crédits : Paul Bourdrel

Aux Nuits de Fourvière, les étoiles s’appellent Georgio et Isha & Limsa

Pour l’une des dernières soirées des Nuits de Fourvière à Lyon, Isha & Limsa puis Georgio ont galvanisé le public. Retour sur une soirée où la chaleur est venue de la musique.

« Pour moi la musique c’est du partage », lançait Georgio en ouverture de son concert aux Nuits de Fourvière ce mercredi 22 juillet. Le rappeur du 18ème ne s’y est pas trompé, l’une des dernières soirées du festival a tenu toutes ses promesses. Si la chaleur était moindre par rapport à la Nuit du Hip-Hop, il y a quelques semaines, les spectateurs, venus en nombre dans le Grand-Théâtre Gallo Romain a réchauffé l’atmosphère. Ce mercredi, pas de première partie mais bien une scène partagée équitablement entre Isha & Limsa, et Georgio.

Isha & Limsa, un même message, deux façons de l’exprimer

C’est le duo franco-belge qui a ouvert le bal alors que le soleil pointait encore le bout de son nez. A leur arrivée planait déjà une envie de conquérir le public lyonnais, eux qui s’étaient déjà produits au Transbordeur en avril. Une tendance que Limsa d’Aulnay a rapidement confirmée : « je me sens comme un gladiateur ce soir » entonnait-il, survolté. Si son comparse du soir était moins exalté, il laissait tout de même transparaître cette joie d’être sur scène. C’est cette complémentarité qui fait le succès du duo dans leurs deux projets en commun, les volumes 1 et 2 de Bitume Caviar. Une volonté similaire de retranscrire le quotidien de la rue, à travers l’humour pour Limsa et l’intime pour Isha, sous couvert d’un rap toujours plus technique.

Et le public a suivi le pas, rythmé par les « give it to me » incessants de Limsa d’Aulnay, dont il a fait son gimmick. Entrés sur scène avec leur titre Berlingo, les deux artistes ont déroulé toute leur discographie commune, de « Jimmy Fallon » à « Abd al Malik et Wallen » en passant par « Plan A ». L’occasion était trop belle pour ne pas interpréter un de leurs titres solos, « 4 décembre » pour Limsa, puis Isha a déroulé son flow sur « Drôle d’Oiseau ». Un retour à l’intime qui a ramené un peu de fraicheur sur le public. Pour leur baroud d’honneur, le duo a déjoué les pronostics en rappant leur premier duo, « Starting Block », sorti en 2020. La boucle est désormais bouclée.

Georgio, jusque dans les tripes

Après une heure de rap conscient, place à l’émotion. Laquelle ? Impossible de le savoir vraiment. Une scénographie calquée sur la direction artistique de son dernier album, Gloria, un guitariste / pianiste, et un batteur, Georgio a fait la pluie et le beau temps en deuxième partie de soirée. Il l’a prévenu, « on est venus pour foutre de le feu ». Le rappeur de 33 ans a été à la hauteur de ses ambitions. Venu remplacer Kery James, prévu initialement à l’affiche, Georgio a vite fait oublier son rôle de supersub. « Tacle dans la surface je mets mon penalty », a-t-il d’ailleurs chanté sur scène. Electrisé, c’est le mot. Sa discographie intimiste, il en a fait un concert de rock.

Proche de son public jusqu’à fendre la foule pour monter dans les gradins, le rappeur a littéralement conquis les spectateurs qui ne voulaient pas voir cette performance hors norme s’arrêter. « Héra », « Diamant V2 », « Hatem » et bien entendu « Concept Flou », tous les tubes de l’artiste ont participé à cette grande communion musicale. Galvanisé, Georgio s’est même permis de dévoiler un freestyle tiré des textes de son téléphone… jusqu’à la grande éruption. Guitare, batterie, tous les instruments étaient accordés pour faire du titre « 7 fois » un spectacle rock’n’rollesque où « sobriété » n’était plus un mot du dictionnaire. Comme hypnotisé, le public s’est lâché jusqu’à lancer les coussins du festival sur scène. C’est donc couvert de coussins à défaut de fleurs que le rappeur du 18ème a rendu le micro. La nuit était tombée, mais ce mercredi soir, l’étoile du Berger s’appelait Georgio.

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