À l’occasion de la sortie de son premier EP MA B.O, Hylasimon se confie à travers notre interview flash. Sur aficia, on y évoquera notamment l’écriture en français, solitude créative, imaginaire cosmique et scène à venir.
Voix singulière, pop mélancolique et sensualité assumée : Hylasimon poursuit son ascension avec MA B.O. C’est un premier format long pensé comme une bande originale intérieure, entre introspection et imaginaire stellaire. Installé à Paris après un détour marquant par Brighton, l’artiste façonne un univers personnel nourri de cinéma, de science-fiction et d’émotions à fleur de peau. Pour aficia, l’artiste parisien dévoile les coulisses d’un projet intime et cinématographique et répond à nos 5 questions. C’est notre format d’interview flash !
Hylasimon, l’interview Flash :
1 Être artiste émergent aujourd’hui, c’est facile ?
Aujourd’hui, ce qui est facile en tant qu’artiste émergent, c’est le fait de pouvoir aussi « facilement » diffuser sa musique grâce aux plateformes notamment. Les réseaux sociaux ont permis une proximité directe avec le public. Là, où autrefois, c’était sans doute plus compliqué d’aller au bout de ses idées, surtout sans entourage pro. Là où c’est moins facile aujourd’hui, c’est quand on prend conscience qu’on est 1 parmi tant d’autres talentueux. Puis, il y a l’IA qui s’ajoute massivement à l’équation.
2 Peux-tu nous parler de la période de réalisation de cet EP ?
Le moment où j’ai compris que j’allais sortir un EP date d’il y a un an et demi. J’avais plusieurs maquettes que je n’envisageais pas comme des singles. Ensuite, j’ai composé QUASARS à la guitare et j’ai eu le sentiment d’avoir de quoi faire cet EP. Je sortais d’une phase de frustration en ce qui concerne la musique. J’avais presque perdu le goût de créer. Paradoxalement, le fait d’avoir ces différentes maquettes dénuées de textes m’a remis dans une trajectoire de plaisir à l’idée d’écrire en prenant le temps de le faire dans le plaisir, sans acharnement ni attente. Juste pour moi & contrer l’ennui.
Par ailleurs, je regardais des films & documentaires sur l’Espace, et j’ai commencé à lire de la science-fiction. Tout ça m’a donné un nouvel imaginaire, ça me porte beaucoup dans ma manière d’écrire. J’ai besoin d’imageries, de références à accorder à mes propres mots. D’où le côté « cosmique » des titres de cet EP. Le plus difficile au final, c’est toujours le même petit poison qui s’insinue régulièrement en soi : le doute.
3 Quel est le titre le plus intime, le plus personnel de cet EP ?
Je dirais le titre MA B.O car j’ai l’impression que c’est le plus direct dans l’écriture et aussi le plus frontal dans sa composition. Dans ce texte, je me confronte à ma solitude dans ses deux pôles, à savoir ; ce qu’elle a de bénéfique et de destructeur. Je trouve ma manière de chanter sur ce titre plus à nue aussi. C’est un peu un appel à être entendu, écouté. Quand j’ai reçu la maquette de l’instrumentale la première fois, c’était censé être une ébauche. Or, j’ai eu un coup de cœur direct sur cette version qui, au final, a peu bougé par la suite. C’était un titre qui devait garder ses aspérités je crois.
4 Tu t’inspires d’artistes pop comme The Weeknd & Caroline Polachek. Vouloir faire de la pop comme eux, avec du texte en français, ça relève de quel niveau de difficulté ?
Selon moi, ce n’est pas plus facile d’écrire en anglais plutôt qu’en français. Il y a cette idée connue que ça passe mieux en anglais. Or, j’aime par exemple traduire mes propres textes en anglais pour l’exercice, mais je n’aurais pas l’instinct d’écrire en anglais. Simplement parce que ce n’est pas ma langue. Une langue maternelle permet, je trouve, d’aller plus en profondeur dans les images qu’elle nous renvoie. Je dis souvent que j’aime jouer avec les mots, alors on est peut-être plus habile, je trouve, à le faire dans sa propre langue.
5 Prépares-tu des choses à la suite de la sortie de cet EP ?
Pour le moment je vais me garder de faire de la musique. Cet EP, pour une fois, j’ai envie de le faire vivre plus longtemps avant de penser déjà aux prochains titres. Alors la suite, peut-être plus de scènes ? En ce moment, je prépare un concert en co-plateau à la JAVA, ce sera l’occasion de découvrir ces titres sur scène. En tout cas, sortir un EP, ça donne assez de matières je crois pour faire durer un peu le plaisir.
Découvrez MA B.O, le nouvel EP d’Hylasimon :

