Aalson - fragments of live - DR

Aalson en interview flash : “Faire un album donne une certaine légitimité”

Aalson fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui crée et se réinvente sans cesse. Le jour de la sortie de son premier album, il se livre pour aficia.

Entre techno de club et musique de film, Aalson trace une trajectoire singulière. Originaire du Sud-Ouest, le producteur français a fait le choix d’abandonner ses études pour se consacrer pleinement à la musique, guidé par une quête de liberté et d’émotion.

En quelques années, il a construit un univers personnel, cinématographique et immersif, qu’il déploie aussi bien en studio que sur scène à travers des performances live. À l’occasion de la sortie de Fragments of Life, ce 19 décembre,  son premier album, Aalson revient sur son parcours, sa vision de la création et cette volonté de faire voyager autant que de faire danser en 5 questions. C’est notre format interview flash sur aficia.

L’interview d’Aalson :

1 Comment définirais-tu ta musique ?

Je dirais que c’est une musique qui suggère des images. Mon inspiration première, c’est la musique de film. Je l’aborde de manière électronique, je la joue en club, mais la musique qui m’a donné envie d’en faire, plus jeune, c’était surtout une musique d’écoute.
Une musique qui permet de fermer les yeux et de s’imaginer sa propre interprétation, à travers des images ou des émotions. L’idée, c’est de proposer une musique électronique sur laquelle on peut danser, mais aussi voyager, que ce soit physiquement ou mentalement.

2 Quelles sont tes principales influences ?

La réponse la plus évidente, surtout pour ma génération, c’est Daft Punk. J’ai découvert leur musique au collège, mais aussi tout l’univers visuel autour. Ça a été mon premier vrai pas dans la musique électronique.

En parallèle, j’ai découvert la musique de film sans vraiment m’en rendre compte. En famille, on avait l’habitude de regarder un film tous les dimanches, et j’ai vite compris que c’était souvent la musique qui me faisait ressentir le plus d’émotions, parfois même plus que les images. Et un peu plus tard, grâce à ma grande sœur, j’ai découvert Paul Kalkbrenner, notamment avec le morceau Aaron. C’est ce qui m’a ouvert à une techno plus underground. D’ailleurs, c’est en clin d’œil à cette découverte que j’ai conservé les deux ‘A’ dans Aalson.

3 Comment est né ton nouveau projet, Fragments of Life ?

Il s’agit de mon premier album, qui sort ce 19 décembre et qui s’intitule Fragments of Life. Il est né d’une volonté d’émancipation artistique. J’ai toujours consommé la musique sous forme d’album plutôt que de singles. J’aime les formats longs, parce qu’ils laissent plus de liberté, permettent d’intégrer des sous-messages et de développer un univers plus large.

Je voulais me donner un an de liberté créative, me détacher des codes du single et consacrer tout ce que je faisais à un seul projet. C’était aussi une forme de validation personnelle. Faire un album donne une certaine légitimité, et j’avais envie de me prouver que j’en étais capable. Aujourd’hui, je fais partie des artistes qui ont un album à leur actif, et ça compte énormément pour moi.

4 La scène électro est très saturée aujourd’hui. Comment te démarques-tu ?

Mon choix, depuis le début, c’est de jouer en live plutôt qu’en DJ set. Nous ne sommes pas nombreux à le faire, et ça crée une vraie spontanéité et une proximité avec le public. Je joue 100 % de mes productions en direct. Ce live, avec ses imperfections et son côté brut, fait que personne d’autre ne peut jouer exactement la même musique que moi. C’est, à mon sens, un des meilleurs moyens de se démarquer aujourd’hui. Il y a aussi cette fusion entre techno et musique cinématographique, que je développe autant sur scène qu’en studio ou sur mes réseaux.

5 Tu parles d’un album de transition, de cicatrices et de guérison. Que mets-tu derrière ces mots ?

Tout peut se résumer par l’émancipation. Quand j’ai commencé professionnellement, j’étais très entouré, soutenu par une agence, des mentors. À certains moments, ça a nourri une forme de syndrome de l’imposteur. J’avais besoin de créer un projet qui vienne entièrement de moi, défendu par moi et mon équipe, sans être le prolongement de quelqu’un d’autre. Cet album affirme mon indépendance artistique et ma maturité.

J’aime faire ressortir des émotions. S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait l’honnêteté. D’abord l’honnêteté émotionnelle : accepter de ressentir des choses fortes, au point parfois d’en pleurer. C’est quelque chose que je trouve très puissant. Ensuite, une honnêteté plus humaine et artistique. La musique est devenue une industrie, avec beaucoup de logiques marketing. J’essaie toujours de partir de l’honnêteté artistique, de faire des choses qui me ressemblent, qui sont en accord avec mes valeurs, avant toute considération commerciale.

D’ailleurs, on me demande souvent si  la techno peut faire pleurer. Je réponds ‘complètement’. Et j’adore ce contraste. Quand je travaille sur un morceau, tant que je ne ressens pas une émotion forte — tristesse, nostalgie, mélancolie — je considère que le morceau n’est pas abouti. La techno peut être profondément émotionnelle.

Découvrez le nouveau clip d’Aalson, ‘Dreamer’ :