Stav en Interview Flash : « Je fais du Stav, et ça me suffit amplement ! »

Nous nous sommes entretenus avec la tornade pop Stav à l’occasion de la sortie de son premier album bourré de tubes : Contretemps. L’occasion d’en apprendre plus sur ce personnage fascinant aux multiples vies, qui d’abord est passé par le rap avant de trouver refuge dans la chanson française.

De son vrai nom Benjamin, Stav est un artiste caméléon. Il a d’abord officié durant cinq ans dans le groupe de hip-hop Rezinsky, avec qui il a sorti sorti plusieurs disques et tourné dans toute la France. C’est à partir de 2020 qu’il se lance en solo, délaissant le rap pour la pop française sur son premier EP sorti en 2021 : Musique de supermarché. Il vient de sortir son premier album, Contretemps, chez Excuse My French.

Stav, l’interview flash :

1 Peux-tu te présenter et nous décrire ton ADN musical ?

C’est difficile de décrire mon ADN musical car j’ai jamais réussi à créer deux fois le même projet. En tout cas, en ce moment, c’est un mélange de pop anglaise indé et de musique plus groove, pas mal R&B et soul… peut-être pour renouer un peu avec ce côté rap.

Les années rap ont été super formatrices car j’ai appris à tout faire par moi-même : les visuels, monter un label, la communication etc. Le rap est toujours présent chez moi, notamment dans la façon dont je construis mes albums, mais aussi dans la sincérité et l’introspection de mes textes – même si la forme diffère. Aujourd’hui je ne me pose plus la question de savoir si je fais du rap ou de la pop, j’essaie juste de faire un projet cohérent avec la personne que je suis. Et cette personne que j’incarne s’est construite grâce à toutes les autres personnes que j’ai été, je pars du principe qu’on a plusieurs vies dans une vie.

2 Comment as-tu commencé la musique et qu’est-ce qui t’a déterminé à te lancer là-dedans ? 

J’ai commencé la musique en faisant du rap avec mes potes, au lycée. On s’écrivait pas mal de battles, et puis au fil du temps je suis le seul qui a véritablement poursuivi sur cette voie car j’étais passionné. Je me suis vraiment révélé grâce au rap, il m’a permis de prendre confiance en moi et de faire plein d’autres choses dans la vie. J’ai plongé tête la première dedans mais je ne voulais pas en vivre initialement, je tenais à garder ce côté passion et indé. À l’époque j’étais graphiste et vidéaste de métier mais c’est quand on a commencé Rezinsky qu’on a obtenu pas mal d’opportunités de concerts et c’est ainsi que je suis devenu intermittent. On était sur une esthétique très brute à l’époque, mais au bout d’un moment j’ai arrêté car je ne me retrouvais plus dedans. Musicalement, j’avais d’autres envies, puis j’avais d’autres textes en tête – d’autres thématiques que je ne pouvais pas exprimer à travers le rap. J’avais donc besoin d’une autre forme musicale pour les extérioriser. 

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3 Sur tes réseaux sociaux, tu as pris la parole au sujet d’une période lors de laquelle tu as songé à “arrêter la musique”. De quoi était-ce parti, et qu’est-ce que tu as mis en place pour t’en sortir ? 

Je n’ai pas eu envie d’arrêter la musique à proprement parler, mais j’ai eu envie d’arrêter d’en faire mon métier. J’étais arrivé à un stade où j’étais tellement passionné que je plongeais tête la première dans cette passion et durant des années il n’y avait plus que ça qui comptait. J’en parle dans mon morceau “Collège”, dans lequel je compare ça à une relation de couple qui devient toxique. La musique m’avait beaucoup apporté mais je m’étais beaucoup renfermé sur moi-même, et d’un autre côté j’avais du mal à arrêter tant c’était une composante essentielle de ma vie. J’avais peur de me retrouver sans rien, sauf qu’en vieillissant tu te rends compte que les projets ne marchent pas autant que tu le souhaites, que tu ne deviendras pas forcément quelqu’un de célèbre… Ça m’a beaucoup autocentré, et j’ai dû regarder en arrière et me rendre compte que j’avais déjà énormément accompli et acquis beaucoup de compétences. C’est à ce moment-là, après une remise en question, que je me suis rendu compte que je ne souhaitais pas arrêter la musique… seulement construire un rapport sain avec elle. Aujourd’hui j’ai juste envie que ça me rende heureux comme ça me rendait heureux quand j’étais jeune, et pour ça il a fallu arrêter d’être dans le calcul et penser stratégiquement. 

J’avais besoin d’une autre forme musicale pour extérioriser ce que je ne pouvais pas par le rap »

4 Tu viens de publier un premier album, intitulé Contretemps. Si tu devais choisir trois chansons qui sont tes favorites sur ce projet, lesquelles seraient-elles et pourquoi ? 

C’est difficile comme question, certaines chansons sont plus récentes et certaines plus vieilles. Je pense notamment à “Collège”, qui est un morceau important – c’est d’ailleurs le dernier que j’aie écrit pour ce projet. C’est lui qui témoigne de ma libération artistique, et de comment j’ai trouvé la lumière. Il y a également “Beau chez nous” et “Cassé”, fait avec un ami à moi, Thomas Le Vexier, qui a composé la moitié de l’album. Ce sont trois morceaux conçus à des périodes bien distinctes, notamment “Cassé” grâce auquel on avait compris la direction que l’on souhaitait prendre pour l’album début 2023. 

Découvrez le premier album de Stav – CONTRETEMPS

5 Tu as également sorti un clip particulier pour ton single “Couleur à toi”. Qu’est-ce que raconte cette chanson, et quelle était l’idée derrière sa vidéo ? 

Cette chanson est partie d’une discussion avec un ami, Simon Sockeel de La Houle, qui un jour m’a dit : “Et bien, moi je continue de chercher ma couleur à moi”. Un peu comme moi, il a tenté plein de choses, et justement cette chanson s’adresse à tous ceux qui reprochent aux artistes d’être trop “dispersés” et de ne pas avoir une DA bien définie. Je suis quelqu’un de très dispersé de base, et justement grâce à ces dispersions j’ai réussi à recentrer le propos, mais je voulais dire aux gens qu’avoir plusieurs facettes est une richesse et non un défaut. C’est cool d’avoir plein d’idées et vouloir faire plein de choses, après il faut voir comment tu t’organises pour les exécuter. La première chose pour y arriver c’est d’avoir confiance en soi, et c’était un pied de nez à tous ceux qui me demandent si je fais du rap, si je fais de la pop… alors que je fais “du Stav”, et ça me suffit amplement ! 

Dans le clip, j’ai essayé d’incarner chacune de mes facettes dans sa psychologie, chaque personnage est un reflet de moi à une certaine période de ma carrière. Le seul personnage qui demeure nouveau est le lascar tout vêtu de jaune, qui représente le rappeur que je revais d’être quand j’étais jeune.