi, je me dis que si je dois prendre un mois à écrire un morceau, c’est pas grave. Si je mets deux jours à écrire un album, c’est cool. Ça se fera comme ça, avec les personnes qui doivent être là au bon moment. On ne force pas les choses.

