Cela faisait trois ans que l’on attendait de nouvelles chansons de la part de ROSÉ, et cela n’a pas loupé : 2024 était indéniablement son année ! Son premier album solo, intitulé rosie, est une pépite pop à savourer sans modération. On vous en parle !
C’est une passe inévitable pour tous les groupes, qu’ils soient composés de filles ou de garçons. Il arrive un moment où faire des compromis pour une collectivité devient frustrant, et les membres ressentent – chacun de leur côté – le besoin de s’émanciper et cultiver leur propre son. C’est d’autant plus fort lorsqu’on provient d’un groupe de K-Pop, à la merci d’une compagnie de divertissement prête à tout pour renflouer les caisses.
Et c’est ainsi que, en août dernier, après huit ans d’existence, cela n’a surpris personne d’apprendre par la presse que Rosé, Jennie, Lisa et Jisoo de BLACKPINK avaient des réticences quant à renouer leurs contrats avec YG Entertainment. En fin de compte le groupe continuera sous l’ombrelle du label sud-coréen qui les a faites connaître, à une seule condition : que ce nouveau contrat ne concerne que les activités de groupe, leur laissant ainsi la liberté de choisir chez qui elles souhaitent publier leurs projets solo. Jouissant de cette nouvelle liberté de créer et de s’exprimer librement, les BLACKPINK ont commencé 2024 chacune de leur côté. Alors que LISA vient d’annoncer son premier album à venir l’année prochaine, ROSÉ n’a pas attendu très longtemps pour donner le coup d’envoi de cette nouvelle ère. Et c’est ainsi que les fans peuvent retrouver depuis quelques jours le premier opus de la vocaliste principale de leur girlgroup favori dans les bacs.
ROSÉ devient rosie
Intitulé rosie (stylisé en lettres minuscules), ce projet de douze chansons continue sur la voie de la vulnérabilité – un chemin que ROSÉ avait déjà emprunté en 2021 avec ses singles “On the ground” et “Gone”. Le temps de trente-six minutes, la jeune femme de vingt-sept ans se confie sur une relation douloureuse survenue il y a quelques années, mais aussi sur la pression ressentie lors de son temps au sein de BLACKPINK. Et quel meilleur moyen de commencer qu’avec “number one girl”, co-écrite par ROSÉ (comme la totalité du projet), et pleine de double-sens.
Car la première lecture pourrait laisser penser que cette bouleversante ballade s’adresse à un ex, mais il semblerait en réalité ce titre s’adresse aux internautes et au public plus généralement. C’est ROSÉ elle-même qui le confie pour Paper Magazine : “J’ai réalisé à quel point j’étais vulnérable et dépendante de ce monde [en ligne] et de ce besoin de me sentir aimée et comprise. En fait, c’est quelque chose que je dissimule. Même dans les interviews, je laisse penser que rien ne m’atteint, mais c’est bel et bien le cas. Chaque mot, chaque commentaire me tue.”
Une vulnérabilité encore rare
Être vulnérable, justement, c’est ce qui transparaît de cet album. rosie, c’est un petit peu la déconstruction du mythe de l’idol – cette popstar de K-Pop sans sentiments et sans limites, à la merci des compagnies et du public. C’est encore assez rare pour le faire remarquer, de voir une célébrité sud-coréenne de cette envergure se livrer sur ses hauts et ses bas. Et très probablement que le fait d’avoir conçu ce projet avec des Américains y est pour quelque chose, car rosie bénéficie de l’apport des hitmakers du moment. Niveau production, on retrouve la patte de Michael Pollack (Miley Cyrus, Justin Bieber), Blake Slatkin (Lil Nas X, Sam Smith), Greg Kurstin (Adele, Sia) ou encore le petit protégé de Dr Luke, Cirkut (Ava Max, Katy Perry).
Et pour l’épauler dans la tâche de l’écriture dans une autre langue, ROSÉ a sollicité des pointures comme Amy Allen (Sabrina Carpenter, Olivia Rodrigo) et Emily Warren (Shawn Mendes, FLETCHER). Ce sont ces dernières qui aident à apporter cette petite touche intimiste et vocale, presque Taylor Swift-esque, et pour cause – elles ont travaillé avec une majorité d’artistes qu’elle a influencé. On garde le mélancolique “two years” qui aurait pu sortir d’un album de Jeon Somi, “gameboy” avec ses accords R&B à la TLC, ou encore “dance all night” qui conclut l’histoire de l’album sur une note positive. Évidemment, comment ne pas parler du hit incontesté de l’album – l’irrésistible “APT”, un coup de cœur pop partagé avec l’icône Bruno Mars.
Mes seuls regrets restent une certaine inégalité entre les ballades et les bangers dansants (“APT” est presque out of place entre toutes ces chansons intimistes et introspectives), ainsi que la simplicité des visuels autour de ce projet. Les projets d’artistes de K-Pop nous ayant habitués à des visuels majestueux autant dans les photos que dans les clips, cela paraît peu – cependant, ce parti pris permet de mieux se focaliser sur la musique et sur ce qu’elle raconte.
Découvrez le premier album de ROSÉ :




