WEB + BEY en Interview Flash : Découvrez l’avenir du rock français !

Faites la connaissance des futures superstars de la scène pop rock française !

C’est à l’occasion du Printemps de Bourges qu’on a fait la rencontre de nos artistes coup de coeur de cette année : Bey et WEB. Le premier vient de sortir un tout nouveau single explosif, et le dernier a enflammé Bourges en faisant partie de la mythique sélection des Inouïs. Et à l’occasion de leur concert commun qui arrive le 5 juin prochain à La Boule Noire de Paris, on vous propose de découvrir un peu mieux leurs univers respectifs.

WEB, l’Interview Flash :

1) Salut les gars ! Pourriez-vous vous présenter et nous expliquer comment le groupe WEB est né ?

Basile : Du coup je m’appelle Basile, j’ai 21 ans… Je suis chanteur et je fais de la basse pour le groupe.

Eliott : Moi je m’appelle Elliott, je fais la guitare, je chante aussi. Et j’ai 20 ans !

Matt : Et moi c’est Matt, le batteur du groupe. Et j’ai 22 ans.

William : Enfin, je suis William, j’ai 21 ans et je fais de la basse et du chant sur scène.

Eliott : Le projet est né quand j’ai rencontré Basile, au lycée. Puis après, on a rencontré William à la fac. On a commencé à faire un petit peu de musique entre nous, à mélanger nos influences. Puis on a rencontré Matt juste après, tout juste quand le projet commençait à prendre une tournure plus rock. Et c’est vrai que la forme finale de WEB, elle est véritablement arrivée en 2023, avec ce line up actuel.

2) Comment définiriez-vous le son WEB ?

Elliott : Aujourd’hui on peut nous définir comme un groupe de pop rock qui chante en français.

William : Je pense que WEB, c’est la fusion entre pop et rock, c’est un peu nos influences. Ça peut ressembler à ce que certains artistes étrangers font, genre Måneskin ou encore YUNGBLUD – dans la forme plutôt dans le fond.

Matt : Tu peux rentrer un peu plus dans les détails, par exemple nous sommes un groupe dans lequel il y a trois chanteurs principaux.

William : Oui, c’est vrai ça. On peut carrément nous qualifier de boysband, ce n’est pas une étiquette qu’on refuse. Et sinon, autre particularité, on écrit beaucoup sur l’expression de soi, l’expression des sentiments, sur la santé mentale tout ça…

L’étiquette boysband, ce n’est pas quelque chose qui vous effraie ?

Matt : Non, pas du tout.

William : 0 %.

Matt : Non, on l’aime plutôt, même. On l’adore !

Basile : On aime bien ces codes, honnêtement. Ils nous vont bien.

Quels artistes inspirent le plus vos chansons ?

William : Måneskin, Bring Me The Horizon, YUNGBLUD… Et je crois que j’ai fait le tour.

Tous ensemble : Et MGK, MGK. Machine Gun Kelly.

D’ailleurs, auriez-vous une collaboration de rêve sur la scène francophone ?

Tous : Calogero.

William : En vrai, je pense que sur la scène française, si on est associés à un groupe qui a bien marqué les années 2000… Kyo par exemple, on les kiffe de fou. Sinon, il y a des artistes émergents comme THÉA, comme BLOU FEET, qui sont très forts aussi.

Matt : J’avoue. Ce serait des collab’ très intéressantes pour le futur.

3) Parlez-nous un peu de votre dernier single, “Foutu Désaccord”. Comment est-il né ?

Basile : Cette chanson, on l’a composée lors des sessions pour notre futur EP. Et c’est vrai qu’elle se détachait un petit peu des autres, par une singularité dans ses sonorités. On a pas mal puisé dans le rock français, genre Kyo par exemple, pour cette chanson. Elle ressemble un peu à “Docteur” en fait. Et elle parle d’amour, aussi. De l’amour triste. Ça représente bien le projet, on va dire.

Vous mentionnez “Docteur”, et c’est vrai qu’on a eu un véritable coup de cœur pour ce titre au moment de sa sortie. On sent qu’il raconte une histoire plus profonde, quelque chose de plus compliqué. Qu’avez-vous tenu à exprimer au travers de cette chanson ?

William : En vrai, quand on compose, c’est très spontané. C’est jamais hyper réfléchi, on ne va pas se dire “OK, aujourd’hui on fait un son qui parle de ça”. Il me semble qu’on a commencé par faire les instruments, puis le texte est venu hyper naturellement. On a écrit tous les quatre ensemble, et c’est un sujet qui nous touche beaucoup, c’est-à-dire la perception que les autres ont de nous, le jugement de gens qui ne comprennent pas le projet…

4) Cela fait quelques mois que vous enchaînez les singles, est-ce qu’on pourra les retrouver sur un projet à venir prochainement ? Quels sont vos projets pour la suite ?

Basile : Pour l’instant, les quatre premiers singles étaient là pour commencer à donner l’identité du projet. C’était les quatre premiers dans cette formation actuelle, et il y en a sûrement certains qui ressortiront dans notre EP qui arrivera en fin d’année.

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5) Le 5 juin prochain, vous allez vous produire à la Boule Noire aux côtés de Bey. Qu’est-ce que vos fans peuvent attendre de ce concert qui est déjà sold out ?

Basile : Beaucoup d’énergie. Je pense que ça va être un concert à ne pas rater pour les fans de rock français. D’ailleurs, Bey s’intègre pas mal aussi dans notre direction artistique, en termes de thèmes abordés et de sonorités. C’est assez moderne et pop, sous un fond un peu rock. On va jouer des exclus, ça sera un peu le teasing de notre EP. Ça sera notre plus gros concert depuis le début du projet, et ce sera une occasion de fêter plein de choses ensemble.

Découvrez le dernier single de WEB – Foutu Désaccord :

Bey, l’Interview Flash :

1) Salut Bey ! C’est ta première fois à Bourges, qu’est-ce que ça te fait d’être là pour ce festival si mythique ? Il me semble que tu n’étais pas là pour chanter, mais plutôt dans le cadre d’un dispositif…? 

Franchement, c’est génial ! J’ai beaucoup de chance d’être là grâce au dispositif Synergies Live. Donc c’est la SACEM et Ekhoscènes – qui est un syndicat de producteurs de spectacles – qui se sont unis pour parrainer des artistes. Les artistes sont sélectionnés par des producteurs de spectacles, et pour moi c’était Caramba. Et donc il y a tout un dispositif mis en place, on a passé quelques jours dans les locaux d’Ekhoscènes à Paris. Et Bourges, c’est un peu la deuxième étape, après il y aura le MAMA et je sais qu’il y a pas mal d’autres petits rendez vous donc c’est vraiment trop cool. On a beaucoup, beaucoup de chance d’être là. 

Il y avait, je pense, pour beaucoup d’entre nous pas mal d’appréhension au début. Par rapport au déroulement, de comment ça allait se passer, les rencontres avec les professionnels de l’industrie etc. Parce que ça doit être assez fatiguant, pour eux, de rencontrer quinze jeunes à la chaîne comme ça, et au final tout le monde est super bienveillant. Dès que tu croises quelqu’un que tu connais, il te prend avec lui, il te présente à ses collègues…. J’ai pas senti de moment de gêne, je me suis directement senti à ma place. On voit des concerts de fou, on rencontre des gens de fou, on mange des trucs de fou. C’est un peu même touchant d’être ici parce qu’il y a énormément de gros noms qui sont passés par là. Hier, je suis allé voir Yoa, on nous a expliqué qu’elle avait fait les Inouïs et ça motive de fou.

2) Tu es un très jeune artiste, comment as-tu commencé la musique ? 

J’ai commencé assez jeune, quand même. Grâce à mon père, j’ai vraiment été bercé par le métal durant l’enfance. Et très vite on a formé un groupe avec mes frères, j’ai fait partie de plusieurs groupes d’ailleurs. Dès mes huit, neuf ans, on montait sur scène en reprenant du Metallica, du ACDC… Et petit à petit, j’ai commencé à ouvrir mes horizons en écrivant, j’ai également découvert la soul et plein de styles que j’ignorais complètement. En fait, c’est ce qui m’a ouvert les yeux sur le fait que la musique, ce n’est pas juste de la musique – c’est aussi du texte, c’est aussi des accords, c’est aussi un propos, un propos de fond etc. 

C’est important, pour toi, d’avoir un propos de fond en écrivant ? 

Pour moi, le fond fait que ta chanson va rester dans le temps. Et j’essaie vraiment de voir la musique comme une capsule temporelle. Chaque projet, chaque morceau est une capsule temporelle. Cela reflète ce que tu étais à un instant T. C’est un peu un album photo, tu vois. Je le vois vraiment comme ça. Mon premier projet, bien sûr que lorsque je l’écoute, je me dis que j’étais nul ! Mais d’un autre côté, c’est super touchant parce que je me revois à 19 piges, j’étais dans cette situation là, je venais de me faire larguer… Et ça permet de figer le temps. Et donc, avoir un propos de fond, c’est pour moi super important parce que c’est ce qui va rester de nous, c’est la trace qu’on laisse et j’ai envie que cette trace soit la plus cohérente et authentique possible.

3) Comment tu définirais le son de Bey ? 

Moi je dirais que je fais de la chanson rock. Parce que je fais du bon rock comme on l’aime, et en même temps j’ai un gros gros penchant pour les textes, pour les grilles d’accords des chansons françaises. Typiquement, mon compositeur préféré, c’est pas Metallica – c’est Michel Legrand, tu vois ! Donc nécessairement, j’essaie de mélanger ces deux styles qui peuvent paraître opposés, mais de toute façon je trouve qu’il est devenu compliqué de nos jours de proposer quelque chose de nouveau tant tout a été fait. Maintenant, on a tellement de cartes en mains possibles qu’il faut juste les mélanger pour essayer de trouver sa sauce à soi, et au final c’est là qu’on innove. C’est en trouvant des moyens de mélanger des choses qui ne sont pas forcément faites pour l’être. Et donc ouais, la chanson rock, je pense que c’est ce qui me définit le mieux parce que j’aime les textes, j’aime les belles mélodies, mais j’aime aussi quand ça tape. J’aime aussi quand ça accroche l’oreille. J’ai plein d’autres influences de dubstep, d’électro. J’essaie vraiment de regrouper tout ce qui me plaît au sein de mon propre son.

Hormis Michel Legrand du coup, quels artistes ont inspiré le son de Bey ? 

Je pense qu’il y a déjà Bring Me the Horizon. Mais c’est plus pour leur audace, sinon musicalement c’est pas tant mon style. Ils repoussent toujours les limites, ils arrivent toujours à surprendre avec quelque chose de nouveau. Alors que le métal c’est tellement codifié, et eux sur leur dernier projet ils vont carrément puiser dans l’hyperpop et toutes ces sonorités qui de base n’ont rien à voir. Sinon en français, bien évidemment Michel Legrand. Pour la partie harmonique du projet, et Laylow m’a beaucoup beaucoup influencé aussi. Dans ses toplines, dans sa manière de poser la voix. Sa signature vocale, je la trouve exceptionnelle même si je ne suis pas ultra fan des textes. C’est pas des textes qui vont me toucher, même s’il y a des pépites merveilleuses.

4) L’année dernière, tu as sorti ton premier EP : SI J’MEURS DEMAIN. S’il fallait nous donner une chanson à absolument écouter sur ce projet, tu dirais que c’est laquelle ? 

Clairement “Monde gris”, celui qui clôture l’EP. C’est un morceau qui représente vraiment ma vision du monde, du moins celle que j’avais à ce moment-là. Ça a évolué depuis. C’est justement pour ça que j’ai voulu, sur les nouveaux morceaux, marquer un step esthétique et affirmer ce côté rock sans pour autant sacrifier le côté chanson. J’ai également voulu affirmer un step visuel aussi, pousser un peu plus ma D.A. à fond. Je ne suis plus le petit ado dans sa chambre, qui fait des musiques tristes. J’essaie d’avoir une nouvelle posture, plus adulte, plus mature – parce que c’est ce qui s’est passé dans ma vie. Ça revient à ce que je t’ai dit tout à l’heure, je raconte juste ma vie dans mes morceaux. C’est ma capsule temporelle, et “Monde Gris” est le morceau qui représente le mieux cette phase de ma vie.

C’est intéressant que tu parles d’évoluer, de devenir un adulte mature. Parce que, à l’écoute de tes singles de cette année comme “Vie de rockstar” et “La bombe”, je ressens tout de même ce caractère de rébellion – qui, finalement, est une des caractéristiques de l’âge adolescent. 

Mais je ne pense pas que la rébellion soit forcément un caractère adolescent. C’est pas tant pour le style que je dis que je fais du rock, c’est parce que j’ai vraiment la mentalité du rock, j’écris mes chansons avec la sincérité qui caractérise une chanson rock. Et c’est pour ça que l’esprit rock, c’est pas juste des guitares saturées, c’est pas juste une esthétique, c’est vraiment une mentalité. Je ne trouve pas forcément cet aspect de rébellion dans mes chansons, c’est plus de la dénonciation du monde actuel. C’est pas genre “Toute façon, à 18 ans je me casse d’ici”, mais c’est surtout qu’on vit dans un monde qui est révoltant tout simplement. On voit des trucs révoltants tous les jours, et avec ces chansons j’essaie de trouver ma place dans ce monde oppressant. Et parfois c’est pas évident. C’est pour ça que mon nouveau projet va être en deux parties : une partie un peu plus lumineuse et une partie beaucoup plus sombre, plus désabusée, un peu fataliste. Car le monde peut être merveilleux comme il peut être vicieux, et pour en parler il faut être sincère. 

On va parler un peu de “La Bombe”, le single que tu viens tout juste de sortir. Comment est né ce titre ? 

Ce titre a été créé dans l’urgence. Je me suis véritablement imposé ce challenge, genre il ne te reste plus que quelques heures à vivre avant que la bombe explose – qu’est-ce que tu fais ? Il y a beaucoup de chansons politiquement engagées, de nos jours, mais ce n’est pas du tout mon but. Mais je voulais vraiment imaginer, me mettre en situation, réfléchir à ce que je ferais s’il ne me restait plus que quelques heures à vivre. Qu’est-ce que j’en fais de ce temps ? C’est une crainte générationnelle, je pense, la crainte d’une apocalypse. Et il faut qu’on l’accepte, en vrai, car on ne peut pas y faire grand chose de toute façon. L’art a bien-sûr un rôle là-dedans, mais en dehors de partager mon avis sur le sujet je ne peux pas faire grand chose. On est des spectateurs, et c’est ce que je voulais dire avec ce single : qu’est-ce qu’on veut mettre en place, sur le plan humain, si jamais le monde en venait à s’arrêter demain ? 

Tu dis que tu ne tiens pas à faire des chansons politiquement engagées. Est-ce que ce n’est pas un peu ironique de dire que tu souhaites que tes chansons soient pleines de sens et raconter quelque chose… et finalement réfuter l’aspect politique de la musique ? 

Je pense que l’aspect politique, on ne le met jamais de côté. Rien que dans ma musique, je peux parler de mes opinions, de ce que je pense, et en faisant ça je me politise involontairement. Rien que dans mon morceau le plus populaire – “Pornstar” – je commence par “Paraît que le vernis noir, ça fait p*d*”. Mais c’est parce que je me suis pris cette remarque plein de fois, et cette chanson me politise malgré moi. Elle démontre que je suis queer friendly. Il suffit juste d’écouter mes chansons pour prendre connaissance de mes valeurs et de mes opinions, et quoiqu’il arrive je suis politisé. Mais je n’ai pas envie de mettre cet aspect en avant. 

Car cela peut sembler forcé ? Performatif ? 

C’est ça. Dans la vie, je ne suis pas plus militant que ça. Alors je ne vais pas prétendre que je le suis dans ma musique. Si quelque chose me touche, bien-sûr que je vais descendre dans la rue pour me battre. Mais je ne suis pas dans la rue, à manifester, tous les samedis. Alors ce n’est pas la peine de prétendre que je suis militant dans mes chansons si je ne le suis pas dans la vie. Je me dois d’être sincère et honnête dans la musique. Je vais pas faire un titre qui dit “Fuck le RN”, même si je le pense. Mais tu peux déduire mes opinions politiques en écoutant mes chansons. 

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Est-ce que ces singles que tu sors actuellement vont donner sur un EP ? 

En effet, il y a la première partie de mon nouveau projet, qui sort le 6 juin. Le lendemain de La Boule Noire avec WEB. La partie 2 sortira à l’automne, et j’espère vraiment avoir l’opportunité de les défendre toutes les deux sur scène le plus possible. C’est ça, mon ambition principale dans la musique. Je veux faire en sorte que les gens se rencontrent, et qu’on puisse se retrouver à chaque concert comme une vraie petite famille. Je rêve pas de faire un Zénith, je rêve pas de faire le Stade de France, moi je veux la petite salle dans laquelle on se sent safe.

Et sinon, pour 2026, je pense déjà à ce gros projet d’album. Je veux pouvoir tester plein de choses, expérimenter, j’ai également plein de feats que j’ai commencé et que j’aimerais sortir. Sur des projets méga personnels comme les miens, je pense qu’il serait difficile d’y caler une collaboration parce que ça collerait pas, mais j’ai tout de même envie de juste sortir des sons comme ça pour le plaisir avec d’autres artistes. Peu importe s’ils ne vont pas rester dans le temps, je veux juste me faire kiffer, ne plus me prendre la tête. Et je pense qu’ils sortiront après ces deux EP, lors d’une période d’entre-deux.

5) Le 5 juin prochain, tu seras sur scène à La Boule Noire avec les garçons de WEB. Qu’est-ce qu’on peut attendre de ce concert qui est déjà sold out ? 

Ça va être zinzin. WEB, ça tabasse, c’est très pogo. 

Pour ma part, je suis plus varié. J’incorpore beaucoup d’influences chanson françaises, donc mes concerts sont de véritables montagnes-russes. Je pense que je vais vraiment réussir à chauffer la salle pour eux, car ils passeront après moi. Ça va être très beau, et il y aura également de belles surprises. Ce sera un show qui nous ressemble, et notre public est majoritairement le même. À partir du moment où on se rend compte qu’on fédère du monde, qu’on reconnaît les mêmes visages qui viennent à nos concerts, on se dit qu’on s’en fiche de faire des stades.

Découvrez le dernier single de Bey – La Bombe :