Il y a des rappeurs qui s’écoutent, et d’autres qui s’éprouvent. Tuerie appartient résolument à la deuxième catégorie. Il est notre portrait de la semaine !
Une voix rauque, un verbe habité et un spleen musical entêtant, Tuerie, rappeur originaire du 92/95 est un de nos incontournables depuis l’an dernier.
Tuerie : son CV
Révélé aux oreilles attentives en 2021 avec sa mixtape Bleu Gospel, Tuerie s’est immédiatement imposé comme un ovni : un rappeur capable de naviguer entre boom bap et gospel, jazz et soul / trap, sans jamais perdre le fil de son identité. Un style qui lui est désormais propre.
Et c’est cette ambivalence qui fait sa force : chez lui, la virilité est sensible, l’égotrip est mélancolique, la rime fait écho à la confession.
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Son premier album Papillon Monarque (2023) est une œuvre charnière pour comprendre cela. Un disque dense, profondément personnel. On y croise les fantômes de son enfance, la figure de sa mère, la foi comme dernier refuge, l’amour comme un mal nécessaire.
Loin de la fiction, Tuerie déconstruit la sienne, couche après couche. Voilà qui, nous l’espérons, vous donnera envie de creuser l’animal…
Son actu, son album, Les Amants terribles
Si 2024, Tuerie a continué d’élargir son sillon, apparaissant sur des projets variés, c’est tout dernièrement, en avril dernier, que l’artiste a finalisé d’aborder ces thématiques, a travers son projet Les amants terribles.
Composé de 14 titres sur 38 minutes, le disque s’apparente comme la bande originale de sa véritable vie d’homme.
Musicalement, le projet aborde une cohérence entre le socle souls gospel de Tuerie, ses ambitions R&B et des nuances sonores pop-rock des années 2000. Le tout, accompagné d’arrangements et insertions sonores addictives (on pense notamment au son « Lundi »).
Une alliance osée, mais parfaitement calibrée, qui fait écho à ses influences éclectiques (rap, soul, chanson française, gospel).
Cette pluralité musicale rend l’album fluide, cohérent et profondément personnel, probablement l’apogée de ce que l’artiste a à offrir…


