The Geek x VRV - © A Combes
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The Geek x VRV en interview : “On veut faire de la musique qui nous plait et pour s’amuser”

À l’occasion de la sortie de son premier album Time Machine, The Geek x VRV est venu nous parler musique, musique et encore musique ! Une interview à lire sur aficia.

On dit de The Geek x VRV qu’ils sont les fers de lance de la scène hip-hop instrumentale française, qu’ils représentent merveilleusement bien cette scène à travers le monde. Depuis leur hit “It’s Because”, sorti en 2013, la musique d’Axel et Vincent a beaucoup évolué. En résulte Time Machine, un premier album pas comme les autres. Un album concept garni de belles collaborations qui vient tout juste de paraître, dont ils sont venus nous parler sur aficia.

The Geek x VRV : l’interview…

J’ai beaucoup aimé le communiqué de presse présentant votre album. Pouvez vous me raconter en quelques phrases Time Machine ?

Vincent : Cet album a été un long processus de réflexion. On est arrivé à la fin avec une centaine de démos en tout genres, que ce soit funk, disco… pour essayer de rassembler un peu de tout sur cet album, tout en restant cohérent sur cette vision d’ensemble.

Axel : De base, on avait fini un morceau. Il me rappelait vachement le film ‘Retour vers le futur’. En regardant à nouveau le film, cela a engagé les prémices de l’album, genre en “Back in The Time”. D’où cette traversée de toutes les époques dans l’album.

Je trouve qu’il y a un aspect très mature à ce projet, mais aussi enfantin à travers le goût du voyage. C’est aussi une sorte d’aventure ?

On voulait une chanson et une date précise à chaque fois.

Axel

Axel : C’est exactement ça ! L’album est mature dans le sens où musicalement parlant on était prêt à faire un album, et enfantin, oui, dans le sens où c’est toujours de l’amusement ce qu’on fait !

Vincent : Oui pareil c’est un peu la nostalgie de ces films des années 90, comme ‘Retour dans le futur’ ou ‘Jurassic Park’. Ce passage de l’ère 90 à l’air moderne, j’ai toujours apprécié ça, donc oui, on a toujours gardé cette âme d’enfant. Et puis on a toujours aimé cet univers un peu rétro, de retour dans le temps. Même chose dans le rétro gaming que l’on retrouve. Ça m’a toujours parlé en fait !

Comment est née cette idée de faire le rapprochement entre une chanson et un lien historique ? Il faut quand même avoir une sacrée réflexion autour d’un tel projet ?

Axel : On a bien tourné autour de la question pour savoir vers quoi on partait. Et encore une fois, la référence vient de ‘Back In The Future’. Quand les héros vont dans le futur, ils mettent une date précise, et il faut que la voiture ait une certaine vitesse pour pouvoir y aller. À chaque fois, ils vont à une date précise et c’est exactement ce qu’on voulait faire. On voulait une chanson et une date précise à chaque fois qui se rapporte au titre de la chanson. Par exemple, la dernière chanson qui est sorti “Roller disco 1980”, c’est la mort du disco.

Vincent : Tout l’enjeu était de trouver des dates qui soient cohérentes et qui collent aux univers musicaux. On s’est bien creusé les dates. On espère que les fans trouveront !

Vous avez toujours eu un penchant pour l’Histoire avec un H majuscule ?

Axel : Davantage cinéphile je dirais. J’aime beaucoup l’Histoire aussi !

Vincent : Oui, pareil. 

Découvrez la collaboration entre The Geek x VRV, Møme & M.I.L.K :

Peut-on parler d’un album concept ? 

Axel : Complètement conceptuel ! Perso, je n’ai jamais vu un album qui retrace les histoires avec des dates précises.  

Vincent : On est les premiers sur ce concept là. On a eu du mal à trouver l’idée générale. On ne voulait pas faire des morceaux pour faire des morceaux et en sortir 12 d’un coup. Les albums concepts se font de plus en plus mais je pense qu’on est dans la tendance.

En cela, y a t-il une façon de vouloir se différencier ?

On fait un truc et puis un mois plus tard on se rend compte que ce n’était pas une bonne idée.

Vincent

Vincent : On espère quand même. Mais quand on regarde Molécule qui sort un album concept avec des enregistrements bien précis… (son deuxième album -22,7° a été enregistré au Groenland). Même Thylacine fait des morceaux bien précis sur des environnements… J’ai toujours aimé ce genre de choses. Je trouve ça cool d’avoir pu mener à bien notre projet qui ressemble à l’idée que nous avions de base.

Vous avez des artistes en tête qui feraient de près ou de loin ce que vous faites ?

Axel : Il y en a pas mal. Il y a Gramatik en premier et puis tout ceux qui figurent sur l’album comme Fakear, Møme, The Color Grey et Pomrad. 

Vincent : Je rajouterais peut-être CloZee aussi, qui n’est plus forcément dans la même branche maintenant mais qu’on connaît depuis le début. Après notre style est hyper large en soit. Cela peut aussi s’apparenter à du beatmaking. Mais celui qui s’y rapproche le plus dans la scène électro moderne est vraiment Gramatik pour nos influences électro.

Si je vous parle de Bon Entendeur, l’assimilez-vous au même registre que le vôtre ?

Vincent : Je dirais que c’est encore autre chose. Comment dire ? Selon moi, ce qu’ils font se rapprochent davantage à ce que peut faire The Avener, une pop électro française assez accessible, ce qu’on évite à tout prix puisqu’on s’est beaucoup inspiré d’américains dans notre façon de faire. On recherche plus l’électro-hip-hop nous, tu vois ? En fait, je mettrais plus Bon Entendeur dans la case de Petit Biscuit à la limite que dans la nôtre. Je dis ça mais tout se rejoint au final. 

Axel : Ça se rapprocherait que de “Sunset Lover” alors parce que les derniers sons de Petit Biscuit sont canons quand même ! Il a sacrément évolué ! C’est assez bluffant ! Il est fort…

De quels titres vous êtes le plus fiers au sein de cet album ?

Axel : Moi mes deux préférés sont “Get Fucky 1933” et “Time Machine 1985”.

Vincent : Je dirais “Cloud Nine 2000” et “Get Fucky 1933” aussi. Cela a été les premiers qu’on a fait, mais ils ne sont pas sortis en tant que singles. Globalement, on est content de chaque morceaux. C’est aussi pour ça que cela a pris pas mal de temps. On voulait vraiment être sûr de chaque morceau. Car parfois, on fait un truc et puis un mois plus tard on se rend compte que ce n’était pas une bonne idée. Et ça part à la poubelle ! Ça nous ait arrivé plus d’une fois ! (Rires)

Découvrez “Get Fucky 1933” de The Geek x VRV :

Hormis le fait que ce soit un album concept, c’est aussi un album de collaborations, d’amis je dirais même ?

Axel : Complètement, car tous les gens qui sont sur cet album on les connaît tous, sauf Pomrad. 

On veut faire de la musique qui nous plait et pour s’amuser.

Vincent

Vincent : On les connaît tous personnellement oui. C’est un peu bête ce que je vais dire là, mais quand on voit Sting en collaboration avec Gims, ce sont des choses qui n’ont pas lieu d’être. On ne voulait pas collaborer avec des gens qui, malgré qu’ils soient d’apparence sympathiques, qu’on ne connaisse pas ou qu’on n’a pas forcément d’affinités.

Vous êtes un binôme qui existe depuis quelques années maintenant mais le grand public ne vous connaît pas forcément. Qu’est-ce qu’il vous manque aujourd’hui pour exploser ?

Axel  : Un passage à la radio ? (Rires) 

Vincent : Je pense que c’est peut-être le truc qui nous manque. Ce n’est pas forcément un but en soit d’exploser. On a la chance d’avoir un public qui se déplace à nos concerts, un public fidèle, un public assez âgé. On n’a pas à se plaindre, du moins pour l’instant. Ce n’est pas l’objectif principal.

Quel serait le but de cet album alors ?

Axel : Pouvoir le défendre le plus possible.

Vincent : Bien sûr que le but est de toucher un maximum de monde. Plus on aura de public et plus on sera content tout en restant fidèle à notre ligne directrice et à ce qu’on est, même si parfois c’est compliqué. On n’a bien changé par rapport à ce qu’on faisait au début. On veut faire de la musique qui nous plait et pour s’amuser. Ça, c’est notre idée principale !

aficia est précurseur de nouveaux talents. Avez-vous un talent à faire découvrir nos lecteurs ?

Axel : J’aime vraiment beaucoup beaucoup ! Je ne sais pas comment ça se prononce, mais c’est Dju Dju.  

VIncent : Moi j’ai envie de te donner le nom de CloZee. Elle marche très bien aux États-Unis, mais elle n’a jamais eu la reconnaissance en France. Elle s’est donnée beaucoup de mal pour marcher là-bas. Je trouve ça dommage qu’elle soit pas écoutée ici. 

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