Rencontre avec Thibaut Pez, qui reprend un classique du film Peau d’Âne en version électro !
Parmi les titres qu’on a le plus écoutés cet été, comment ne pas parler de “Rêves secrets d’un prince et d’une princesse” de Thibaut Pez ? Et si ce titre vous parle, c’est normal : il s’agit d’une version contemporaine du titre à succès de Michel Legrand, sorti en 1970 pour le film classique Peau d’âne. Nous avons rencontré l’ancien journaliste reconverti en musicien pour discuter de son parcours particulier dans la musique, ses influences ou encore son EP à venir !
Thibaut Pez, l’Interview Flash :
1 Salut Thibaut ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs qui te découvrent ?
Alors, j’ai commencé en tant que journaliste. Et c’est drôle car, souvent on dit que les carrières commencent par des métiers pas sérieux pour ensuite donner sur un métier sérieux… Et chez moi c’était tout l’inverse, j’étais journaliste politique pour de grands médias nationaux jusqu’au moment où j’ai réalisé que ce n’était pas fait pour moi. Même si ça se passait bien, j’ai démissionné et je me suis lancé dans la musique – ce que j’ai toujours rêvé de faire, sans me l’autoriser. Après avoir quitté l’hebdomadaire pour lequel je travaillais à l’époque, j’ai commencé à faire de la musique tout en me formant pour le métier de styliste afin de gagner ma vie.
J’ai sorti deux EP, que j’ai fini par supprimer des plateformes pour effectuer comme un restart car je ne me retrouve plus vraiment dedans. J’ai beaucoup travaillé pour progresser et je prépare un nouvel EP. Un jour, ma coiffeuse m’a dit une phrase qui m’a transpercé : “Un débutant, c’est un professionnel qui a fait toutes les erreurs”. Après, il est toujours possible que certaines de mes anciennes chansons se retrouvent sur un prochain album avec une nouvelle production et d’autres voix, mais avec une direction artistique qui reflète la personne que je suis aujourd’hui.
2 En dépit de tes débuts dans le journalisme, est-ce que la musique était une évidence ? Est-ce que tu as eu une éducation musicale comme tout artiste pour la cultiver ?
Je ne peux pas vraiment dire que j’ai eu un moment de déclic pour la musique car ça a toujours été présent dans ma vie. J’ai toujours eu envie d’en faire, je me souviens encore de ma mère qui me cousait des costumes pour les spectacles de fin d’année avec la chorale d’enfants, mais une fois venue l’adolescence j’ai abandonné les rêves d’enfance au profit des responsabilités d’adulte. Mais j’ai énormément gagné en motivation lorsque j’ai fait écouter mes chansons à d’autres et qu’ils m’ont dit que c’était incroyable, que j’écrivais bien… Du fait de mon ancien métier, j’étais déjà porté sur l’écriture – sauf que cette fois-ci on rajoute la composition.
Je me souviens avoir publié mon premier titre sur les plateformes de streaming, il avait plutôt bien marché – et même si c’était pas encore complètement fou ça tenait totalement debout. Et bien évidemment que le fait d’avoir fait 12 ans de piano au conservatoire m’a beaucoup aidé. Il a fallu que je m’y remette sérieusement car j’avais perdu l’habitude de pratiquer après avoir quitté le domicile familial, mais ce n’est pas parce que tu as été formé au conservatoire que tu sais écrire une bonne chanson. Je me considère musicien, je maîtrise le sens des termes techniques et cetera, mais ce n’est pas ça qui a fait de moi un auteur-compositeur.
3 Ton nouveau single est une reprise de “Rêves secrets d’un prince et d’une princesse”, une chanson composée par le grand Jacques Demy pour le film Peau d’Âne. Qu’est-ce qui t’a motivé à reprendre ce titre à la sauce techno ?
En fait, j’avais fait une première maquette de cette reprise il y a très longtemps, pour le mariage de ma meilleure amie, car on faisait une fixette dessus. C’était super mal produit, si tu l’écoutais aujourd’hui tu trouverais ça catastrophique, mais j’avais envie de le refaire à la sauce techno et acide des années 90. Je suis un enfant des années 80 et 90 donc le son du TB-303 (synthétiseur de l’époque, NDLR) a vraiment marqué mon enfance. On peut l’entendre dans plein de références à moi, notamment Ray Of Light de Madonna. C’était vraiment parti d’un délire, j’avais envie de m’amuser un peu et c’est Thomas Jolly (metteur en scène qui donne de la voix dans le clip du titre, NDLR) qui m’a encouragé à pousser le délire à fond. Je l’ai publiée sur les plateformes de streaming, et j’ai eu beaucoup de bons retours qui me disaient que c’est trop cool de reprendre un titre classique à la sauce moderne comme ça.
En vrai, ce titre est un véritable preview de ce que vous pourrez retrouver sur mon EP. Actuellement, on essaie avec mes musiciens de condenser les sons et les influences qui ont marqué mon enfance en un projet. On va osciller entre l’électronique du siècle dernier et le rock, que j’ai également beaucoup écouté. On tente de créer une liaison entre ces deux genres, tout en y ajoutant une touche de chanson française. Et je trouve que sur ce single, on a bien réussi à équilibrer l’énergie live de la batterie live, avec le côté techno de la TB-303.
4 Parlons un peu du clip, maintenant ! Quelle était l’idée derrière ce visuel où tu apparais en drag ?
Alors en fait, depuis que j’avais commencé le travail sur ce titre, je me disais qu’il me fallait une drag queen. L’année dernière, j’ai vécu [un événement difficile sur le plan sentimental], et ça m’est venu comme une évidence : “mais en fait, la drag queen, pourquoi ce n’est pas moi ?”. Je connaissais déjà Flore Vauvillé, chef-costumière dans le milieu du cinéma, qui a d’ailleurs décidé qu’elle voulait faire ce métier en regardant Peau d’âne, avec la robe couleur de soleil. Alors je lui ai proposé de fabriquer une réplique de la robe couleur de soleil, que j’allais porter dans mon clip. Et en trois jours, c’était prêt ! Entre les essais make up et le tournage, c’était beaucoup de travail mais je suis super fier du résultat et des retours qui en découlent.
Je me souviens avoir pris un café avec le réalisateur du clip, Alan Marty (photographe de mode, NDLR), lors duquel on a brainstormé le scénario du clip : “OK vas-y, on peut faire faire n’importe quoi à Peau d’Âne, elle fait quoi ?”. On a imaginé Peau d’Âne qui vient de larguer son prince, elle arrive à Paris et qu’est-ce qu’elle fait ? Elle va s’oublier dans un club gay ! And the rest is history, jusqu’à sa rencontre avec Félix Maritaud (120 battements par minute, NDLR), qui incarne une version 2025 du prince charmant. Moins enfantin, un peu plus vénéneux ! Puis on a rajouté le monologue de Thomas Jolly, qui je ne connaissais pas mais il était un admirateur de ma musique, et le tour était joué !
5 Enfin, comme tu le sais probablement, à la rédaction nous adorons faire des découvertes ! Peux-tu nous partager ton dernier coup de cœur musical ?
Alors, je vais ouvrir mon Spotify… [rires] J’allais te dire le dernier album de Lorde, mais franchement tout le monde connaît là… Elle n’a plus besoin de soutien, Oklou pareil d’ailleurs… Je dirais le dernier album de Léonie Pernet (Poèmes Pulvérisés, NDLR). Je l’ai trouvé absolument sublime ! Il y a une chanson qui s’appelle “Réparer le Monde”, que j’ai prise pour une chanson des années 80 la première fois que je l’ai entendue. Il y a quelque chose de très classique dans sa façon d’écrire et de chanter. Le tout mélangé à juste ce qu’il faut d’indie dans la production.
Découvrez le dernier single de Thibaut Pez, “Rêves secrets d’un prince et d’une princesse” :
Lire Aussi : Montemarco en Interview Flash : “J’ai mis un an avant de rechanter suite à mon opération !”


