Rencontre avec Megan Moroney, le phénomène country-pop américain qui s’apprête à donner le coup d’envoi de sa plus grande tournée européenne à ce jour !
La prochaine superstar pop rock, c’est elle ! À seulement 28 ans, Megan Moroney remplit des arenas dans son pays natal : les États-Unis. Et après s’être emparée du pays de l’oncle Sam, la jeune auteure-compositrice originaire de Géorgie compte bien mettre l’Europe dans sa poche avec sa country-pop sucrée et sensible. En prélude de son premier concert parisien au Trianon le 21 septembre prochain, l’interprète de “6 Months Later” nous a accordé sa première interview française.

Nombreuses sont les superstars country à avoir tenté de conquérir le monde ces dernières années (Maren Morris, Kelsea Ballerini…), avec plus ou moins de succès. 28 ans après Come On Over de Shania Twain (accessoirement l’album féminin le plus vendu au monde) et 11 ans après le blockbuster pop 1989 de Taylor Swift, Megan Moroney est la nouvelle artiste country qui pourrait connaître le succès en Europe – un continent généralement frileux à ce genre musical, né dans le sud des États-Unis et très axé sur l’écriture. Prenez la voix éraillée de la première ainsi que la plume écorchée de la deuxième, auxquelles vous ajoutez des rythmes pop-rock entraînants et un look de cowgirl rose bonbon… Et vous obtenez Megan Moroney !
Après la sortie de son premier album Lucky en 2023, la jeune femme a enchaîné deux albums à succès qui ont fait d’elle la figure de proue de la country-pop : Am I Okay? ainsi que le tout dernier, Cloud 9, qui s’est écoulé à pas moins de 147 000 copies la première semaine (ce qui lui a donc valu son premier numéro 1 au palmarès américain). En plus de contenir le tube “6 Months Later”, l’album sorti en février 2026 comprend de prestigieuses collaborations avec Kacey Musgraves ainsi qu’avec Ed Sheeran. Connue pour son esthétique de “Emo Cowgirl” (soit la cowgirl émotive), Megan Moroney fusionne à merveille le flair et l’amour du visuel de la pop music avec les textes poignants de la country – au point où on lui pressent une nomination aux prochains Grammy Awards dans la catégorie Best New Artist. On est totalement tombés amoureux de sa personnalité pétillante ainsi que de ses chansons puissantes, et c’était une évidence qu’il fallait vous la faire découvrir à travers une interview.
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Rencontre avec Megan Moroney :
Salut Megan ! Est-ce que, pour commencer, tu pourrais te présenter à nos lecteurs qui te découvrent ?
Alors, je m’appelle Megan Moroney et je suis une auteure-compositrice-interprète de musique country. J’ai grandi en écoutant essentiellement de la country, car j’ai toujours adoré la sincérité des chansons. Et surtout, je partageais l’amour de la country avec mon père et mon frère, c’est d’ailleurs qui m’ont appris à jouer de la guitare. On écoutait tout le temps des artistes comme The Eagles, Gram Parsons, Kacey Musgraves, la liste est longue… Au début, c’était juste un passe-temps, je suis même partie à l’université de Géorgie pour étudier la comptabilité. À ce moment-là, je pensais que c’était ce que je ferais de ma vie. Et puis, j’ai commencé à me faire repérer, à obtenir des opportunités liées à la musique durant mes années à l’université, et une chose en a entraîné une autre jusqu’à mon emménagement à Nashville (la capitale de la musique country, NDLR) il y a six ans. Et nous voilà à l’heure actuelle, je suis en pleine tournée à guichets fermés aux États-Unis, et une tournée à l’étranger arrive à l’automne.
Tu te décris comme auteure-compositrice, et j’en déduis donc que tu attaches une importance particulière au texte. Comment tu décrirais ton rapport à l’écriture ?
En gros, je dirais que je me sers de l’écriture de chansons comme une forme de thérapie. À chaque fois qu’il m’arrive quelque chose qui me provoque une émotion forte, que ce soit de la joie ou de la tristesse, peu importe, je finis par me tourner vers l’écriture de chansons. Et j’adore ça, tu vois… Je trouve qu’il y a tellement de magie dans l’écriture de chansons. C’est vraiment une chance incroyable de pouvoir faire ça, ça me fait du bien, et ça fait également du bien à mes fans. Je me sens vraiment chanceuse à l’idée d’avoir un impact positif sur la vie des gens, en leur offrant une chanson qui les aide à se sentir moins seuls.
Ton troisième album est sorti en ce début d’année. Il s’intitule Cloud 9 et, dessus, tu renouvelles la collaboration avec ton producteur de toujours : Kristian Bush, du duo Sugarland. Comment évalues-tu ton évolution depuis le premier album, Lucky, qui est sorti il n’y a pas si longtemps que ça finalement ?
Je dirais qu’on a clairement exploré davantage de sonorités, et surtout on s’est plus rapprochés de la country pop. Il y a beaucoup de superpositions vocales (technique de production consistant à enregistrer plusieurs pistes de voix – telles des harmonies – puis à les superposer, NDLR), on était beaucoup plus studieux et geek en studio, c’est super cool. Et sinon, j’ai vraiment la sensation d’être devenue une meilleure auteure-compositrice, j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même.
On dirait également que les textes sont devenus plus positifs, et moins dramatiques et emo, est-ce que tu le ressens ainsi aussi ?
C’est clair, même s’il y a clairement quelques chansons tristes, quand même. Je pense notamment à “Wedding Dress”, mais elle ne compte pas vraiment car elle a été écrite à l’époque de Lucky… donc je suppose que ça se comprend. Mais les fans la voulaient, alors je l’ai un peu réécrite et incluse dans le dernier album.
Mais tu as raison car, même sur des chansons comme “Waiting On the Rain”, les paroles sont beaucoup moins accablantes parce que j’admets ma tristesse. Et surtout, il y a ce vers très encourageant qui dit « Life will just go on, ain’t the first time I’ve been wrong” (soit “La vie continuera, ce n’est pas la première fois que je me trompe”, NDLR). Donc je pense que j’ai clairement gagné en confiance pendant l’écriture de ce projet, ce qui fait que même durant mes échecs je me répète que ce n’est pas la fin et que tout ira bien. Je suis devenue mon meilleur soutien.
Tu parlais de la country pop, juste avant. Je me demandais si, à l’avenir, tu aimerais transitionner entièrement à la pop music ? Ou bien, est-ce que tu considères que tu seras pop toute ta vie ?
Tu sais, je ne réfléchis pas tant à l’avance que ça. J’écris toujours quand l’inspiration me vient, et par la suite, une fois en studio, on utilise les instruments qui mettent le mieux le texte en valeur. Ceci dit, je me vois tout à fait écrire des chansons pop, et si elles me parlent au point de les enregistrer par la suite, elles pourraient effectivement être produites dans un style plus pop. J’aime vraiment ne pas avoir à rester cantonnée à un genre précis, j’aime expérimenter. Mes paroles sont universelles et c’est l’ambiance ou la thématique de la chanson qui détermine le type d’accompagnement musical que vous entendrez. Donc si vous aimez vraiment la musique country, je vous conseillerais d’écouter “Beautiful Things” et “Cloud 9”, et si vous aimez la pop écoutez “Wish I Didn’t” ou “Sorry… I Meant Tonight”. Je pense qu’il y en a pour tous les goûts, dans ma discographie !

Tu es actuellement tournée aux États-Unis, ta quatrième en seulement trois ans. Comment ça se passe ?
Oh mon Dieu, j’adore ça ! C’est tellement fun. Même aux États-Unis, j’ai eu l’opportunité d’aller à des endroits où je ne m’étais encore jamais aventurée, d’explorer la ville et de rencontrer de nouvelles personnes. Je passe toujours de super bons moments, surtout quand on est en plein été et que je suis accompagnée de mes amis sur chaque date. J’ai une nouvelle chienne, aussi, que j’ai adoptée alors que je sortais tout juste mon album, et elle m’accompagne également en tournée. Je me sens vraiment chanceuse de vivre ce rêve.
Tu es très rapidement passée de petites tournées dans des théâtres intimistes à remplir des stades. Comment tu vis ce gros chamboulement dans ta vie, toi qui as enchaîné très vite les albums ?
C’est un peu le genre de situation où il me faut encore du temps pour réaliser. Par exemple, je viens de me produire lors de deux concerts à guichets fermés dans deux salles que j’avais l’habitude de fréquenter étant enfant. C’est incroyable mais j’ai encore besoin d’un peu de temps pour digérer tout ça. Je ne sais pas si j’ai complètement tout bien assimilé, pour l’instant. C’est époustouflant, mais je n’y suis toujours pas habituée, et ça me semble complètement fou. Mais je crois que c’est également dû au fait que je garde ma famille et mes amis, que j’avais connus avant la musique, près de moi. Ils m’aident vraiment à garder les pieds sur terre et m’aident à me sentir normale, même si tout ce que je fais n’a rien de normal.
Revenons à Cloud 9, maintenant. J’ai l’impression qu’il y a tout un concept autour de la couleur rose, de la même façon que le vert était associé à Lucky et le bleu à Am I Okay?…
Effectivement, j’associe une couleur à chaque album. Je crois que ça a commencé en studio, lorsque j’écrivais mes premières chansons, et que j’ai réalisé que je les associais à des couleurs. Sans raison, juste comme ça. Et, par la suite, j’ai réalisé en partant en tournée que c’était super cool d’associer des couleurs aux albums parce que les gens peuvent venir habillés dans cette couleur en particulier. Par exemple, en ce moment, la plupart des gens à mes concerts viennent en rose, mais quand je vois quelqu’un en vert, c’est comme s’il souhaitait me faire comprendre que son album préféré est Lucky. C’est le genre d’initiative qui crée un véritable sentiment d’appartenance au sein des fanbases, et je pense que je vais encore continuer un bon moment.
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Sur Cloud 9, il y a plusieurs collaborations prestigieuses – notamment une avec Ed Sheeran, sur le titre “I Only Miss You”. Comment vous êtes entrés en contact ?
En fait, Ed Sheeran s’est produit en fin d’année dernière au Bluebird Café (connu pour organiser des co-plateaux entre auteur-compositeurs) à Nashville, qui est une salle mythique. Il avait contacté mon équipe pour demander si je voulais jouer avec lui à cette occasion, mais au début j’ai cru que c’était une blague. J’ai carrément demandé à mon équipe de vérifier si c’était bien le vrai Ed Sheeran, car ça aurait pu être quelqu’un qui voulait m’assassiner. [rires] Et, en fin de compte, c’était bien lui ! J’ai pu le rencontrer et il m’a dit que ses enfants, sa femme et lui-même étaient de grands fans, qu’ils écoutaient ma musique tout le temps. On est restés en contact par mail, puis on a commencé à s’envoyer des chansons. J’ai dû lui en envoyer une bonne dizaine avant d’envoyer “I Only Miss You”, qu’il a adorée. Il a donc réécrit ses couplets, il a même interprété la chanson pendant sa tournée, puis il me l’a envoyée. C’était vraiment un rêve devenu réalité, parce que, évidemment, c’est Ed Sheeran.
Et un autre rêve devenu réalité pour toi, je crois qu’il s’agit de la collaboration avec Kacey Musgraves sur “Bells & Whistles”…
C’était vraiment l’une des premières fois de ma vie où j’ai versé des larmes de joie. Euh, je ne sais pas. Je savais qu’un duo avec Kacey sonnerait bien parce que j’ai passé de nombreuses années à chanter en harmonie avec elle quand je l’écoutais dans la voiture, mais le fait qu’elle prenne le temps de chanter sur l’une de mes chansons, c’était tout simplement incroyable. En fait, initialement, je lui avais simplement envoyé une chanson en lui demandant de faire les chœurs, parce que j’avais peur de trop lui en demander. Je lui ai juste dit que si elle souhaitait poser sur le refrain, ce serait génial. Et puis elle m’a renvoyé la chanson en disant qu’elle a tellement adoré la chanson qu’elle a fini par chanter sur le deuxième couplet, mais qu’il ne fallait pas que je me sente obligée de garder sa version. Ce à quoi j’ai répondu : ‘Tu plaisantes ? On va carrément la garder comme ça !”
Tu sais, on dit toujours qu’il ne faut pas rencontrer ses idoles, mais Kacey Musgraves a toujours été extrêmement gentille avec moi. Et j’ai du mal à croire qu’on ait une chanson ensemble parce c’est littéralement sa chanson “Merry Go Round” qui m’a donné l’envie d’écrire mes propres textes. Elle a eu un impact énorme sur ma vie, et c’est vraiment génial d’avoir une chanson avec elle.
Est-ce que vous vous êtes déjà rencontrées ?
Oh mon Dieu, elle est géniale ! On a partagé une loge aux Country Music Awards il y a quelques années, et j’étais littéralement en mode fangirl parce qu’on ne sait avec qui on va se retrouver qu’une fois qu’on est arrivés sur place. Je te laisse imaginer ma réaction en arrivant à la salle de spectacle, et en voyant un petit papier collé sur la porte de la loge, qui indiquait “Megan Moroney et Kacey Musgraves”. J’ai tout de suite appelé mes parents, et je leur ai dit : “Oh mon Dieu, vous n’allez pas le croire !”. Et quand elle est arrivée, elle était super sympa et a pris le temps de prendre des photos avec moi. C’est toujours un peu stressant, ce genre de cérémonies de remise de prix, alors je m’attendais vraiment à ce qu’elle en ait marre de moi parce que je parle beaucoup d’elle dans mes interviews et je reprends ses chansons depuis longtemps. Elle aurait donc très bien pu se dire “Encore cette fille bizarre, je n’ai pas de temps à lui consacrer”, mais elle a pris le temps de le faire alors je lui en suis éternellement reconnaissante.
Un autre highlight de ce projet, c’est incontestablement le deuxième single : “Beautiful Things”. Quelle est l’histoire de ce titre et quel message souhaitais-tu passer avec ce dernier ?
En fait, je l’ai écrit pour ma nièce qui a deux ans. Évidemment, elle n’a pas véritablement besoin de cette chanson, elle ne comprend pas encore sa signification. Mais quand elle est née, je me souviens l’avoir regardée et, je ne sais pas pourquoi, j’ai été prise d’une grande tristesse parce que je me disais “Elle est tellement parfaite et pure, mais un jour elle grandira et se rendra compte d’à quel point la vie peut être dure”. Et cela m’a rendue malade.
Du coup, j’ai voulu lui écrire une chanson afin que chaque fois qu’elle traverse une période difficile, elle garde en tête que le monde est plus dur avec les belles personnes, et que tout va bien se passer. C’est un peu comme ça que ça m’est venu, mais c’est vraiment génial de voir que mes fans s’y retrouvent, chacun à leur manière. Elle a dépassé ce pour quoi je l’avais écrite, et maintenant elle donne de l’espoir au monde. J’adore quand on la chante ensemble lors de la tournée. C’est un de mes moments favoris, à chaque concert.
D’ailleurs, est-ce que tu pourrais nous dire ce à quoi il faudrait s’attendre de ton concert à Paris, à la rentrée ?
Déjà, j’ai vraiment hâte car il s’agit de mon tout premier concert à Paris ! Vous pouvez vous attendre à ce que je sois encore plus en forme. Je vais sûrement être surexcitée, parce que j’ai toujours rêvé d’aller à Paris. Et je dirais juste que, si vous aimez les histoires et les paroles, le concert sera entièrement consacré à ça. On jouera un peu de tous les albums, alors vous ne pouvez pas louper ça !
Est-ce qu’il y a un titre en particulier que tu as hâte de chanter en live ?
Alors, je pense que “Am I Okay?” va être particulièrement sympa. C’est une chanson qui fait toujours sauter les gens, et même ceux qui ne connaissent pas les paroles les apprennent rapidement. Peut-être que j’aurai des fans inconditionnels à Paris, mais le concert plaira également à ceux qui me découvrent. C’est vraiment le genre de titre super facile à chanter en chœur, donc je pense que ce sera fort.
Découvrez le dernier album de Megan Moroney, Cloud 9 :
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