Sam Sauvage - @axlpict
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Sam Sauvage en interview Sans Filtre : “J’ai décidé que 2026 serait l’année de mon premier album”

À l’aube d’une nouvelle étape de sa carrière, Sam Sauvage s’est confié à aficia juste avant la sortie de son premier album. Nous sommes revenu avec lui sur la composition de ce projet, son rapport à la scène et ce que représente pour lui sa nomination aux Victoires de la Musique.

Durant deux soirées de janvier, Spotify a posé ses valises à La Maroquinerie dans le 20ème arrondissement de Paris pour lancer la deuxième édition du Radar Festival. Deux soirées de festivités ayant pour but de permettre aux artistes émergeants de l’année de jouer devant leur public. A cette occasion, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Sam Sauvage pour revenir avec lui sur sa nomination aux victoires de la musique ayant eu lieu deux jours plus tôt. Ainsi, nous avons pu discuter avec lui de sa fulgurante ascension durant l’année 2025, de la composition de son futur album et de son rapport avec son public.

Sam Sauvage, l’interview Sans Filtre :

Salut Sam, comment vas-tu ?

Écoute, ça va bien. On vient de finir les balances, là. C’est la deuxième fois qu’on joue ici mais ce soir on a un son pourri. Mais malgré tout, on va faire ce qu’on peut ! On va tenter de faire au moins un concert correct *rire*

Pour les gens qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux faire une petite présentation de ta musique ? Comment est-ce que tu la définirais ?

J’avoue que j’aime pas trop les étiquettes, je pense que c’est un mélange d’influences du passé et du présent. C’est comme ça que j’essaie de le définir. Moi, j’appelle ça de la « nouvelle chanson française ». Pour pas dire chanson française, ni rock, ni pop, ni variété, ni électro. Je mélange un peu tout ça, j’en fais un mix avec beaucoup de texte et ça donne Sam Sauvage.

Est ce que qualifier la musique sous certaines étiquettes c’est quelque chose qui te plait ?

Pas tant que ça … Disons que moi, c’est pas mon truc parce que j’aime bien avoir des morceaux éclectiques. C’est-à-dire que j’ai un morceau qui peut faire techno, un morceau qui fait plus rap et un autre qui est plutôt rock. Parfois, il y en a même qui sont les trois en même temps. J’ai juste besoin d’être chaotique dans la création.
Et après, je me dis que si jamais ça peut aider les gens, les étiquettes, tant mieux. Mais c’est vrai que moi, je sais pas au travers de laquelle je suis le mieux représenté.

Tu sors ton premier album fin janvier, comment as tu vécu sa création et sa composition ?

Ça dépend des chansons… Certaines ont cinq ans, mais d’autres ont seulement deux mois. Elles sont arrivées en fin de mix. J’ai fait chier toute mon équipe en leur disant : « J’ai un nouveau titre, il faut absolument le mixer ». C’est comme ça que le projet s’est conclu. *rire*
Moi, je sacralise très peu les créations d’albums. Il y a des moments cools et d’autres moins. Je veux dire, c’est très aléatoire. Parfois, c’est un peu le chaos à cause des deadlines, mais ça, c’est l’industrie de la musique qui le veut. Mais on s’y plie parce que c’est la règle. Malgré tout, ça a franchement été un bonheur de le faire. Et surtout, c’était une longue attente. Donc je suis content de le sortir.

A quoi est due cette longue attente ?

Même si je sacralise pas les sorties d’album, c’est quand même le premier pour moi. J’avoue que j’aurais pu en sortir un pendant les dix ans depuis lesquels je fais de la musique. Mais j’ai décidé que 2026 serait l’année de mon premier album.

C’est ton premier album, mais ce n’est pas ta première release malgré tout. Tu as travaillé sur le format EP jusqu’à maintenant. Est-ce qu’il y a une différence entre la création d’un album et la création d’un EP ?

Personnellement, je ne vois pas une grande différence, mis à part sortir plus de titres. En fait, maintenant, l’album, ça ne veut plus dire grand-chose. Un album c’est un contenant. Il y a plein de gens qui vont encore dire que c’est très important. Pour beaucoup, un album, ça raconte une histoire, un univers. Moi, je suis très peu dans les albums concept. Donc un EP résonne comme un album. Pour moi, c’est juste un contenant de musique et je mets tout ce que j’ai envie de mettre dedans Sans faire forcément de lien. J’ai un peu de cohérence entre les titres, mais c’est pas mon fer de lance.

Est ce que faire un album concept, c’est quelque chose qui pourrait te tenter à l’avenir ?

J’écoute de temps en temps des albums concept avec par exemple des B.O. de film, des trucs comme ça. Mais faire un album chanté avec des morceaux qui racontent des choses… Par exemple, faire toute une histoire en un album, j’ai jamais compris et ce n’est pas fait pour moi. Il y a des gens qui sont sensibles à ça mais moi, je n’y ai jamais été. C’est vraiment une histoire de goûts.

On arrive dans la période des cérémonies de récompenses. Tu as été nommé Révélation masculine aux Victoires de la musique. Comment on vit une exposition pareille ?

Et bien je suis à la fois très dedans et à la fois très détaché pour m’en préserver. C’est bien stressant… C’est quelque chose dont je n’ai pas l’habitude et surtout, je ne m’y attendais pas, quoi. Ce n’est pas pour faire genre : « Ah, quelle surprise ! ». C’est vraiment une surprise pour moi.

Je me disais : Bon, ça a l’air de prendre un peu d’ampleur, en effet, c’est cool. Il y a un petit truc qui se passe , il y a une tournée, c’est très différent des dix dernières années. Et je pensais qu’en 2027, peut-être que si l’album fonctionnait bien, on aurait pu y croire un peu. Cette année, moi, je n’y croyais pas du tout. Et quand j’ai reçu un coup de fil pour l’avoir, je me suis dit : « Ok, c’est vraiment arrivé ». C’est cool, je vais pas m’en plaindre. Mais je me pose pas tant cette question. J’essaie de pas trop en faire un truc très important dans ma tête, même si pour moi, ça l’est, parce que sinon, je vais me stresser.

La pression est différente pour un show de l’ampleur des victoires ?

Oui, bien sur ! C’est normal, c’est l’exposition, tout ça. Même si mon exposition, je n’en ai pas peur, quand je vais m’afficher devant trente mille personnes dans un festival, c’est pas un problème parce que je passe un moment avec les gens. Mais là, c’est une émission de télé, donc il y a un truc un très différent. C’est pour ça que j’essaie de considérer la cérémonie comme un concert . Si j’arrive à le faire le jour J, ça ira mieux !

En parlant de concert, quel rapport tu as avec le live ?

On reprend aujourd’hui donc c’est un peu galère. Je t’avoue que je suis légèrement stressé pour ce soir. Je me demande comment ça va sonner, mais on va tout donner. Mais en général, j’ai un très bon rapport avec le concert . Même encore plus que avec le studio. Avant c’était plutôt l’inverse… Mais maintenant, je me dis qu’il y a un truc. C’est vivant quoi ! Même prendre la route ça me plait, tout ce qui est en dehors du concert m’intéresse tout autant que le show en lui même.

Tu dis maintenant parce qu’avant ce n’était pas le cas ?

Avant, j’avais très peur… Il y a encore trois, quatre ans, faire un concert, c’était une épreuve. Ça l’était encore l’année dernière. Mais maintenant, c’est vraiment une rencontre avec le public. Avant, c’était vraiment un affrontement avec tout le monde et je prenais ça comme une arène. Mais à partir du moment j’ai changé de regard sur les gens, les gens ont changé de regard sur nous. Aujourd’hui je ne vois que du positif dans les concerts !

Tu es en tournée depuis 2024, ça fait quoi de faire ses premières tournées ?

On est super content, d’autant plus que ça évolue ! On voit les gens qui reviennent de concert en concert. Je trouve ça hyper chouette. J’ai attendu ça toute ma vie en quelques sortes. Bien sûr qu’il y a la fatigue, le stress, et tout, mais je vais jamais me plaindre. Il y a plein d’artistes qui rêveraient de faire ça. C’est à chaque fois ce que je me dis quand il y a un concert qui est fatigant. Quand il y a une fin de semaine qui est un peu dure, je me dis : « Ouais, OK, t’as ça dans les pattes, c’est un peu dur, le son est pas dingue, la salle est un peu galère. Peut-être que le public est pas très chaud ce soir ». Mais je repense à mes années passées et à tous les artistes que je connais qui n’ont pas la chance de le faire. Et d’un coup, ça va beaucoup mieux. Puis la tournée, je l’attendais tellement que je ne pourrais jamais m’en plaindre.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir avec la sortie de l’album ?

Déjà il y a des victoires et un succès commercial. *rire* Non, mais, au-delà de tous les rêves de grandeur qui appartiennent à chaque artiste parce qu’on a tous un problème d’ego pour faire ça. On a tous envie que ça grossisse le plus possible. Mais pour l’instant, je veux que ça continue, sans forcément aller plus loin. J’ai envie de toujours partir en tournée, vivre de la musique, ce qui est le cas cette année. Tout ça, c’est déjà une reconnaissance énorme à laquelle je ne m’attendais pas.

Découvrez Mesdames, Messieurs ! le premier album de Sam Sauvage :