Macadam Crocodile - © Pierre-Emmanuel Testard
Macadam Crocodile - © Pierre-Emmanuel Testard

Macadam Crocodile en interview : “On veut vraiment faire danser les gens, que la musique ne s’arrête jamais”

Exclusivité aficia

À l’occasion de la sortie de son nouvel album Back In The Ring (live), Macadam Crocodile a bien voulu répondre à nos questions sur aficia.

Après plusieurs expériences en solo, Xavier (synthé, machines, voix) et Vincent (batterie, synthés, prog) unissent leurs forces et crée le groupe Macadam Crocodile. À la croisée de ce qui se fait de mieux aujourd’hui, entre pop, funk et disco et électro, le duo propose à un album live de qualité qui aura mis deux ans à naître. Ces deux musiciens hors pairs nous en parlent avec beaucoup d’humour et de bonnes ondes ! 

Macadam Crocodile : l’interview…

Pourriez-vous présenter individuellement ?

Macadam Crocodile - Back In The Ring

Xavier : On peut commencer comme ça oui ! Je m’appelle Xavier. Je te présente Vincent à ma droite. On est membres du groupe Macadam Crocodile. Pour présenter le groupe, on ne s’est pas dit à la base qu’on allait faire un projet pour faire un projet. On est musiciens depuis longtemps, avec des expériences chacun de notre côté depuis pas mal d’années. J’ai un groupe qui s’appelle Gush avec qui j’ai fait des albums, des musiques de films, des grosses tournées et Vincent a également une expérience de musiciens.

Vincent : Une expérience de folie !  (Rires)

Xavier : Il a joué avec Isia, Alain Chamfort. Il a un groupe qui s’appelle Fortune aussi. Enfin, voilà, on a chacun bien bourlingué. En marge de ces projets, on s’est dit qu’on allait se retrouver pour faire de la musique, et vraiment pour s’amuser, pour un moment très récréatif.

Chacun complète l’autre dans ce groupe ?

Vincent : Oui puisqu’on joue chacun de nombreux instruments. On voulait se retrouver juste pour faire de la musique, sans la chapelure du travail, sans vouloir faire des tubes, sans que ce soit du travail.

Xavier : À la base, Vinc’ n’était pas batteur. Il s’est mis à la batterie juste pour Macadam Crocodile. Donc il y avait aussi un côté très expérimental… On est chacun dans des univers pop et rock à la base et là on expérimentait clairement d’autres choses. 

Si tu écoutes notre album juste avant de te coucher, ce n’est peut-être pas la meilleure des façons pour s’endormir

Xavier

À travers ce nouvel album, vous faites aussi bien de la pop que de l’électro, de la funk… comment définir votre style finalement ?

Vincent : En fait, dans la manière où l’on a créé le groupe, le but était de mêler quelque chose de très électro dans la technicité, de faire de l’électro avec les machines, et en même temps en alliant nos compétences de musiciens. Dans le concept du groupe, on voulait vraiment faire danser les gens comme une sorte de DJing où la musique ne s’arrête jamais. Mais comme on est musiciens, on voulait jouer cette musique. 

Xavier : À la base c’était juste des boucles et par dessus on a agrémenté des trucs un peu joués, un peu improvisés, sur le moment. 

Un problème peut se poser quand on ne sait pas trop définir son style. À quel moment de la soirée les festivals vous programment ? 

Vincent : Figure toi que dans la plupart des festivals, il y a d’abord une programmation scène et puis seulement après, un prog’ DJ pour clôturer. Nous, on s’inscrivait vraiment au milieu de ça. 

Finalement, vous offrez un album live qui peut s’écouter partout et ce, en une traite ! 

Vincent : Tout à fait ! 

Xavier : Et un peu intense ! (Rires) Disons que si tu l’écoutes juste avant de te coucher, ce n’est peut-être pas la meilleure des façons pour s’endormir. C’est vrai qu’on ressent dans un live une certaine intensité, qui apporte de la pêche. Mais c’est vrai que ce n’est pas forcément le côté prod nickel… il y a un côté un peu rugueux quoi !

Cet album est-il une façon de vous différencier d’une certaine manière ?

Vincent : On a en tout cas essayé de jouer la carte de l’authenticité et on s’est vraiment dit qu’on ne voulait pas faire comme tout le monde, c’est vrai. Au début, on voulait rapidement sortir nos titres pour nous faire connaître auprès de tous. Et finalement, on s’est dit que c’était pas nous. C’est finalement pour ça qu’on a enregistré cet album en live. Quelque part, cela nous différencie des autres et tant mieux !

Xavier : En fait, quand tu es un groupe, la différenciation des autres, c’est la base. Ce n’est pas que tu as envie de faire comme tout le monde, c’est que tu veux toi-même défendre ton identité. Le fait qu’il y ait ces deux facteurs, cela fait qu’on va piocher dans notre binôme,dans les atomes crochues qu’on a l’un envers l’autre.

En termes de processus, un album live est-il plus compliqué à enregistrer qu’un album studio ?

Xavier : C’est différent dans le sens où il n’y a qu’une prise et c’est celle-là. Il y a moins de “Viens, on le refait une deuxième fois, puis une dixième fois”. En studio c’est pratique car tu peux recommencer indéfiniment pour avoir le meilleur. Quelque part, cela nécessite un travail en amont qui est conséquent. C’est ça qui est compliqué en fait. Nous devons tout préparer en amont pour ne commettre aucune faute le jour J. Mais c’est plus simple, car une fois tout préparé, l’album est fait et on ne revient plus dessus !

Cet enregistrement en mode live nous permet d’entendre des applaudissement de fans, c’est assez inédit comme concept. C’est un peu comme si on y était !

Xavier : On a créé une soirée spéciale, le 11 avril 2018 au Badaboum à Paris où l’on a ouvert la soirée. On avait 400 ou 500 personnes qui sont venues, je ne me rappelle plus la jauge exacte, et on a appelé cette soirée Rec Party. On a invité les gens en leur expliquant qu’on allait enregistrer l’album avec eux.

C’était la soirée à ne pas rater, tant pour le public que pour vous finalement ? 

Vincent : C’était enregistré, et filmé, donc c’était le gros challenge !

À un moment, on avait un beau brouillon et on voulait finaliser tout ça. On a pris deux, trois mois pour finir ce qu’on avait créé en live. 

Vincent

On entend différentes voix sur vos morceaux. D’où viennent-elles ?

Vincent : C’est nous qui chantons (Rires), tout simplement ! On a Xavier qui est très très bon chanteur ! (Rires) Vas-y Xavier, pousse la chansonnette ! (Rires) 

Xavier : Non mais ta question est intéressante… Tu pensais qu’on prenait nos voix dans de vieux disques ? 

C’est qu’il me semblait avoir entendu des voix féminines par moments…

Vincent : Ah ! Il s’agit en réalité du chanteur leader Xavier qui maîtrise pleinement sa voix (dit-il avec un soupçon d’ironie, ndlr). Il sait faire les chœurs très aiguës, parfois lyriques. Donc oui, tout ce qui est voix, c’est nous ! 

Xavier : À la base, on a samplé des morceaux de vieilles funk, de James Brown, de Chik, de disco assez classique, on en a pris juste des petits bouts, on a tout reconstruit par dessus, les lignes de basses, puis on a écrit des chansons, on a chanté, on a mis des paroles, on a fait des trucs durs. C’est pour ça que c’est vraiment un mixe entre DJ-ing et de véritable performance. 

C’est en partie pour cela que cet album a mis du temps à sortir ? 

Vincent  : Oui, le set s’est pas mal construit au fur et à mesure des années car à la base on faisait des soirées pour faire danser les gens autour de deux trois boucles, on a improvisé complètement. De fil en aiguille, le set s’est affiné, des mélodies sont sorties avec des bouts de paroles. À un moment, on avait un beau brouillon et on voulait finaliser tout ça. On a pris deux, trois mois pour finir ce qu’on avait créé en live. 

C’est important de le signifier, on ne sait jamais trop comment cela se passe en arrière plan…

 Xavier : Complètement. C’est vrai qu’on avait tout enregistré en amont, les guitares, les basses, les loops dont on se sert aujourd’hui. On a tout enregistré en studio. Tout a été joué par nous en amont. Aucun instrument n’a été joué par un autre instrument que par nous même. 

Est-ce que sortir un album est une étape de plus dans votre carrière, était-ce essentiel ? 

Vincent : Je pense que c’est important pour les artistes, pour avancer, rien que pour que les médias qui s’intéressent à toi. Si tu as quelque chose qui va sortir, c’est mieux. Tu auras plus de dates en festivals et par conséquent plus d’audiences. De l’autre côté, c’est bien aussi. Si on veut passer à autre chose, concrétiser quelque chose, c’est une photo de cette époque de deux ans, et ça nous aide à vouloir passer à autre chose. Vient le moment de penser la suite, donc penser la suite c’est avant tout faire le disque de ce live et puis se tourner vers d’autres projets par la suite. 

À quel point êtes-vous fiers de ce disque ?

Xavier : Je pense qu’on a vraiment trouvé un truc qui est vraiment nous, authentique. Là-dessus on est vraiment content d’avoir remporté ce challenge.

Vincent  : Le fait que depuis le début on soit avec les gens, dans une ambiance club, avec beaucoup de sueurs, le fait d’enregistrer ce disque avec ces gens-là qui viennent danser, crier, qui sont contents, c’était tout à fait logique de la faire ça comme ça.

Dans cet album on retrouve également des remixes. Comment avoir fait le choix de tels ou tels remixes ?

Xavier : En toute honnêteté, cela a été un choix de la maison de disques, Allo Floride, qui voulait ouvrir la musique qu’on faisait à d’autres artistes. On a sélectionné des gars qu’on connaissait comme Anoraak qui était chaud pour faire un remix. Ça n’a pas été un exercice facile, car remixer un live, ce n’est jamais simple. Le résultat était hyper intéressant. C’était assez cool ! Et nous qui avions commencé par des clubs, se faire remixer par des DJs paraissaient complètement logique. 

Vincent : On apporte vraiment une dimension live à l’album puisque ça nous permettait de repasser un peu les morceaux dans une prod un peu plus studio, lui apporter une sorte de second souffle, une autre couleur, ce qui est fort agréable.

aficia est précurseur de nouveaux talents : S’il y avait un talent à faire découvrir ?

Vincent : Ah génial ! Ils n’ont rien sortis encore mais ils sont en train de travailler. Ça s’appelle Poudre Noir. Ils chantent en français, ils ont beaucoup de talents. Ils sont en train de produire leur premier album. J’ai pu participer à la production de quelques titres, et je participerai sans doute au mix. Ce sont des copains. C’est un groupe un peu sulfureux. Ils ont une façon d’écrire un peu vieille France, avec beaucoup de jeux de mots tout en ayant des personnalités un peu punk. Le mélange est assez bluffant ! Ça n’a rien à voir avec Macadam, mais c’est important de faire le lien.