Titouan Demereau _ interview aficia
Titouan Demereau _ interview aficia

Titouan Demereau, co-directeur et D.A. du festival Boire la Tasse en interview Flash : “On assume aussi d’être un vrai festival d’émergence”

C’est une 3ème édition qui se dessine pour le festival Boire la Tasse qui aura lieu le 6 & 7 septembre à l’Ile de Ré. Rencontre avec Titouan Demereau, co-directeur et D.A. du festival pour en savoir plus sur les coulisses d’un événement porté par une programmation émergente ! 

Les festivals de l’été se profilent même au-delà d’août. Notre cœur s’est porté sur un festival loin des grandes villes, dans un petit coin de paradis : l’Ile de Ré. De la musique émergente électro et acoustique, entouré d’amis et de sa famille, le tout avec un cadre apaisant. Voici la recette magique pour commencer septembre sous les meilleurs auspices. Le festival Boire la Tasse à des promesses qu’il compte bien tenir cette année de plus. Nous sommes partis à la rencontre de son co-fondateur et directeur artistique Titouan Demereau pour en apprendre plus sur cet événement dont le slogan, le nom, la programmation et les enjeux ont attisé notre curiosité ! 

L’interview Flash avec Titouan Demereau : 

1/ Le nom « Boire la Tasse » est assez intriguant. Comment l’avez-vous choisi, et qu’est-ce qu’il raconte sur votre festival ?

Le festival a été porté à l’origine par l’association Café Noir, maison de production indépendante et associative créée à la Rochelle dans les années 90 et reprise depuis 2015 par notre équipe. On a toujours essayé de faire des jeux de mots avec nos événements ou concepts développés. L’expression “Boire la tasse” incarne ce clin d’œil avec le lien fort qu’a le festival avec la mer (on s’est battus pour avoir un site proche de la mer (rires). C’est aussi en lien avec l’expression « boire la tasse » qui résonne bien avec l’esprit d’inattendu, de surprise de découverte et de fraîcheur de notre festival. 

“On cherche à créer une véritable ambiance de festival sur un modèle à l’anglaise”

Titouan Demereau

2/ La programmation est très axée sur l’indie et les nouveaux talents (Miel de Montagne, Trente, Hippocampe Fou, Le Biscuit…). Comment choisissez-vous les artistes ? Est-ce un challenge d’année en année de retrouver la confiance des festivaliers pour leur faire découvrir les artistes de demain ?

La programmation que je gère ou propose aux équipes est avant tout le fruit d’une recherche active en live avec des projets qui mêlent électronique et acoustique qui nous touchent avec Manon Fabre la co-directrice du festival, mais aussi avec un côté transgénérationnel. L’idée c’est qu’un jeune de 18 ans puisse apprécier autant que sa mère voire ses grands parents sans pour autant faire de concession sur la qualité de l’artiste. 

On cherche à fédérer au maximum avec nos 2/3 têtes d’affiches (Miel de Montagne, Jabberwocky, Pat Kalla etc.) mais on assume aussi d’être un vrai festival d’émergence et de découvertes avec des artistes comme Bonne Nuit ou Juliette Magnevasoa. Le challenge reste intact chaque année pour maintenir cet équilibre entre remplissage du festival et découverte d’artistes.

3/ On sait que le festival est engagé pour l’environnement et l’équité. Comment cela se voit-il concrètement quand on est sur place ?

C’est clairement l’ADN à l’origine du festival avec une vision sociale de manière générale qui s’inscrit dans 3 aspects concrets qui restent perfectibles d’année en année : 

Accessibilité : Tarifs réduits pour les locaux / étudiants / minima sociaux, prix bas des places (23€ le week-end en tarif late), accessibilité générale des consommations sur place, journée intégralement gratuite le dimanche.

Équité : On essaye d’avoir une programmation équilibrée, mais aussi en interne dans le staff plus de la moitié des directeurs de pôles sont des femmes, on a des assos LGBTQIA+ sur place et on favorise des artistes ayant un discours engagé sur ces questions. Mais pour être honnêtes, on aimerait aller beaucoup plus loin et pousser beaucoup plus l’engagement l’année prochaine dans la programmation qui n’est pas encore assez féminine à notre goût.

Écologie : Notre événement est une éco-manifestation avec un maximum de récup et de recyclage sur place (on utilise par exemple des voiles et autres matériaux de récupération pour la scénographie), toilettes sèches, tri sélectif, vaisselle réutilisable, priorité à un compteur électrique plutôt qu’à des groupes électrogènes, incitation à la mobilité douce en partenariat avec les moyens de transport mis en place par la communauté de communes de l’île de Ré. On envisage aussi d’organiser des nettoyages de plage et on est partenaire de l’association de protection des littoraux @surfridersfondation.

L’idée c’est qu’un jeune de 18 ans puisse apprécier autant que sa mère voire ses grands parents sans pour autant faire de concession sur la qualité de l’artiste.”

Titouan Demereau

4/ Après deux ans d’open-airs gratuits, vous visez maintenant un festival à part entière. Quels sont vos projets pour l’avenir, et comment comptez-vous les réaliser ?

On a vraiment l’envie d’implanter un beau festival de rentrée qui fasse le pont entre la pleine saison avec déjà des événements-clés comme les Francofolies et la basse saison où on peine à voir émerger des événements importants en musique qui dynamisent le territoire à une période où la majorité du public est local. 

Les projets pour l’avenir sont de consolider le festival, et sans doute de grossir mais à une allure soutenable pour une structure comme la nôtre, en gardant l’esprit à « taille humaine » avec une jauge entre 1 500 et 3 000 personnes par jour. On aimerait aussi pousser l’engagement du festival à l’année avec d’autres événements et collaborer avec les autres acteurs culturels du territoire : Les Francofolies, La Sirène, etc. 

5/ Votre slogan « Là où la musique déferle et les souvenirs s’échouent » donne le ton. Quelle ambiance unique souhaitez-vous créer pour les festivaliers à Sablanceaux/Ile de Ré ?

On cherche à créer une véritable ambiance de festival sur un modèle à l’anglaise à savoir : un festival avec de la diversité et de l’inclusivité où on peut découvrir des artistes et des récits alternatifs et engagés tout en faisant des rencontres au sein d’un village qui, le temps d’un week-end, créée un endroit de fête libérée et joyeuse. 

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