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Kungs - © Romain Staros

Kungs en interview : « La carrière de David Guetta est un exemple pour moi »

À l’occasion de la sortie de son premier album Layers, lequel renferme d’ores et déjà une panoplie de tubes, Kungs a accepté de répondre à nos questions. Entrez dans l’univers de ce jeune DJ avec aficia !

À bientôt 20 ans, ce jeune DJ originaire de Toulon est celui qui a signé deux des plus gros tubes en France cette année avec ses titres « This Girl » et « Don’t You Know ». Kungs est même bien parti pour s’imposer désormais avec son nouveau single « I Feel So Bad », publié à l’occasion de la sortie d’un premier album particulièrement attendu. Baptisé Layers, ce disque imprime véritablement une patte singulière, au sujet de laquelle le principal intéressé s’exprime avec beaucoup spontanéité, tout en évoquant ses envies et ses projets.

Le dramaturge Corneille a dit qu’aux âmes bien nées, le talent n’attend point le nombre des années. Tu te considères comme une nouvelle illustration de cette formule ?

Je pense en effet que le talent et l’âge sont deux variables qui n’ont aucune corrélation. (Sourire) C’est surtout la volonté qu’on met dans un projet qui fait qu’on devient talentueux. C’est vrai que certaines personnes ont peut-être plus de facilités que d’autres à assimiler des techniques, mais le talent est dans chacun d’entre nous. Il faut juste le découvrir et le travailler.

Quand et dans quelles conditions as-tu commencé à créer de la musique ?

Il y a à peu près trois ou quatre ans, quand cette mode de la melodic house a explosé avec des artistes comme Klingande, Bakermat ou un peu plus tard avec Kygo. J’écoutais beaucoup de chaînes YouTube comme celle de La Belle Musique. Un jour je me suis dit : « Allez, j’aime ça, j’ai le sens du rythme, je vais m’y mettre moi aussi ! ». J’ai fait l’acquisition du logiciel Ableton et j’ai ainsi pu commencé à découvrir ce qui c’est rapidement révélé être un très bon outil. Après plusieurs mois de bidouillages, j’ai commencé à comprendre le fonctionnement de ce logiciel et à retranscrire sur mon ordinateur les sons que j’imaginais.

C’est à partir de là que tu as commencé à travailler sur tes premiers remixes…

Je dirais qu’il y a eu plusieurs étapes, des remixes non-officiels, suivis de remixes officiels, puis des collaborations avec notamment Mozambo pour aboutir ensuite sur des titres originaux comme « Don’t You Know ». Et puis ce premier album ! (Sourire)

Déjà deux tubes à ton actif. Ne crains-tu pas que le succès ne s’estompe aussi vite qu’il est arrivé ?

Bien-sûr, de nos jours le succès peut arriver très vite tout comme il peut redescendre très vite aussi ! La meilleure façon de gérer ce succès, enfin la mienne… c’est de bien s’entourer. Il est important d’avoir des gens de confiance sur qui on peut s’appuyer !

« Je ne cherche pas à faire de la musique qui plait aux gens »

Comment as-tu géré ce succès justement, pendant que tu terminais ton premier album ? Autrement dit, a-t-il influencé ta manière de composer ?

Non, le succès n’a absolument pas influencé ma manière de composer. J’ai avant tout voulu faire un album qui me ressemble et qui me plaît. Je ne cherche pas à faire de la musique qui plait aux gens. Mais si c’est le cas, c’est évidemment encore mieux.

D’emblée, tu as imposé une touche ‘Kungs’ très singulière. À chaque fois que l’on écoute l’un de tes morceaux, on reconnaît ta patte. Qu’est-ce qui d’après toi te singularise ?

Je dirais tout d’abord les cuivres, qu’ils soient uptempo comme sur « This Girl », « I Feel So Bad » et « Don’t You Know », ou plus downtempo, comme sur le morceau « You Remain ». Il y a aussi ces voix soul et groovy, les kicks et les claps que j’utilise dans la plupart de mes productions.

Pour ce premier disque, tu n’es pas allé frapper à la porte de talents populaires. Pourquoi ne pas avoir courtisé des stars de la chanson comme le font de nombreux DJ ?

J’ai eu la chance de collaborer avec mon idole Luke Pritchard, du groupe The Kooks, sur le morceau « Melody ». Mais pour le reste des titres, je dirais simplement que chaque chose en son temps. C’est vrai, j’ai encore tout à prouver. Je préférais garder des gros featurings pour plus tard. De plus, j’aime l’idée de donner la chance de faire un featuring sur un de mes titres à des chanteurs peu connus ! Je n’oublie pas d’ou je viens et si à l’époque Cookin’ On 3 Burners avait refusé de sortir cette version de « This Girl », je ne serais pas là ou je suis aujourd’hui. C’était donc à mon tour de donner ce genre d’opportunités à des artistes très talentueux mais avec moins de notoriété.

Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression que la nouvelle vague de DJ émergents cherche au contraire à nous faire découvrir de nouvelles voix. C’est le cas de Jonas Blue par exemple, The Chainsmokers, Feder… Comment l’expliques-tu ?

Aujourd’hui, je pense qu’on cherche avant tout une voix qui colle parfaitement à un morceau et pas juste une star. Grâce à YouTube et aux réseaux sociaux, on tombe parfois sur des covers incroyables qui donnent envie d’entendre la voix d’un artiste sur une composition qui nous appartient. Les auditeurs attachent, je pense, de moins en moins d’importance aux noms des artistes mais de plus en plus d’importance au contraire à la qualité de ce qu’ils entendent.

Kungs - DR
Kungs – DR

Comment gères-tu la notoriété, ton nouveau rythme de vie qui t’impose d’aller te produire aux quatre coins du monde ?

Plutôt bien je pense ! (Sourire) C’est très fatiguant, c’est vrai, mais j’ai toujours le même plaisir à jouer un set, même après avoir passé plusieurs nuits de seulement quelques heures de sommeil. Je suis jeune après tout, alors autant en profiter, tu ne crois pas !

Quels sont les inconvénients inhérents à cette soudaine célébrité ?

Le peu de jours off à la maison, et peut-être aussi quelques ragots quand je rentre chez moi, même si j’y attache vraiment peu d’importance.

On t’a vu à plusieurs reprises en studio avec David Guetta. Qu’est-ce cela signifie ? Une collaboration en vue ?

Désolé de te décevoir, mais non, pas de collaboration prévue pour le moment. David et moi on s’apprécie bien et on voulait juste se poser en studio pour échanger des idées et se connaître un peu mieux musicalement. Je respecte beaucoup son travail et la personne qu’il est, donc c’est toujours un plus d’apprendre aux côtés d’artistes aux carrières aussi impressionnantes que la sienne. Mais l’idée d’une future collaboration est loin d’être inenvisageable !

« J’aime beaucoup DJ Snake »

Être sollicité par l’un des plus grands alors qu’on n’a seulement 19 ans, ça veut dire quoi pour toi ?

Ça fait déjà extrêmement plaisir ! Le fait qu’il m’ait invité à plusieurs reprises à jouer avec lui à Ibiza cet été, c’est vraiment sympa de sa part. Encore une fois, la carrière de David Guetta est un exemple pour moi, donc savoir que quelqu’un comme lui aime ce que je fais, ce n’est que du bonheur !

Pour continuer sur la lancée de tes collaborations, avec quels autres artistes tu aimerais travailler ensuite ?

J’aimerais beaucoup travailler avec Aloe Blacc. Sa voix colle parfaitement à mon univers… Après comme tu as pu le voir dans mon album, je ne suis pas resté focalisé uniquement sur des voix groovy et soul. Donc l’éventail d’artistes avec lesquels j’aimerais collaborer est large.

Quels sont les autres Frenchies pour qui tu as de l’affection ?

J’aime beaucoup DJ Snake, son dernier album est juste super et son parcours atypique est hyper intéressant.

Enfin, quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui, comme toi, sont passionnés et veulent se lancer dans l’électro ?

De bien s’entourer ! De ne jamais abandonner, de travailler dur, de récupérer le plus d’avis possible sur sa musique, qu’ils soient positifs ou négatifs. C’est justement ça qui fait avancer et pousse à élever la qualité des productions.

Quelle est la question à laquelle tu n’as pas encore eu à répondre et que tu aurais aimé qu’on te pose ?

Celle-ci ! (Sourire)