Ofé fait partie des artistes que nous avons repéré et qui se produisait au Bars en Trans à Rennes il y a quelques jours. aficia lui a posé quelques questions !
Ofé a quitté son Sud natal avec une certitude : sa place est à Paris, là où tout peut basculer en une seconde. À 25 ans, l’artiste impose une pop rock électrisante, traversée par l’urgence, la vulnérabilité et une intensité rare. Entre révolte, poésie brute et spontanéité explosive, elle façonne un univers où chaque chanson semble sur le point de déborder.
Portée par le succès de son premier EP Monde Imaginaire (+1,2 M de streams cumulés), sélectionnée au Chantier des Francofolies 2025 et déjà forte de plus de 30 dates (Boule Noire, Bars en Trans, premières parties de Feu! Chatterton…), Ofé poursuit une ascension fulgurante. Sur scène, elle arrive “vite, fort, vrai”, comme si tout pouvait s’effondrer — ou s’embraser — d’un instant à l’autre.
Signée sur le label Labrea (Wagram Music), elle continue d’imposer une singularité farouche. Entre introspection, humour, coups de sang et énergie contagieuse, Ofé se révèle comme l’une des voix les plus prometteuses de la nouvelle scène pop rock française. Depuis les Bars en Trans, elle a répondu à nos 5 questions. C’est notre format interview flash !
Ofé en interview flash :
1 Quel est ton parcours avant la musique ?
J’ai fait une fac d’éco, j’ai eu mes diplômes. Ensuite j’ai enchaîné plein de petits boulots : surveillante dans un collège, vendeuse en friperie… C’était des jobs qui me plaisaient, mais aussi alimentaires pour financer ma musique. J’ai commencé en totale autonomie. Seule. J’avais envie de me lancer, de sortir plein de chansons parce que je compose tous les jours. C’est frustrant de créer et que rien ne sorte. Au début j’étais vraiment toute seule, donc c’était un challenge : comprendre comment l’industrie fonctionne quand tu n’y connais rien.
2 Comment on signe du jour au lendemain chez Wagram ?
Alors déjà, ça prend énormément de temps. Je suis montée à Paris fin 2021 / début 2022, en totale indé. J’ai sorti mon premier projet en 2024, mais j’avais déjà été repérée. Les rendez-vous labels, ça s’étale. T’es artiste émergente, donc tu dois être sûre de ton choix. Ça peut être une grosse déception ou une énorme joie. Pendant un an, avec mon management actuel (rencontré il y a un an), on a travaillé en souterrain : concerts pros, rencontres, discussions… Je voulais pouvoir choisir. Ça fait aussi un an que je bosse avec mon tourneur Uni-T. On a déjà fait une trentaine de dates alors que je n’avais rien sorti. Et maintenant, j’ai signé chez Wagram. On est littéralement montés sur la table pour signer, avec Stéphane. Merci Stef au passage !
Cela a été beaucoup d’émotion. Et en même temps, c’est énormément de travail. Les gens me disent toujours : “Meuf, t’es super contente, mais t’as bossé !”. Moi j’ai du mal à le voir comme un effort parce que c’est naturel pour moi. Ça me fait du bien.
3 Quel a été ton truc en plus pour séduire Wagram ?
Je pense que ce sont mes chansons. Je leur envoyais des morceaux, j’avais fait une shortlist de titres que je voulais défendre et qui seront sur l’EP (qui sort en 2026). Ils se sont positionnés très tôt, depuis plus d’un an. Après, je voulais quand même entendre les autres propositions. J’ai eu une proposition en major notamment. Mais mon instinct m’a guidée vers Wagram. Et je suis très contente. J’ai juste suivi ma petite voix intérieure. Ça ne s’explique pas vraiment, mais c’était le bon choix.
4 Comment tu définirais ta musique aujourd’hui ? Pas juste de la pop…
C’est de la révolte, de l’envie d’assouvir plein de choses, des colères. Une auto-psychanalyse. Mais aussi l’envie de rigoler. Mon morceau “La Délicatesse”, c’est une ode absurde au bar et aux gens relous qu’on peut y croiser. Un truc frontal, second degré.
C’est 360°. Ma musique ? Folle, comme moi.
Sachant que tout existe déjà, ce qui compte, c’est la manière dont tu t’appropries les choses. Je passe énormément de temps à digger des sons chez moi. Je viens d’acheter un Prophet 5, je suis trop contente. Il y a une vraie magie entre le moment de création et ce qui en ressort. C’est instinctif : tu fais une prod, puis tu trouves les paroles, les pièces se rassemblent. Moi j’adore quand ça sonne “crado”, quand ça sature. Pour certains, ça sonne “dégueulasse”. Pour moi, c’est que c’est bien. Avec le temps, tu construis ta pâte sonore. Et il faut creuser chaque jour avec rigueur.
5 Il y a eu les Chantiers des Francos, la signature label, la Boule Noire… ton chemin semble tracé. La suite c’est quoi ?
Oui, j’ai beaucoup de chance ! Mais tu vois, La Boule Noire, je me suis noté 3/10. Parce que j’ai plein de choses à améliorer, parce que j’adore voir des concerts et que j’ai une exigence naturelle. Ce sont ces concerts charnières qui ouvrent des pistes pour progresser. Maintenant, un EP va sortir. On aura des dates parisiennes, à plus grande échelle. Il y aura un album en 2027 : on est déjà dessus. On va en studio à ICP à Bruxelles dans deux semaines, juste avant Noël. C’est notre cadeau de Noël : un hangar de matos.
Je grandis en team de copains : mes amis sont mes musiciens, mes épaules, mon équipe. Donc on finalise l’EP, on re-record, on passe des sons dans des machines analogiques, je veux tout faire sonner “mal”, tout casser. Et puis il va y avoir des clips un peu fous. J’ai simplement envie de rire, de faire des trucs pas sérieux, irréalisables. On a pranké un bar pour “La Délicatesse”. Tout le monde est tombé dans le panneau. C’était une vraie stratégie de com avec William Scotto, qui réalise mes clips. GoPros, bar complice, verre en sucre, réactions filmées, attestations… Tout le monde était d’accord, et c’était incroyable.
Découvrez le clip “La délicatesse”, d’Ofé :

