Requin Chagrin - DR

Requin Chagrin en interview Dix-moi depuis les Bars en Trans !

C’est aux Bars en Trans à Rennes le mois dernier que nous avons eu le plaisir de rencontrer Requin Chagrin. L’occasion de revenir sur son actualité. 10 questions posées, c’est notre format Dix-moi !

Marion de Requin Chagrin présente son quatrième album à venir intitulé Décollage (sortie prochainement). Nous l’avons interviewé alors qu’il s’agissait de son premier concert à Rennes pour cette nouvelle tournée, servant de test pour jauger le public cible. L’artiste apprécie particulièrement l’ambiance du festival rennais, qu’elle trouve propice à son style musical avec son côté bar et son atmosphère unique qui rassemble à la fois des professionnels et un public non professionnel. Nous lui avons posé 10 questions format notre format Dix-moi.

L’interview DIX-MOI de Requin Chagrin

1- Ce soir tu joueras aux Bars en Trans. Parle-moi de cette ambiance si particulière du festival ?

Oui, c’est cool ! Pour moi, c’est un festival… J’avais déjà joué il y a longtemps à Rennes dans ce même festival et je trouve que c’est vraiment un peu le poumon de ce qui peut se faire. Le côté bar, l’ambiance… je trouve que c’est quelque chose de particulier qu’on retrouve peu finalement, et qui se prête bien à ce genre de musique. J’ai hâte de tester. Je trouve que c’est un festival qui fédère aussi. C’est un événement qui rassemble du monde. Il y a des professionnels, mais pas seulement. Ce qui est cool, c’est qu’il y a ce mélange-là. Beaucoup de gens non pros viennent aussi. Dans ce cadre-là, c’est plus fun. Je suis déjà contente.

2- Tu n’as pas sorti de nouvelles chansons depuis quatre ans. Quatre ans, c’est long aujourd’hui. Est-ce qu’il y a une raison particulière ?

Marion : Je ne pense pas qu’il y ait une raison précise. Chaque album ne s’aborde pas de la même manière. J’ai fait quatre albums et quatre tournées assez rapprochées. Celui-là a pris un peu plus de temps, parce que j’avais envie de me poser des questions. On n’a pas toujours le temps de l’introspection. Il y a peut-être aussi le côté de besoin de recul. C’est un album qui m’a fait du bien pour ça. J’ai la chance d’être entourée sans qu’on me mette une pression folle. Ça ne sert à rien de faire les choses dans la précipitation, sans avoir le sentiment profond que ce sont les bonnes décisions artistiques.

Faire les premières parties d’Indochine, c’est la cerise sur le gâteau !

Requin Chagrin pour aficia.

3- Est-ce qu’il y avait une envie aussi d’une sorte d’exploration sonore ?

Oui. Je suis très fan de matériel. Je passe beaucoup de temps à chercher, à tester. J’avais du nouveau matériel et j’avais envie de l’intégrer, de bidouiller, d’essayer plein de choses. Ça prend du temps. Par exemple, de nouveaux synthés, boîtes à rythmes etc… J’enregistre beaucoup sur bande magnétique à la base. J’ai essayé de m’en détacher, puis d’y revenir. Toute cette phase de production maison est très aboutie chez moi : arrangements, production… Ensuite, le studio, c’est presque la récréation. Là, je sais exactement ce que j’ai à faire, c’est très efficace.

4- Ça prend du temps aussi ce processus là, de recherche, de digguer autour de soi ? 

J’avais besoin de temps pour me libérer de certaines choses et retrouver le plaisir pur de faire de la musique. Aujourd’hui, on est poussé à aller vite, mais ce n’est pas toujours compatible avec la création. D’autant plus que je suis signé en maison de disques (chez Sony Music, ndlr). Mais j’ai une équipe qui me connaît très bien depuis 2017. Ils savent comment je fonctionne, donc ils m’ont laissé faire. Ils savent que me presser ne sert à rien.

5- D’ailleurs, comment as-tu trouvé ta place en major, dans un contexte très concurrentiel ?

Ça s’est fait assez naturellement. Nicolas Sirkis (chanteur d’Indochine, ndlr) a eu un coup de cœur pour mon premier album et a voulu défendre mon projet au sein de son label, hébergé chez Sony. Son idée, c’était d’apporter un appui de major à une musique souvent plus représentée chez les indépendants. Je ne m’y attendais pas forcément, mais je suis très reconnaissante. Je me sens même mieux accompagnée qu’à l’époque où j’étais en indé.

6- Quelle est ta relation avec Nicolas Sirkis artistiquement ?

Il y a un suivi, bien sûr, mais il me laisse une grande liberté. Comme il est artiste lui-même, il sait quand il faut laisser faire. Il donne son avis quand je le sollicite, mais sans jamais imposer quoi que ce soit. C’est une relation saine. Son regard est important et bienveillant. C’est une collaboration se prolonge aussi sur scène, notamment avec les premières parties à Bercy. On a la chance de faire deux premières parties. C’est un peu la cerise sur le gâteau. J’ai hâte de présenter les nouveaux morceaux et de montrer comment le live a évolué.

7- Le public est-il réceptif ?

Oui, très. Le public sait que les premières parties sont choisies par Nicolas et il y a une écoute bienveillante. C’est chouette.

8- Dans le communiqué de presse que j’ai reçu, on parle de “retour” de Requin Chagrin. Quand on parle de retour, c’est souvent qu’on a marqué le paysage musical en général. C’est plutôt flatteur ?

Je ne savais même pas qu’ils avaient utilisé ce terme. Oui, il y a eu un petit temps entre les albums, donc pourquoi pas, mais pour moi, c’est une continuité. Ça me va.

9- Ta musique mélange pop, influences 80’s, rock, avec une touche très moderne. Est-ce difficile aujourd’hui de faire ce genre de style ?

Pour moi, c’est tout l’intérêt de composer. Mes influences sont larges : rock français, international, new wave… J’aime créer des passerelles. Crush est né comme ça, avec un nouveau synthé et une boîte à rythmes. C’est un morceau plus hybride, et j’ai voulu aller plus loin dans cette direction sur le nouvel album.

10- Enfin, dernière question : peux-tu nous présenter l’album Décollage ?

C’est un album de onze titres, avec des univers variés : garage, dream rock, des choses plus synthé. Il y a une énergie plus live, plus lumineuse. C’est un disque qui invite à prendre de la hauteur, à ouvrir les fenêtres, à partir en voyage. Pour moi, c’est un album du lâcher-prise, et c’est sans doute pour ça qu’il a pris du temps à naître.