Ils font partie de nos artistes coups de cœur de cette programmation des Bars en Trans. Les Soro Soro ont répondu à 5 de nos questions.
Soro Soro, c’est l’histoire d’une rencontre — improbable et spontanée — entre deux musiciens du Sud de la France : Jason (chant, guitare) et Léo (piano, chœurs). Ni plan de carrière savamment étudié, ni projet mûrement réfléchi : juste un hasard, une guitare, un piano, une colocation improvisée à Lyon, et l’évidence d’une complicité artistique. Quelques années plus tard, entre covers osées, maquettes hésitantes et un confinement déterminant, le duo trace son sillon. Ils sont rares dans le paysage musical. Seule comparaison que l’on voit dans l’immédiateté, Terrenoire par exemple.
Aujourd’hui, fort d’un premier EP, de covers audacieuses et de premières parties marquantes, Soro Soro s’apprête à entamer 2026 en mode singuliers — et authentiques. Voici leur histoire, racontée par eux-mêmes, en toute transparence, et tout ça en 5 questions. C’est notre interview flash.
Aujourd’hui, on assume davantage la chanson française.
– Soro Soro pour aficia.
L’interview de Soro Soro :
1 Comment êtes-vous rencontrés, et comment votre collaboration a-t-elle débuté ?
Jason : À l’époque, je venais de me séparer, je n’avais plus d’endroit où aller. J’ai trouvé une coloc’ à Lyon un peu par hasard… j’arrive avec ma guitare sur l’épaule, Léo m’ouvre la porte, et on a passé la soirée à faire de la musique sans même visiter l’appart. C’était comme une évidence.
Léo : Oui, on a connecté humainement et musicalement tout de suite. Jason faisait de la guitare, moi du piano. J’étais en études d’ingénieur du son, donc je commençais à bidouiller des enregistrements. Très vite, sans même le décider — un groupe s’est créé.
Léo : C’est clairement le confinement qui nous a donné envie d’aller plus loin, honnêtement — ça a joué un rôle énorme. On a composé une musique d’environ huit minutes (rires). Elle ne sortira jamais, mais elle a posé toutes les bases de Soro Soro.
Jason : Ensuite, Léo est parti à l’étranger, mais on continuait d’écouter nos maquettes. Ça nous a poussé à se dire : “Viens, on y va vraiment”. Il est rentré du Maroc, on a déménagé à Paris, et on s’est lancé. On ne connaissait alors rien à l’industrie de la musique. On est arrivés complètement à l’aveugle, un peu par hasard, et avec pas mal de chance aussi.
2 Comment vous êtes-vous retrouvés à assurer les premières parties d’artistes comme Zaz, qui de prime abord, ne ressemblent pas tellement au projet ?

Léo : Pour Zaz, c’est elle-même ! Elle est tombée sur nos profils, a partagé quelques reprises mais surtout nos propres morceaux. Notre producteur, Mounir Maarouf, a vu ça, il a appelé son équipe, ils ont checké… et ça a matché direct.
Jason : Pourtant, en effet, ce ne sont pas des artistes qui nous ressemblent sur le papier. Mais on a réadapté notre live — plus orienté chanson française. Et finalement, le public — parfois très âgé — a été ultra bienveillant.
3 Vous avez beaucoup publié de covers, parfois très éclectiques. Pourquoi ce choix ?
Jason : Au début, je ne voulais pas faire de covers. Mais pour attirer un premier public, on s’est dit qu’il fallait s’y mettre. On a fait du Hamza — juste pour le plaisir — et on a tourné la vidéo un peu à l’arrache… sur un périph’ fermé ! On a tout monté en noir et blanc, posté sans réfléchir — et ça a fait un million de vues. C’est ce qui a lancé la suite.
Léo : Pour certain·e·s, les gens ne savaient même pas que c’était du Hamza. C’est beau : réinterpréter quelque chose d’existant à notre sauce. Puis effectivement, on s’est attaqué ensuite à du France Gall à Stromae, ou Christophe Maé. Cela nous a donné beaucoup de force pour la suite. C’est la voix et ta façon de composer qui donnent une cohérence — même quand l’écart est énorme.
4 Quel morceau conseilleriez-vous à quelqu’un qui vous découvre pour la première fois ?
Léo : “Grand Bleu”. Ce n’est peut-être pas la piste la plus connue de l’EP, mais c’est celle qui nous ressemble le plus : acoustique, folk, arrangements… Et un nouveau clip arrive bientôt.
5 Quelles sont vos ambitions pour 2026 ?
Léo : On repart en mode singles ! Il y en aura un ou deux en début d’année, puis un nouvel EP au printemps. Probablement que notre style a évolué depuis ces années. On aime tellement de choses : R&B, pop, folk, influences orientales. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on assume davantage la chanson française, avec juste quelques touches pop. Avec le temps et l’expérience, la mixture commence à ressembler à ce que nous sommes vraiment. 2026 s’annonce comme une belle année.
Jason : C’est vrai que le côté rap/slam de notre premier EP s’est un peu effacé. On s’est rendu compte que ce n’était pas ce qu’on voulait être vraiment. Et autre chose, et surtout, retourner sur scène. Peut-être faire de nouvelles premières parties, et pourquoi pas organiser une date parisienne à notre nom avant l’été.

