Faisons connaissance avec une artiste que vous aurez l’occasion de croiser très bientôt un peu partout. Elle s’appelle Kimia. On lui a posé 5 questions sur aficia.
KIMIA ne fait pas que de la musique : elle crée des expériences. Entre afro, électro et transe, l’artiste franco-congolaise transforme chaque morceau en montée d’énergie, chaque live en moment de lâcher-prise collectif. Née en banlieue parisienne et portée par une identité plurielle, elle s’impose aujourd’hui comme une voix singulière, à la fois brute, habitée et intensément vivante. Elle commence à faire parler d’elle, notamment sur scène. Elle était ainsi programmée ce week-end au Chorus Festival mais aussi aux Trans Musicales à l’automne dernier. Faisons connaissance avec cette artiste étonnante et explosive. 5 questions pour en savoir plus sur son univers. C’est notre format flash !
Kimia en interview Flash :
1 Est-ce facile de mélanger l’afro, l’électro et la transe quand tu es en studio, en train de concevoir tes morceaux ?
Ce n’est pas une question de facilité ou de difficulté, c’est assez naturel pour moi. Je ne me dis pas “je vais mélanger tel ou tel style”. Avec Noko, mon acolyte en studio et sur scène, qui compose la musique et moi j’écris, on part plutôt d’une sensation, d’un état, et les influences viennent naturellement.Tout est lié au rythme, au corps, à quelque chose de très instinctif. Ce qui m’intéresse, c’est le moment où la musique commence à nous dépasser, où elle agit presque sur le corps sans passer par le mental, où elle devient une expérience.
2 Le lingala occupe une place centrale dans ta musique. Est-ce un choix artistique, politique, intime… ou un peu tout à la fois ?
C’est un peu tout à la fois, mais ça part d’abord de quelque chose d’intime. Le lingala, c’est une langue qui me traverse, qui porte une mémoire, une musicalité très forte. Ensuite, il y a une dimension artistique, parce que cette langue amène un rythme, une texture, une manière de poser la voix que j’adore. Je pense qu’aujourd’hui, en France, assumer de chanter en lingala — et surtout faire exister cette langue dans des espaces où on ne l’attend pas — relève d’un geste encore plus politique.
Découvrez le live aux Transmusicales de Kimia :
3 Ton projet semble être vraiment taillé pour le live. Tes concerts semblent fonctionner comme un espace collectif, presque une communion avec le public. Est-ce que tu cherches à créer une forme de “safe space” sur scène ?
Oui complètement, il y a une volonté de créer un espace particulier et safe. J’ai envie que les gens puissent lâcher prise, se reconnecter à eux-mêmes, à leur corps, aux autres, au moment présent. Que mon show soit cet endroit où l’on peut ressentir sans peur du jugement. C’est presque une forme de communion, mais pas dans quelque chose de figé. C’est vivant, ça circule. Il y a une énergie qui se crée entre nous, et c’est ça qui m’intéresse.
4 Avec “Malembe”, ton nouveau single, tu proposes de ralentir dans un monde qui va trop vite. Est-ce que c’est aussi une réponse personnelle à la pression de l’industrie musicale actuelle ?
“Malembe” est né d’un ressenti très personnel face à la vitesse du monde, et ça inclut forcément l’industrie musicale. Aujourd’hui, on est dans une logique d’accélération et de consommation permanente et rapide : sortir, produire, être visible tout le temps, notamment à travers les écrans et les réseaux. C’est épuisant ! Avec “Malembe”, je propose un ralentissement intérieur. C’est une manière de reprendre du pouvoir sur son propre rythme et de ne pas être entièrement dicté par cette vitesse-là.
5 On voit émerger une nouvelle génération d’artistes féminines très affirmées, comme Théodora par exemple. Est-ce que tu te reconnais dans cette idée de puissance féminine assumée, ou ta vision est différente ?
Je me reconnais totalement dans cette génération d’artistes qui assument leur puissance. Pour moi, il ne s’agit pas de prouver quoi que ce soit, mais plutôt de prendre pleinement sa place, sans compromis. Sur scène, je ne cherche pas à être acceptable. Je cherche à être entière. La puissance féminine dont je parle est incarnée, physique, presque magnétique. C’est une énergie qui s’impose sans avoir besoin de s’expliquer.
Découvrez le dernier single “Malembe” de Kimia :

