Coulisses de l’Hypnotize, regard sur le rap d’aujourd’hui, aficia s’est entretenu avec Olivier Maligorne, directeur artistique de l’Hypnotize Festival qui revient à Bordeaux en septembre prochain. C’est notre interview Flash.
Il est l’une des têtes pensantes du festival Hypnotize. Olivier Maligorne est directive producer chez Fever, spécialiste de l’entertainment. Fort de 15 ans d’expérience dans la musique indépendante entre la France, l’Europe et l’Amérique, il occupe successivement les rôles de tour manager, booker, manager et directeur artistique pour plusieurs groupes musicaux.
C’est cette passion de la musique et plus spécifiquement du Hip-Hop qui l’amène aujourd’hui a diriger l’Hypnotize Festival, dont la première a eu lieu à Lyon les 13 et 14 juin derniers. Si vous avez loupé les débuts pas de panique ! L’évènement revient à Bordeaux les 5 et 6 septembre avec une programmation différente.
5 questions sur l’Hypnotize Festival, sur l’avenir de la culture rap, c’est notre Interview Flash avec Olivier Maligorne.
Olivier Maligorne, l’Interview Flash :
1.A l’affiche d’Hypnotize, il y a quand même une programmation avec des gros noms. Raconte-nous un peu le démarchage, est-ce qu’ils ont été réticents du fait que c’est la toute première édition, est-ce que vous avez essuyé des refus ?
En fait on a été agréablement surpris. Les grosses têtes d’affiches ont été au rendez-vous. Je pense que c’est déjà dû au fait que Fever est un grand groupe d’Entertainment. En plus, les artistes sont plutôt demandeurs, tellement il y a peu de festival rap en France. Du coup forcément, il y a de la place.
2. France est un territoire de rap, y a déjà plusieurs festivals qui mettent en valeur ce style, comme le GoldenCoast à Dijon, ou si on regarde plus loin, les Ardentes. D’abord pourquoi choisir le rap et la culture urbaine ? Et plus largement, comment on fait pour créer quelque chose de différent quand il y a déjà d’autres festivals du même genre ?
Au contraire, à part le GoldenCoast et YardLand, il n’y a pas énormément de festivals avec une programmation 100% rap. C’est à dire pas de marché acquis, pas de marché conquis. On a choisi le rap car c’est une industrie maintenant mainstream. C’est un style qui est passé de musique de quartier, à musique de niche pour devenir mainstream. En tant que fan de rap, tout avait du sens pour faire ce festival.
Pour se diversifier, nous avons décidé de proposer une expérience hip-hop immersive. Pas seulement de la musique, mais aussi des graffitis, des battles de rap. On a aussi essayé de toucher toutes les branches du rap, du gangsta rap de la Mano 1.9 à la jersey de Favé en passant par le rap conscient, plutôt old school de Souffrance. Le rap est pluriel, et c’est ce qu’on a voulu montrer.
3. Hypnotize, c’est un festival qui réunit des poids lourds de l’industrie, je pense à Booba, Vald, Leto, mais aussi des artistes plus émergents. C’est important pour toi de mettre en valeur des jeunes talents ?
Oui, c’est clair que c’est important de donner leur chance aux artistes qui ont peu d’espace, peu d’opportunités sur les scènes publiques. Cela est dû au fait que les chaînes généralistes ne diffusent que du mainstream. C’est essentiel de mettre en valeur des artistes émergents, locaux qui plus est. En France, il y a ce problème de revendication quand on vient de province. On avait à cœur d’effacer ça en mettant des artistes de Lyon, puis de Bordeaux sur la scène d’Hypnotize.
4.Un mot peut-être sur les débuts d’Hypnotize à Lyon, les 13 et 14 juin derniers, qu’est-ce que tu retiens de ces deux jours, de positifs mais aussi de détails à améliorer peut-être ? Et justement, quels sont les prochains objectifs pour les éditions futures ?
La première chose qu’on retient, c’est déjà notre scénographie qui était je trouve impressionnante. On a su donner une véritable identité au festival, avec de la danse et des battles de rap, ce qui est assez novateur. C’était vraiment un cadeau qu’on voulait offrir aux spectateurs, qui sont là avant tout pour s’amuser. L’artiste secret (Youssoupha NdA), poursuivait ce même objectif, garder cet esprit de célébration.
Pour Bordeaux, j’espère déjà que ce sera aussi bien qu’à Lyon. Cette fois, on vient avec des images, de l’énergie, quelque chose de plus réel. Pour le développement du festival, on est en train de réfléchir, il y a beaucoup d’envies notamment des artistes internationaux, qui coûtent plus cher forcément. Pour ce qui est du lieu, on repart sur Lyon et Bordeaux l’année prochaine. Quand on aura un format stable et viable, on a prévu de bouger, mais pas forcément l’année prochaine. On avance tranquillement.
5. Pour finir, tu as l’habitude de côtoyer le monde du rap et de la culture urbaine avec ce festival, quelle est ton regard sur le rap d’aujourd’hui ? En termes de diversité, et surtout d’avenir, puisque c’est une question qui commence à se poser de plus en plus.
La culture rap n’a jamais été aussi riche, c’est exceptionnel. On a de la chance d’avoir une scène plurielle, qui performe à tous les niveaux. Mais c’est aussi dur car très peu d’artistes réussissent à en vivre. Je pense qu’il manque de programmation d’artistes moins mainstream et c’est dommage. On ne profite pas de cette richesse pour programmer une variété plus grande d’artistes, on en devient matrixé par le mainstream. Aujourd’hui, défendre une pluralité c’est ce qui est intéressant, si c’est toujours la même chose on s’ennuie.







