Idols : YUNGBLUD atteint la maturité sur son nouvel album !

Nous avons écouté le nouvel album de YUNGBLUD lors d’un événement dans le mythique Grand Rex. Qu’en avons-nous pensé ? aficia fait sa critique !

C’est un projet que j’ai adoré suivre au fil des ans, mais que j’avais également perdu de vue plus les albums passaient.

Suite à ma découverte de YUNGBLUD en 2018 après la sortie de son premier EP, j’ai adoré suivre le chanteur anglais qui représentait pour moi un renouveau dans la musique pop-rock. L’excellent weird! a marqué mes années pandémie avec ses hits revendicateurs et engagés sur des airs rock émo nostalgiques, seulement l’inspiration semblait commencer à manquer par la suite.

Avec son album éponyme sorti en 2022, YUNGBLUD semblait s’être définitivement perdu dans les attentes que le public projetait sur lui, nous livrant ainsi un album bourré de gimmicks gênants et inintéressants. La cerise sur le gâteau fût le duo avec Louane sur la version française de “Tissues”, qui malheureusement peine à répliquer l’énergie de la version originale. Néanmoins, cela permettra à YUNGBLUD d’atteindre le #29 de l’airplay général français.

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Cette dissonance entre ses premiers albums et le dernier, YUNGBLUD l’a sentie – et c’est ainsi qu’il a décidé de tout couper afin de mieux revenir. Presque trois ans après YUNGBLUD, Idols se présente comme l’album de la maturité. Nous avons assisté à un évènement se déroulant au Grand Rex, lors duquel YUNGBLUD nous a proposé d’interpréter plusieurs titres en live, entre deux visionnages et écoutes de contenu exclusif (et pour la peine, aucun téléphone n’était autorisé à l’intérieur).

Plus apaisé que jamais, le rockeur a répondu à plusieurs questions sur le processus créatif de ce projet, qu’il a préparé lors d’un isolement dans le Nord de l’Angleterre. Au sujet du concept général, il déclare : “Nous nous tournons vers les autres pour nous trouver une identité avant de nous tourner vers nous-mêmes. Croyance en soi, revendication de soi, évolution et changement de soi. En grandissant, nous perdons notre foi en la magie et le mystère. Nous commençons à tout rationaliser, les murs de notre cage se construisent. Nous nous comparons à 15 personnes différentes avant même d’avoir pris notre petit-déjeuner.”

Mêmes thématiques, écriture différente

Vous allez vous dire que, en réalité, c’est une thématique que YUNGBLUD avait déjà abordée dans ses projets précédents. Et on vous répondra que oui. Seulement, on nuancera en affirmant que l’exécution est différente cette fois. À l’image du YUNGBLUD que nous avons rencontré à Paris, Idols présente une facette plus mature et posée de son interprète. Exit les hymnes à la rébellion, YUNGBLUD  a dépassé le stade de l’adolescence tardive et nous laisse le voir au-delà du personnage qu’on lui a créé à la scène : cette fois, c’est bel et bien Dominic Richard Harrison qui se confie à nous.

Qu’il s’agisse de chanter un amour déchu, les injustices sociales ou encore la guerre dans le monde, le message passe mieux que jamais sur ces 12 chansons focalisées sur une production plus organique et un texte plus percutant. La rage et le feu qui ont popularisé sa musique sont toujours présents, mais beaucoup plus maîtrisés, ce qui permet de mieux faire passer le message – le tout grâce à la production de Matt Schwartz, qui permet de nuancer le rock de YUNGBLUD en lui apportant des airs tantôt alternatifs, tantôt grunge et même punk. Dès l’ouverture du projet, nous savons que nous nous apprêtons à écouter un disque grandiose : “Hello Heaven, Hello”, du haut de ses neuf minutes de durée, annonce la couleur. Aucun compromis ne sera fait, et il faudra prendre YUNGBLUD comme il est ! “Sans risque, pas d’innovation” comme il le dit lui-même, et l’ambition sur le plan sonique paye avec ce qui est probablement le meilleur disque de son – encore courte – carrière. 

Parmi les meilleurs moments du disque, on garde “Idols” (“part I” et “II”) qui rappellent le pop-rock mélancolique de U2 au siècle dernier. La référence au groupe irlandais est d’autant plus évidente dans “Monday Murder”, qui érige une critique de la banalisation de la guerre dans notre société (tout en critiquant l’inaction du gouvernement anglais). On est également emportés par “Zombie” et sa production country transperçante, et comment ne pas parler de “Ghosts” qui mélange à merveille le classique et l’électronique ? “The Greatest Parade” pourrait faire un très bon prochain single tant il y a du potentiel d’en faire un hit de l’été. On s’imagine déjà faire nos meilleurs roadtrips au son de ce banger, et en hiver on se projette au son de la magnifique balade “Change”. Rajoutez à cela que les chansons s’enchaînent à la perfection (les transitions sont très soignées), et on obtient un des highlights britpop de l’année !

Découvrez le nouvel album de YUNGBLUD – Idols :

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YUNGBLUD - Idols
Verdict
Un album égal du début à la fin, qui nous montre une facette encore jamais explorée de YUNGBLUD. C'est rock autant dans le contenu sonore que dans le texte, et on en redemande !
Note des lecteurs3 Notes
5