Artiste devenu indépendant, Yoann Casanova dévoile son livre album “ELECTRA”. Interview Flash.
Son visage nous disait quelque chose, sa voix également. Quelle fut notre surprise de retrouver Yoann Casanova avec un nouveau projet ambitieux, révélateur de sa nouvelle condition d’artiste : l’indépendance.
À travers un livre-album de 200 pages mêlant anecdotes, récit de son parcours et leçons de vie inspirantes, l’artiste corse y glisse des clichés personnels et des photos de scène. La plus grande surprise se niche toutefois là où on ne l’attend pas : son album ELECTRA est disponible exclusivement via l’achat de cet ouvrage, en scannant un QR code. C’est un moyen ingénieux, et un pari audacieux pour se reconnecter avec l’artiste et son processus créatif tout en laissant de côté les distractions numériques !
Nous avons donc voulu en savoir plus.
Yoann Casanova, l’interview Flash :
1/ Tu passes de la pop à un son rock sur ce nouveau projet. C’est la liberté de l’indépendance qui t’a enfin permis de lâcher les guitares ?
C’est exactement ça. L’indépendance m’a apporté une liberté totale et m’a surtout permis de ne plus avoir peur de proposer un style qui me correspond vraiment. Auparavant, j’avais tendance à me brider ou à lisser mes morceaux pour qu’ils rentrent dans des cases plus « pop » ou radiophoniques, en cherchant parfois un compromis.
Sur ce projet, j’ai enfin pu assumer mon côté rock et lâcher les guitares sans aucune retenue. Je n’ai plus cherché à suivre un format imposé : j’ai fait la musique que j’aime, celle que j’ai envie de défendre sur scène avec l’énergie que j’ai en moi. C’est cette autonomie qui m’a donné le courage d’être authentique et de sortir un album qui me ressemble enfin à 100 %.
2/ Pourquoi avoir choisi ce combo livre-album avec « ELECTRA » ? Est-ce que le papier te permet de livrer des choses que la musique seule ne pouvait pas dire ?
C’est un combo qui s’est imposé naturellement parce que j’avais besoin d’un support physique pour accompagner ma musique. Le papier permet d’aller beaucoup plus loin que l’audio : il offre un espace pour l’image, le texte et une forme de confidence que la musique seule ne suffit pas toujours à exprimer.
À travers ce livre, j’ai pu partager des éléments très personnels, comme des scans de mon carnet de notes, les paroles détaillées ou encore les traductions de mes titres. C’est une manière de dévoiler les coulisses de la création et de donner au public des clés de compréhension supplémentaires sur l’univers d’ELECTRA. L’objectif était vraiment de proposer une expérience sensorielle complète où le visuel et l’écrit viennent enrichir l’écoute pour créer un lien plus profond avec l’auditeur.
3/ « Devenir » indépendant, c’est une libération totale ou c’est parfois un peu flippant de devoir tout gérer tout seul ?
C’est clairement les deux à la fois. C’est une libération totale parce que je peux enfin sortir la musique que je veux, quand je veux, sans avoir à demander l’autorisation à qui que ce soit. C’est une liberté artistique incroyable qui me permet de défendre des projets qui me correspondent à 100 %.
Mais c’est aussi flippant car on se retrouve seul face à ses responsabilités. On n’a plus cette « protection » ou ce confort d’une équipe qui gère tout en amont, donc quand on se trompe, on est le seul responsable. Il faut apprendre à tout faire soi-même, de la stratégie à l’artistique, ce qui est très stimulant mais demande une rigueur constante pour ne pas s’y perdre. C’est un équilibre permanent entre cette immense liberté et le poids de devoir tout assumer.
4/ Rendre l’album accessible par un QR code dans le livre, c’est ta façon de dire aux gens de ralentir et de vraiment s’imprégner de l’œuvre ? Quel était l’objectif derrière ce projet ?
C’est une façon de proposer aux gens de s’imprégner de l’œuvre plutôt que de simplement « ralentir ». Mon but était de créer un projet unique et de contrer la consommation rapide du streaming actuel, où l’on survole souvent les titres sans même les écouter en entier.
Je voulais que l’auditeur fournisse un léger effort supplémentaire pour accéder à ma musique, un peu comme lorsqu’on prend le temps de s’installer pour regarder un film. En passant par le livre, l’objectif est d’offrir une véritable expérience d’immersion : on se pose, on feuillette, on lit les paroles ou les traductions, et on découvre même des scans de mon carnet de notes personnel.
L’idée n’était pas de rendre l’accès pénible, mais de sortir de la facilité extrême d’aujourd’hui pour que l’auditeur se sente plus concerné et imprégné par ce qu’il écoute.
5/ Tu privilégies la connexion réelle aux gros chiffres de streams. Comment tu imagines partager ce projet « vrai » avec ton public sur scène ?
Je pense que les chiffres sont assez surcotés de nos jours car on peut facilement les faire mentir. Ils ne reflètent pas forcément l’engouement réel derrière un projet. Une chanson placée dans une grosse playlist générera toujours plus de streams qu’un titre indépendant, mais c’est l’écoute régulière et spontanée qui a le plus d’intérêt à mes yeux. Aujourd’hui, entre les vues et les abonnés, beaucoup de choses sont biaisées.
De mon côté, j’ai toujours privilégié l’authenticité. Je n’ai jamais voulu tricher et j’ai toujours cherché à être sincère, particulièrement sur scène. Ce nouvel album, « Electra », je l’ai créé dans mon studio comme si j’étais dans ma chambre d’ado, mais je l’ai surtout pensé pour le live. C’est l’endroit au monde où j’aime le plus être car c’est là que je peux partager une connexion vraie avec le public.
La scène ne m’a jamais trahi et m’a toujours porté chance avec de superbes expériences et des retours chaleureux. Avec ce projet qui me correspond enfin à 100 %, j’ai hâte de le défendre en France et, je l’espère, à l’international grâce aux textes en anglais.
Si les gros chiffres arrivent par la suite, ce sera une belle fierté, mais cela ne doit pas passer avant le sens profond de ma musique. Je préfère me concentrer sur ce que j’ai à raconter : c’est dans ce sens-là que les chiffres peuvent augmenter, et non l’inverse.
Découvrez le livre-album de Yoann Casanova « ELECTRA, Journal d’un artiste ‘devenu’ indépendant : https://dashbook.fr/book/electra


