Jean-Jacques Goldman, l’artiste préféré des français…

S’il n’est plus au fait de l’actualité, Jean-Jacques Goldman n’en reste pas moins toujours présent dans le cœur des français et aura marqué, avec le plus grand des talents, le paysage musical français pendant plus de vingt ans. Retour avec aficia sur la carrière Jean-Jacques Goldman.


Jean-Jacques Goldman, c’est une musicalité, une signature, mais surtout des textes qui ont su nous toucher au plus profond de nous-même, nous émouvoir jusqu’aux larmes et nous marquer indélébilement au cœur. Nous avons tous nos références, nos genres, nos styles ou nos préférences, mais nous avons tous au fond de nos mémoires, tapis quelque part en guise de refuge, un texte ou une chanson de Jean-Jacques Goldman. Car c’est cela la force de l’artiste, cette capacité à mettre des mots sur des émotions, des sentiments, des vécus, des aspirations, des moments de vie, des rêves mais aussi des failles ou des blessures…

Les premiers pas dans la musique

Né le 11 octobre 1951, dans le 19e arrondissement de Paris, le jeune Jean-Jacques Goldman connaîtra une enfance heureuse. Timide et plutôt solitaire, il apprendra à s’ouvrir et se rapprocher des autres grâce à son expérience chez les scouts : pendant huit ans ils sera présent chez les Éclaireurs de France, mouvement laïc proche du parti communiste, qui lui apporteront surtout sa passion pour la guitare qu’il découvre pendant ces années.

Durant sa scolarité ou il ne brille pas vraiment Jean-Jacques Goldman intègre les Red Mountain Gospellers de la chorale de l’église de Montrouge, belle ouverture pour ce fils de famille juive dont le père Alter Mojze Goldman était un communiste convaincu. C’est là qu’il commence et perfectionne sa formation musicale avec des cours de piano et de violon, se voyant même mis à la direction du nouvel orgue électronique acheté par la paroisse. Cette période sera surtout pour lui l’occasion de découvrir pour la première fois un studio d’enregistrement pour l’autoproduction par le Père Dufourmantelle, prêtre et directeur de la chorale, d’un disque de Gospel qui sera le premier 45 tours officiel de Jean-Jacques Goldman.

Parallèlement à sa période gospel, Jean-Jacques Goldman découvre le rock, et notamment Bob Dylan, le contestataire, et étoffe son expérience en étant guitariste dans plusieurs petits groupes de rock. Il se produit dans les bals et les discothèques puis fonde son propre groupe : The Phalansters qui lui apporte une petite notoriété locale mais qui disparaitra suite à son départ pour Lille afin de poursuivre ses études en EDHEC, en 1971, après l’obtention de son baccalauréat.

La période Taï Phong

En 1974 Jean-Jacques Goldman part pour le service militaire qu’il effectuera au sein de l’armée de l’air. A son retour, un an plus tard, il intègre le groupe Taï Phong des frères vietnamiens Khanh Maï et Taï Sinh. Prévu au départ comme simple musicien (guitare et violon), il en devient finalement le chanteur en remplacement du précédent tombé malade. Le groupe connait rapidement un joli succès grâce notamment au titre « Sister Jane », qui leur donne l’opportunité de diffusions radio et le passage dans des émissions de variétés comme Les rendez-vous du dimanche ou Ring Parade.

Le titre sera d’ailleurs mixé par Andy Scott, la référence des ingénieurs du son qui l’accompagnera régulièrement pour ses albums et sera d’ailleurs l’ingénieur attitré d’un autre artiste en devenir : Daniel Balavoine.

C’est au cours de cette période que Jean-Jacques Goldman aura la révélation qui va changer sa vie. En 1976, il assiste à un concert de Léo Ferré et tombe littéralement sous le charme du poète-chanteur dont il déclarera : « Et là, je me suis retrouvé cloué sur ma chaise. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Et puis j’ai compris que c’était possible en français, qu’il y a des mots qui peuvent tuer. Il m’a vraiment eu. Il est inhumain. Devant Ferré, qui que tu sois, tu es un petit garçon. Tous les mots comme poésie, mysticisme, dont quinze ans d’Éducation nationale avaient réussi à me dégoûter, je les ai compris. La force des mots, le choc des notes ! ».

Il en ressort persuadé que son avenir est là, au point qu’il commence à sortir des titres de son côté et en français comme « C’est pas grave papa » et « Tu m’as dit » en 1976 ou « Les nuits de solitude » et « Jour bizarre » en 1977. La conséquence en est que Jean-Jacques Goldman se sent de plus en plus à l’étroit au sein de Taï Phong, dont les productions sont essentiellement en anglais, au point qu’il ne souhaitera pas partir en tournée avec le groupe. Il sera alors remplacé par un certain Michael Jones, Goldman en profite de son côté pour sortir son troisième 45T comprenant les titres « Laetitia » et « Back To City Again ».

L’année 1979 est une année dure pour lui puisqu’à la séparation de son groupe s’ajoute l’assassinat de son demi-frère Pierre. Celui-ci, activiste d’extrême gauche et auteur de plusieurs braquages, tombera sous les balles d’un commando se revendiquant d’extrême droite et dont les circonstances sont toujours, à ce jour, non élucidées.

Premier album solo pour Jean-Jacques Goldman

En 1981, Jean-Jacques Goldman sort son premier album qu’il voulait appeler « Démodé », mais qui n’aura finalement pas de nom suite au refus de son label Epic. Cet opus est illustré par la chanson « Il suffira d’un signe » qui offre à l’artiste son premier véritable succès. Malheureusement, le deuxième extrait : « Quelque chose de bizarre » est un cuisant échec. Cette déconvenue le pousse presque à renoncer à une carrière et le voit prêt à reprendre le magasin de sport de ses parents avec son frère Robert, qui deviendra lui aussi un célèbre auteur…

Heureusement cela ne sera pas le cas, car Jean-Jacques Goldman sort, l’année suivante, son second album qui lui apportera la réussite et la reconnaissance avec 200.000 exemplaires vendus. L’album est lui aussi éponyme suite à un nouveau litige avec sa maison de disques qui lui refuse le titre « Minoritaire » jugé trop pessimiste. De cette nouvelle production vont alors sortir quelques-uns des titres qui resteront les plus marquants de l’artiste comme : «  Quand la musique est bonne », « Comme toi », « Je ne vous parlerais pas d’elle » ou encore « Au bout de mes rêves ».

La consécration pour Jean-Jacques Goldman

La carrière de Jean-Jacques Goldman est alors véritablement lancée et lui permet la sortie du troisième album « Positif », qui porté par les titres : « Envole-moi », « Encore un matin » et « Long Is The Road », un opus qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires.

Pour la tournée qui fait suite à la sortie de l’album jean-Jacques Goldman fait appel à Michael Jones pour l’accompagner sur les routes. De cette collaboration va naître une grande amitié et complicité, une alliance qui donnera naissance au trio Fredericks Goldman Jones. Le « Positif Tour » de 1984 passe par l’Olympia du 26 mars au 1er avril, le public est au rendez-vous, totalement conquis par les prestations live… Un succès identique s’inscrit sur toutes les dates du tour se jouant sold-out.

En 1985, Jean-Jacques Goldman sort son quatrième album « Non homologué » qui, outre le duo Goldman-Jones sur le titre « Je te donne », contient de nouveaux tubes tels que : « La vie par procuration » (500.000 exemplaires), « Pas toi » (408.000 ex), « Je marche seul » (731.000 ex) et « Confidentiel » qu’il dédiera à Daniel Balavoine suite à sa disparition en 1986. Vendu à 1,3 millions d’unités, l’album impose définitivement Jean-Jacques Goldman comme la nouvelle star de la chanson française et révèlera aussi sa choriste Carole Fredericks.

Si l’album « Non homologué » parait comme celui de la maturité, avec des textes toujours aussi beaux, poignants et profonds, le double album « Entre gris clair et gris foncé », sorti en 1987 sera celui de la consécration. Axé autour des thèmes chers à Goldman comme l’amour ou l’espoir, écrit avec toujours autant de brio, l’album et une nouvelle réussite et dépassera en vente les deux millions d’exemplaires. On y trouve encore les compositions qui ont fait la marque de l’auteur comme : « Il changeait la vie », « Elle a fait un bébé toute seule », « Peur de rien blues », le magnifique « Puisque tu pars » et surtout le titre emblématique « Là-bas » en duo avec la chanteuse britannique Sirima, qui hélas, connaitra une fin tragique, assassinée par un petit ami jaloux deux ans plus tard.

L’époque du trio

À la suite de la tournée Entre gris clair et gris foncé, Jean-Jacques Goldman change d’orientation et fonde avec ses deux complices, le trio Fredericks Goldman Jones, dont le premier album éponyme porté par les singles « Né en 17 à Leidenstadt » et « À nos actes manqués » atteindra les deux millions de ventes. De cette collaboration suivront alors un deuxième album « Rouge » (1,3 million d’exemplaires) enregistré pour partie à Moscou, et deux DVD retraçant les concerts effectués par le trio.

Le retour en solo et le dernier album

En 1997, Jean-Jacques Goldman revient avec l’album « En passant », qu’il a composé et écrit entièrement, marquant le retour à des sonorités plus blues et acoustiques que l’artiste a toujours affectionné. Il y révèle un côté plus personnel, chose qu’il fait rarement, préservant son intimité, en abordant des sujets comme la mort, l’existence et bien sûr l’amour. Porté une nouvelle fois par de sublimes textes et les titres : « On ira », « Nos mains », « Bonne idée », « Les Murailles », « Quand tu danses », l’album suit ses prédécesseurs avec plus d’un million d’exemplaires vendus.

L’année 2001 verra la parution du dernier album à ce jour de Jean-Jacques Goldman qui, malheureusement, pleurera aussi la disparition de cette grande dame que fut Carole Fredericks, victime d’un arrêt cardiaque à la sortie d’un de ses concerts au Sénégal.

Pour la production de ce « Chansons pour les pieds », Jean-Jacques Goldman veut mettre la musique en avant en donnant une sonorité différente à chacun de ses morceaux. S’y côtoient ainsi le zouk : « Je voudrais vous revoir », l’electro : « Une poussière », le disco : « C’est pas vrai », le RnB : « Un goût sur tes lèvres », la ballade bien sûr avec « Si je t’avais pas » et même la tarentelle : « Tourne les violons » ainsi que la gigue irlandaise : « Et l’on y peut rien » qui fera un malheur lors des concerts. Véritable ode à la musique, ou les paroles viennent en appui et non l’inverse, l’album est un véritable succès (1,6 millions d’exemplaires vendus), mais marque, avec la tournée en 2002, la fin de la carrière discographique de l’artiste.

Et après….

Si le chanteur s’efface de la scène, l’auteur et le compositeur n’en disparaissent pas pour autant. Partagé entre la composition pour d’autres artistes et les œuvres sociales et humanitaires, il reprendra et portera notamment la succession de Coluche pour les Restos du Cœur au travers du collectif des Enfoirés.

Avoir un titre estampillé Goldman est pratiquement l’assurance d’un succès et bon nombre d’artistes français ou francophones ne s’y sont pas trompés. Il relancera notamment la carrière de Johnny Halliday avec l’album « Gang » en 1983 avec des titres tels que « J’oublierais ton nom », « Je te promets » et « Laura » et consacrera la chanteuse canadienne Céline Dion avec les albums « D’eux » en 1995, « S’il suffisait d’aimer » en 1998 et « Une fille et quatre types » en 2003 en compagnie de Jacques Veneruso, Erick Benzi, Gildas Arzel.

Au total pas moins de 125 chansons écrites ou composées pour d’autres lui sont reconnues pour les plus grands noms de la chanson française comme Florent Pagny, Gérald de Palmas, Patrick Fiori,Garou, Marc Lavoine, Calogero, Yannick Noah, Patricia Kaas, Zaz et tant d’autres encore. Il reviendra même en tant qu’interprète cette fois, pour un duo avec Grégoire pour le titre « La promesse » en 2010.

La jeune génération pourra même le redécouvrir grâce aux albums « Génération Goldman » où les artistes du moment reprennent les succès de ce « maître » des mots et des émotions qu’est et restera toujours Jean-Jacques Goldman à jamais dans le cœur des français.

On vous laisse avec notre PlayList 100% Goldman :

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