La pop internationale n’en finit plus de nous fournir de nouveaux talents. aficia zoome sur Slayyter, Audrey Hobert, Adéla & Alyssa Grace.
Désuète dans les années 2010 au profit du rap, la pop (surtout féminine) regagne ses lettres de noblesse depuis le début des années 2020. De retour dans le haut des classements internationaux avec Sabrina Carpenter ou encore Chappell Roan, leurs cadettes n’hésitent plus et performent à leur tour sur les marchés principaux. De plus, ces places tant convoitées ne sont plus que réservées aux artistes nord-américaines.
Slayyyter
Slayyyter est une artiste américaine qui a quelques projets à son actif. En effet, elle a déjà sorti 3 albums avant cette année. Elle propose une pop riche, parfois trash et border. Très produit, son son tend vers l’hyper pop, voire l’électro. Mais elle ne s’interdit pas de dériver vers d’autres styles pour proposer une pop hybride, complète et sophistiquée. Slayyyter a fait parler d’elle cette année avec la sortie d’un 4ème album nommé WOR$T GIRL IN AMERICA. Cet opus intègre le suffocant morceau “DANCE…”, une prouesse de presque 5 minutes. Addictif, le morceau intègre le top 100 britannique.
L’artiste vient de sortir un titre inédit, “brand new chanel$”. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs titres pop de l’année. Démarrant tranquillement sur une guitare et cette voix vocodée au loin qui rappelle Charli XCX, il explose sur des refrains presque rock. Nous retenons notre souffle tout du long, tant la production à la fois sombre et lumineuse nous prend aux tripes. Là aussi, le morceau se classe dans le top 100 aux Etats-Unis et Royaume-Uni dès sa sortie il y a 2 semaines.
Découvrez “brand new chanel$” de Slayyyter :
Audrey Hobert
Passons maintenant à un autre courant pop avec Audrey Hobert. L’artiste prône le naturel, aussi bien dans ses visuels que dans ses chansons. Elle tend vers un style plus traditionnel et organique, sans artifice et avec une pointe d’humour. C’est avec beaucoup de spontanéité qu’écrit l’artiste américaine. Nous sentons une vérité et une sincérité dans sa démarche. Elle a fait ses armes en temps que réalisatrice de programmes pour enfants avant de rencontrer Gracie Abrams. Elles vont travailler ensemble, autant dans l’écriture que dans la réalisation des clips de cette dernière.
C’est avec le brillant “Sue Me” que l’artiste accède aux playlists, bien aidée par une petite viralité sur les réseaux sociaux et un bouche à oreille efficace. Bien que sorti en 2025 sur son premier album Who’s The Clown ?, ce morceau est ce qu’on appelle un sleeper-hit. C’est un morceau qui fonctionne depuis sa sortie, avec une belle régularité mais qui n’atteint pas le haut des classements. Cette injustice est rattrapée cet été, malgré déjà 100 millions de streams. En effet, “Sue Me” se classe cette semaine #29 au Royaume-Uni et #92 aux Etats-Unis (meilleur classement dans les deux cas).
Découvrez “Sue Me” de Audrey Hobert :
ADELA
Revenons vers une pop plus brutale, plus explosive et plus dansante avec ADELA. Cette fois, ce n’est pas une américaine mais une slovaque. L’artiste émerge en 2024 avec un premier EP nommé The Provocateur (2025). Sa carrière aurait pu prendre un tout autre tournant puisqu’elle participe au programme Dream Academy, qui vise à créer le groupe Katseye. Elle n’est pas retenu et c’est finalement un mal pour un bien. N’ayant pas sa langue dans sa poche, elle prône une libération de la parole sur le sort des femmes dans l’industrie musicale et un féminisme affirmée.
ADELA a sorti il y a quelques semaines le morceau “Ain’t In LA”, qui a fait des vagues immédiatement. Dans ce titre, elle y conte son histoire et prouve qu’il n’est pas nécessaire de venir de LA pour faire de la pop. La production du titre est d’une réussite folle. Elle s’inspire de la pop des années 2010 avec ces voix masculines en fond, présentes dans toutes les hymnes de l’époque (“We Can’t Stop” – Miley Cyrus / “Dark Horse” – Katy Perry). Le résultat est addictif et efficacement brouillon. ADELA ne se vante pas de jouer dans la perfection et ça marche. Elle annonce un 1er album nommé PRIMA à paraître le 4 septembre. “Ain’t In LA” est déjà classé #84 aux USA et #32 au Royaume-Uni. Le titre est également #45 des titres les plus streamés sur Spotify, bien aidé par un succès dans les pays d’Europe centrale.
Découvrez “Ain’t In LA” d’ADELA :
Alyssa Grace
Terminons avec la douceur d’Alyssa Grace et son grain de voix saccadé. Ici, l’artiste a fait ses armes sur Instagram et TikTok avec sa musique pop-folk épurée et touchante. Après moultes teasing, la chanteuse américaine publie enfin le morceau “bloodstream”.Il s’agit seulement de son 3ème morceau mais la communauté derrière elle est déjà conséquente. Le titre est inspiré d’une conversation avec sa mère à propos d’une relation toxique dans laquelle Alyssa Grace est empêtrée. Doté d’une instru minimaliste à la guitare, l’oreille se concentre sur le texte. A mesure que celui-ci se dévoile, l’instru augmente et devient de plus en plus riche avant l’explosion finale. L’émotion passe aussi dans la voix fragile de l’artiste.
Tous les ingrédients sont réunis pour un succès qui se traduit depuis quelques semaines dans les classements : #18 au Royaume-Uni et #59 aux Etats-Unis. Actuellement sur la pente descendante, il avait intégré il y a quelques semaines le top 50 des titres les plus streamés sur Spotify. Il est encore très bien placé dans tout le nord de l’Europe avec un #10 en Norvège. Cette performance a conduit à la sortie le 24 juillet d’un premier EP nommé spilling my guts.
Découvrez “bloodstream” d’Alyssa Grace :


