Samir Flynn & La Tête nous présentent leur album commun “ALREADY DEAD!”. Rencontre avec le duo d’amis passionnés… dans une interview FLASH.
Cela fait quelques mois que nos radars se sont posés sur eux. Samir Flynn (rappeur) & La Tête (producteur) nous intriguent par leur côté hybride et leur liberté artistique. C’est saisissant, poignant et captivant ! Avec des titres mis en images comme “Didier Drogba” ou encore “Emballage”, ils nous confirment que la musique est avant tout une histoire de feeling et de passion.
Rencontre “Flash” avec le duo qui se sont unis pour un projet commun qu’on vous recommande. Surprise en fin d’interview !
Samir Flynn & La Tête, L’interview Flash :
1On se doute que pour collaborer ensemble, c’est l’humain qui prime en premier temps. Qu’est-ce qui a été le déclic pour lancer le feu vert ?
Samir Flynn : Cela a été l’humain. De mon côté, Malo (La Tête) me fait extrêmement rire et rend ma vie bien plus légère et je pense que du côté de Malo c’est le contraire. Je le fais réfléchir, je l’ouvre à des sujets dont il n’a pas l’habitude et des discussions plus profondes. On a certaines bases en commun mais on se ressemble assez peu. Sur la partie musicale, Malo m’avait dit qu’il n’écoutait pas trop les paroles, il se basait plus sur l’ambiance d’un titre. Il voulait qu’on collabore et à chaque fois, on prenait du plaisir. Ses productions ont été une manière de me reconnecter avec de la vibe et de faire des morceaux qui peuvent s’écouter sans s’entendre. Je garde quand même mon niveau d’écriture et mon envie de transmettre un message. Les morceaux sont riches, ils nous plaisent.
2 Quelle est la signification du titre « ALREADY DEAD! » disponible depuis le 14 mars ?
Samir Flynn : Il y a tout le paradoxe du projet dans le titre. On aurait pu l’appeler “déjà mort” sans majuscule et point d’exclamation. Ça aurait justement mis l’accent sur le côté dépressif du projet. J’utilise beaucoup la musique comme thérapie, il y a beaucoup de textes qui sont sombres. Malo a été un peu mon psy, ses productions ont écouté ce que j’avais à dire. “ALREALDY DEAD!” c’est la musicalité, le côté “on fait semblant”. C’est une phrase qui revient beaucoup dans le projet.
Au final, plus on avançait, plus on se rendait compte que faire semblant ce n’était pas si nul. Jouer c’est ce que font les petits, c’est comme ça que l’humain apprend, que les meilleurs shows se font et c’est ce qu’on fait à chaque fois sur scène. On convoque des émotions qui ne sont pas vraiment là et on les convoque jusqu’à qu’elles soient vraies. Ce titre est venu naturellement. Il y a le côté solaire du projet et sombre des textes dans un même titre.
Lorsque je m’écoute, je fais plein de trucs différents.
Samir Flynn
3 Vos influences vont de Radiohead, Guizmo et Billie Eilish. De même que les émotions ressenties. On a des titres plus énervés, d’autres plus calme. Quelle a été la limite à ne pas franchir pour avoir le parfait dosage et avoir un projet cohérent ?
Malo : Les personnes nous parlent de direction artistique mais en vrai, cet aspect s’est fait de manière instinctive. Nous n’avons pas réfléchi. On a expérimenté, on est allés au bout des idées et tenter des choses peu ordinaires. Je crois que moi, dans ma démarche musicale, je recherche cet éclectisme. J’aime mixer plusieurs styles comme Gorillaz. Le piège en ce moment c’est que tout le monde court après une direction artistique alors que cela peut enfermer des artistes. Prenons du plaisir, écoutons et inspirons nous de plusieurs choses, ça peut être aussi cela une direction artistique.
Samir Flynn : J’ai l’impression que ce qui donne ce côté cohérent c’est que tout le long du projet on s’est écoutés. On a refait, supprimé des titres… C’est plus la démarche qui a été cohérente. On ne s’est pas inventé des styles. À chaque fois que j’ai abordé un thème, j’ai été sincère. À la fin, la toile est cohérente malgré tous les paradoxes qu’elles renferment. Lorsque je m’écoute, je fais plein de trucs différents.
4 Quel titre vous nous conseillez pour entrer dans votre univers ?
Malo : Moi je pense au titre “Les joues salées”. C’est le morceau où il y a le plus de couleurs différentes. Il annonce bien la couleur du projet et pourrait donner envie de réécouter pour analyser tous les détails. Il y a des parties très calme, très envolées, très intimistes…
Samir Flynn : Totalement ! J’allais dire le même titre. Pour parler plus du côté texte, le premier couplet je parle de mon enfance, ce dont je rêve, là où je voudrais aller, le refrain est assez large. Je répète “J’ai gardé le sourire sans faire le sourd”, le fait de continuer à vivre tout en écoutant tout ce qu’il y a de mauvais autour de nous, sans être dans le déni. J’évoque plus ou moins ma tristesse ainsi que une histoire d’amour dans laquelle j’ai été à ce moment-là. Dans la même chanson, tu as tous les thèmes de l’album qui sont abordés. Maintenant, les deux singles que nous avons sortis ont le même délire. Il y a “Didier Drogba” qui est un son solaire et léger. D’un autre coté, il y a “Emballage” qui est le son le plus sombre du projet.
5“D’ailleurs tu veux guette l’énergie viens nous voir en concert, dans la salle il y a ma soeur qui est fière et mon père qui pleure” (extrait de “Papa pleure”). Est-ce que le fait de faire de la scène a fait évoluer votre perception et celle de vos proches sur votre légitimité à être artiste ?
Malo : Moi oui. C’est sûr que le milieu de l’art en général avec l’intermittence et les statuts hybrides sont bancals comparés à un CDI. Cette situation a fait peur à mes parents. Ils m’ont encouragé à continuer mes études. J’ai l’impression que je fais ça un peu pour eux, pour partager des moments avec les personnes que j’adore. La sensation de les rendre fier, avoir des étoiles dans les yeux, c’est précieux. Ma mère, après m’avoir vu en concert et quand je lui ai parlé de toute cette aventure avec Samir, elle a beaucoup plus cru au projet. Elle m’a autorisé à quitter la FAC et m’a aidé financièrement. La scène c’est quelque chose d’important pour moi.
Samir Flynn : 100% pareil. On sort d’un concert sur Toulouse. On a fait notre release party. Il y avait toute la famille à Malo, moi il y avait mon père, ma mère et ma petite sœur. Mon père m’a toujours dit “fais ce que tu veux” malgré ses peurs et ses doutes. Il y a un moment on a gagné le Buzz Booster 2023, il avait été très touché par le concert et à chaque fois qu’il vient me voir en concert, je sens bien qu’il y croit. Il se dit qu’il y a une légitimité, que je procure des émotions… La scène au niveau des proches à tout changé. Ils te voient faire.
6 Des scènes de prévues ?
On va faire la première partie de Souffrance le 5 avril au Rex à Toulouse et on a notre propre date parisienne (surprise pour les lecteurs de l’interview) : la Boule Noire à Paris le 27 juin.


