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BRARDA en interview : “Je veux être le plus sincère possible dans ma musique”

À l’occasion de la sortie de son deuxième single « Juste Un Peu », aficia s’est entretenu avec BRARDA pour savoir qui se cachait derrière ses textes profonds. C’est à découvrir sur aficia. 

Certains le reconnaîtront pour l’artiste qu’il était au sein du groupe Phases Cachées, d’autres l’ont découvert avec le titre « Ça va le faire » sorti le 3 février ou avec « Juste un peu » dévoilé le 5 mars dernier. Quoi qu’il en soit, BRARDA signe en 2021 un retour en solo pour dévoiler au grand jour son projet. De ses histoires les plus personnelles, la volonté de BRARDA est d’arriver à retranscrire ses émotions pour qu’elle soit aussi intimes qu’universelles pour la personne qui l’écoute. Un challenge que le rappeur parisien compte bien défendre !

aficia a eu l’occasion de s’entretenir avec l’artiste pour vous faire découvrir ce BRARDA de la manière la plus complète ! Une interview très riche dans laquelle il livre des points importants de sa vie, son cheminement personnel, ses collaborations pour arriver à cet accomplissement. 

BRARDA : l’interview…

Pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas forcément, qui se cache derrière BRARDA ? 

Il se cache D’Clik issu du groupe Phases Cachées avec qui j’ai eu une carrière d’à peu près dix ans. On a sorti deux mixtapes et deux albums sur le label Baco Records ce qui nous a permis de beaucoup tourner un peu partout. C’est là que certaines personnes ont pu me découvrir. Il se trouve que j’étais le dernier des trois à ne pas encore avoir fait de projet solo. 

Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se lancer en solo ? 

Parce que j’avais très peu confiance en moi, je suis quelqu’un qui doute beaucoup et pour se mettre sur le devant de la scène, il ne faut pas trop douter. Cela a été très long de trouver ce que je voulais faire et arriver à le mettre en musique, à m’assumer pleinement. C’est pour cela que j’ai décidé de choisir BRARDA comme nom de scène qui est simplement mon nom de famille.

Quel a été ton parcours de vie pour en arriver là ? 

Ça a été beaucoup de hauts et de bas, comme tout le monde finalement. Après la tournée du deuxième album avec Phases Cachées en 2016, j’ai longtemps arrêté d’écrire jusqu’à abandonner complètement l’idée de faire quelque chose dans la musique. Mais je me couchais tous les soirs avec des regrets, en me disant que je n’étais pas allé au bout de ce que je voulais faire. Un jour mon pote 2T m’a dit « Quand est ce que tu vas enfin sortir un truc en solo ? ». Je lui avais dit que si je ne l’avais pas fait avant mes 30 ans c’était foutu. J’ai eu un déclic à mes 29 ans et je me suis remis à écrire plus que jamais. Aujourd’hui, j’en ai 30 et je suis enfin prêt à sortir mon premier projet solo.

Aujourd’hui j’ai un petit noyau autour de moi qui me fait du bien et qui arrive à me pousser.

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Pour en arriver au stade où tu es aujourd’hui, c’est un travail personnel ou, au contraire, tu t’es entouré de personnes qui ont réussi à trouver les mots justes pour te lancer ? 

C’est d’abord un travail personnel. La phrase « Tu es capable, tu peux le faire« , ça faisait dix ans qu’on me la répétait. Ça me mettait plus la pression qu’autre chose. Je pense qu’il a fallu que je disparaisse complètement des radars et que plus personne ne m’attendent pour que je recommence à faire de la musique pour moi et non pas pour correspondre aux attentes des autres. Une fois que je me suis remis à écrire, j’ai été aidé au niveau musical par Tigerz qui a réalisé ce projet avec moi. Il a fait plus de la moitié des productions et à réussi à amener ma musique là où je voulais l’amener. Et j’ai la chance d’être bien entouré notamment avec mon manager et associé qui m’accompagne au quotidien et avec qui j’ai créé mon label Majuscules Musique. Aujourd’hui j’ai un petit noyau autour de moi qui me fait du bien et qui arrive à me pousser. 

Au niveau de ton style musical, as-tu toujours baigné dans un univers rap, hip-hop ? 

Dans le groupe (Phases cachées), on était deux passionnés de rap, Cheeko et moi. Volodia vient plus du reggae. Ensemble on a exploré plein de genres différents, c’était la meilleure école pour apprendre à être à l’aise sur différents styles de musique. Avant d’être un bousillé de rap, j’ai grandi en écoutant les disques de mon père qui était fan de rock. Je regardais en boucle la cassette du concert de Queen à Wembley, c’est de là que vient mon envie de monter sur scène.

Aujourd’hui j’écoute un peu de tout, beaucoup de rap, mais pas que. Du RnB, du rock, de la soul même de la pop. Bref, plein de trucs. Et ça ressort dans la musique que je fais aujourd’hui. Je me suis pas mal détaché du rap, je chante beaucoup plus, j’ai du mal à définir ma musique. Je suis un peu un caméléon. C’est ma personnalité et mon histoire qui fait le lien entre tous ses styles.

Tu construis ta carrière en indépendant. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans cette liberté artistique ? 

C’est la liberté justement. On fait ce qu’on veut et on n’a pas la même pression que quand on travaille avec un label. Je voulais suivre ma vision et celle de mon associé. On assume notre projet jusqu’au bout. Tout seul, tu vas nulle part. On gère tout de A à Z, de la musique à l’image. Forcément, il y a moins de moyens qu’avec un gros label, mais c’est très excitant : on bosse pour nous-même. Le but est aussi de pouvoir mettre en avant d’autres artistes qu’on aime et en qui on croit. 

Chaque morceau correspond à un moment de ma vie et à une émotion ressentie à l’instant T, qu’elle soit positive ou négative.

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Qu’est-ce que tu cherches à véhiculer avec ta musique, ta direction artistique qui est très affirmée, soignée ? 

Comme le dit mon pote Joey Larsé dans un de ses morceaux, « J’ai rien à vendre à part des émotions« . Je raconte mon histoire, je mets mes émotions en musique et si les gens arrivent à s’identifier et à se reconnaitre dans mes chansons, j’ai tout gagné. J’essaye d’être le plus sincère possible dans ma musique. Faire ce projet m’a remis sur pied lorsque j’étais au plus bas. Plus je suis créatif mieux je me porte et vice versa. J’ai fini par assumer ma sensibilité et j’en ai fait une force. 

Dans le processus de création, est-ce qu’il a une émotion qui a été plus difficile à faire ressortir en musique ? 

Ça dépend. Je suis quelqu’un qui est souvent dans l’extrême au niveau de ses émotions. Chaque morceau correspond à une émotion. Je dirais que, pour moi, c’était plus facile d’écrire des chansons tristes que joyeuses. Puis j’ai fini par y prendre goût. Notamment à parler d’amour, chose que j’aurai cru impossible il y a quelques années. 

Tu as publié « Ça va le faire » le 5 février. Qu’as-tu voulu raconter avec ce titre ? 

C’est l’histoire d’un mec qui a tout abandonné, qui ne croit plus en rien et encore moins en lui. Et qui finalement se révèle en se disant qu’il doit aller au bout de ce qu’il a toujours voulu faire et qui se rassure en se disant « Ça va le faire ». Tant que tu ne l’auras pas fait, tu ne seras pas heureux et il ne te restera que tes regrets. C’est mon histoire, mais tout le monde connaît ça dans sa vie, artistes ou pas. 

Dans ce titre je dis que j’ai « tué le temps« . J’ai longtemps pensé que le train était déjà passé pour moi, que c’était trop tard. J’ai gâché mon temps à ne rien faire pendant des années, à part douter de moi. Je t’ai parlé de cette barrière des 30 ans que je m’imposais, et qu’au-delà j’arrêterai la musique, je mettrais une cravate et j’irai bosser dans un bureau. Au final c’est à 30 ans que tout s’est débloqué. Il n’y a pas d’âge limite, la preuve : mon projet sortira finalement quand j’en aurais 31 et je le vis très bien.

Est-ce qu’on peut s’attendre à des prochains titres qui mettent en lumière des périodes de ta vie de manière plus précise ? 

Oui, chaque morceau correspond à un moment de ma vie et à une émotion ressentie à l’instant T, qu’elle soit positive ou négative. Maintenant, j’essaye de ne pas rentrer trop dans le factuel à dire « Le 18 août, j’ai fait ça… » pour que, justement, les gens puissent s’identifier et aient l’impression que je parle d’eux. Toujours dans ce souci de faire de la musique autant personnelle qu’universelle. Ce projet, il va falloir que je parle beaucoup pour l’expliquer quand le moment sera venu. C’est un peu le but des vidéos « Salle d’Attente » qu’on sort entre chaque clip et où j’en dis un peu plus sur moi. 

Tu t’es entouré de Tigerz pour la production, de Simon&Gabriel, de Ludovic Zuili et d’Incendie FilmsSont-ils des personnes que tu connaissais avant de faire ce projet ? 

Pas du tout, c’est grâce à Hugo, mon manager et associé qui sait s’entourer des bonnes personnes. Mais aussi de leur donner envie de bosser avec nous… C’est là qu’un bon manager fait la différence : arriver à fédérer des gens autour d’un projet. Donc on a bossé avec les personnes que tu as cités sur le premier clip mais on collabore aussi avec d’autres pour les prochains, toujours aidé par Incendie Films, s/o Yohanne !

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

On continue sur notre lancée, un clip par mois avec une « Salle d’attente » entre chaque sortie pour expliquer le morceau qui arrive. Et ça jusqu’à la sortie du projet courant 2021. Et en parallèle, on bosse sur les prochaines sorties du label.

Comme aficia est précurseur de nouveaux talents, as-tu un artiste à nous faire découvrir ? 

Il y en a tellement mais déjà, mon gars Joey Larsé qui est présent sur mon deuxième single « Juste un peu » qui vient de sortir. C’est un rappeur originaire de Montreuil (93), basé à Bordeaux aujourd’hui, et que je connais depuis près de 10 ans. Il a sorti un projet incroyable qui s’appelle DrugStore allez écouter çaCe sera le deuxième artiste de notre label Majuscules et c’est aussi pour ça que j’ai voulu le mettre en avant sur ce morceau, en plus du fait que c’est un des meilleurs rappeur que je connaisse. 

J’en profite pour placer un deuxième artiste, mon frérot 2T avec qui j’ai grandi, qui sort plein de choses en ce moment notamment une série de freestyle Genkidama avant de balancer son nouvel EP. On sera aussi amené à sortir des trucs ensemble, allez le suivre !