aficia a rencontré Céline Aviani, nouvelle voix sensible de la scène française. À l’occasion de la sortie de son premier EP I, elle se confie sur son univers intime, ses engagements et sa manière d’embrasser la musique comme un acte de partage.
Une voix qui s’élève à la manière d’une main tendue. Voilà l’effet rassurant et cotonneux que vous procure l’univers de Céline Aviani. Autrice, compositrice et interprète, cette artiste originaire du Sud-Ouest accompagne nos playlists depuis le début de l’été 2025.
Il faut dire que son univers se prête à cette aventure estivale. Elle qui incarne avec douceur une chanson française sincère, inspirée, qui oscille entre pop et variété, le tout auréolé de messages émouvants et porteurs d’espoir.
Alors qu’elle vient tout juste de sortir son premier EP, sobrement intitulé I, Céline Aviani s’est récemment prêtée à l’exercice de l’interview à nos côtés. Le temps d’un entretien flash, elle retrace les dessous de ce projet, qui entend bien être la première note d’une belle partition…
5 questions à… Céline Aviani !
1 Bonjour Céline Aviani ! Pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore, comment présenterais-tu ta musique en quelques mots ?
Eh bien je dirais qu’elle est le fruit de mes écoutes depuis petite. J’ai grandi avec Cabrel, Sanson, Céline Dion… Puis il y a eu l’époque du conservatoire de Toulouse (en musiques actuelles, ndlr), les cours et la découverte d’autres univers musicaux. Je dirai donc que ma musique gravite autour de tout cela. Je crée souvent à partir d’une émotion, d’un souvenir, puis je pense à la mélodie qui pourrait habiller telle ou telle phrase. Parfois, c’est l’inverse. Côté instrument enfin, le piano est mon meilleur ami depuis plusieurs années maintenant.
« Et si c’était dans notre fracture, dans les mille éclats que celle-ci peut laisser en nous, que se trouve notre lumière, qui nous sommes vraiment ? »
Céline Aviani à propos de son dernier projet, I.
2 Ton actualité, c’est bien entendu ce projet, I, sorti au début de l’été. Qu’en est-il de la genèse de cet EP ? D’où vient-il ?
À vrai dire, l’idée d’un album m’est apparue il y a longtemps, dès le début du conservatoire. Je peux donc déjà l’affirmer, I est la première porte d’une série, qui aboutira à cet album.
Ce projet musical s’articule autour d’un fil conducteur que je vais dérouler à partir d’aujourdh’ui. Je le vois comme une manière de raconter qui je suis. J’y aborde des thèmes qui me sont chers, comme le harcèlement scolaire, l’immigration, la santé mentale des jeunes ou encore les fractures générationnelles.
Pour autant, contrairement à d’autres artistes, cet exercice n’a pas eu l’effet d’un remède pour moi, au contraire. Il m’a fallu attendre d’avoir fait le point, mûri mon rapport au monde, pour que je me lance dans cette aventure et puisse la transmettre au mieux.
La plupart des titres de cet EP ont été enregistrés en collaboration avec la famille Cabrel & le réalisateur Esthen Dehut (Trois Cafés Gourmands, Otta, Slimane, Kimberose,… ndlr) à Astaffort.
3 Des thèmes forts, parfois bruts donc, comment est-ce qu’on parle de ces derniers dans un projet musical ?
En effet, l’exercice n’était pas simple. Je pense qu’il faut absolument éviter la morale ou la démagogie quand on est dans cette démarche. D’où l’intérêt pour moi d’avoir d’abord fait un travail d’introspection en amont.
Grandie, parfois cicatrisée sur certains points, j’ai pu écrire plus facilement. Et c’est dans cet aspect naturel qu’est née l’EP. J’écris comme je ressens, je veux tendre la main. Et j’espère que c’est ce que raconte l’écoute. L’idée est vraiment de dire « non, tu n’es pas seul(e) » ; « tu peux y arriver » ; « ça va aller ». Autant de phrases qui peuvent paraître simples à prononcer, mais qui peuvent réellement faire la différence dans certaines situations. Et, pourquoi pas, d’apporter un peu de lumière.
Enfin, pour l’aspect musical, c’est un peu la même chose. C’est difficile à décrire, mais chaque morceau a sa couleur, son empreinte, et on essaye d’y apposer la bonne note, le bon instrument. Sur cet aspect d’ailleurs, travailler en équipe était un vrai plus.
4 Pour autant, ta musique peut aussi être ensoleillée ! En atteste ton dernier titre « Ça va danser ». Un véritable câlin du Sud, n’est-ce pas ?
En effet ! Ma musique, c’est tout moi, donc impossible de ne pas parler du Sud-Ouest d’où proviennent mes racines. J’adore cet exercice en musique, celui de dépeindre une ambiance, un décor. Ce morceau pétillant s’écoutera à merveille en voiture, à la tombée du jour.
5 Enfin, impossible pour nous de ne pas poser la question… Après ce décor très intimiste planté par I, à quoi va ressembler la suite ?
Tout est déjà pensé et en cours d’enregistrement… Le prochain projet fera justement un pont avec ce titre dédié au Sud. Je vais proposer de plonger pleinement dans mes racines, rencontrer mes ancêtres, et ce, avec beaucoup de tendresse.
Maintenant que la machine est lancée, il me tarde de partager la suite !
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