Bamin - DR

Bamin en interview : “La mort me pousse vers la vie”

Interview avec Bamin, jeune artiste qui débarque dans notre radar musical. Entre énergie et amour, voilà une belle rencontre sur aficia.

Nous avons découvert Bamin avec le titre “Love Me”, sa première proposition musicale mise en images avant de venir séduire le public avec un premier EP.

Auteur, compositeur, interprète, du haut de ses 28 ans il compte bien laisser sa marque dans l’industrie musicale, à commencer par une belle dose d’amour. Mais c’est bien plus que cela que nous partage Bamin avec cette entretien sans artifices.

Bamin : l’interview…

Comment présenter simplement Bamin à nos lecteurs ?

Je suis Bamin, auteur, compositeur et interprète. Je suis né et je vis à Paris. J’ai 28 ans. Je fais de la musique depuis tout petit. J’ai commencé le piano à 7 ans. Ma famille n’est pas du tout une famille de musiciens, ni même d’artistes, mais mes parents m’ont transmis le goût, le plaisir, la force et le pouvoir du partage de la musique. Dès que j’ai su lire la musique, je me suis mis à en écrire et mon plus grand hobby était de déchiffrer de nouvelles partitions.

Il y a donc une véritable culture musicale chez toi ?

Dans la pop on peut vibrer, bouger, chanter. Le tout avec des aspérités et en étant brut.

Oui. À la maison on écoutait de tout, de la chanson française au reggae, du concerto au rock américain et j’aimais tout ça et surtout pendant les fêtes. J’étais toujours au piano à faire le jukebox.

J’adore découvrir des styles musicaux, je suis super curieux. Je suis éclectique dans mes goûts musicaux. J’ai fait des études de musique classique au conservatoire et à La Sorbonne ce qui aurait pu m’enfermer dans ce style. Je navigue constamment entre le classique, l’opéra, la pop, l’électro… Mais depuis longtemps je sens que le classique ne me satisfait pas totalement.

Aujourd’hui avec la sortie de mon premier EP je confirme mon désir d’aller encore plus loin dans la pop. Bamin est en fait la partie pop de ma personnalité, une partie de moi qui veut exprimer plus librement ses sentiments, qui a envie de chanter, de crier, de bouger.

Quel est le parcours qui fait que tu es aujourd’hui dans l’industrie musicale ?

Si je suis nouveau dans l’industrie musicale ça fait très longtemps que je fais de la musique. J’ai écrit ma première chanson à la pause d’un cours de direction d’orchestre il y a 5 ans !

Ça m’a tellement plu d’écrire une chanson ! J’ai senti que je me libérais de quelque chose. J’en ai écrites plusieurs très rapidement et je me suis inscrit à un tremplin à Paris qui m’a fait adorer la scène. Après cette expérience je voulais donner un autre son à mes chansons. Aller vers de l’electro-pop…

Dans le classique c’est le côté physique de la musique qui me manque, il faut absolument intérioriser le rythme et avoir une voix homogène alors que dans la pop on peut vibrer, bouger, chanter. Le tout avec des aspérités et en étant brut.

Il y a un peu plus d’un an j’ai rencontré Romain et Guillaume du label Soundress dans un moment où j’étais vraiment perdu artistiquement avec mes chansons. Ils ont écouté mes maquettes et ils m’ont proposé de réaliser et produire mon premier EP.

Tu es aujourd’hui dans l’actualité avec le titre et le clip de « Love Me ». Que représente ce titre pour toi et quel en est le message ?

Le flou, le vague sont aussi porteurs d’une certaine beauté pour moi.

Cette chanson parle avant tout de confiance et d’amour avant de parler de la jalousie. C’est tellement plus simple d’aimer dans la confiance. Je suis enthousiaste, optimiste et j’ai vraiment confiance en l’autre. Il est arrivé qu’on trahisse ma confiance et j’aurais pu m’enfermer dans la peur et la méfiance mais je déteste ça et c’est surtout invivable ! La mort me pousse vers la vie, donc vers l’avenir et il est beaucoup plus facile à affronter en toute confiance.

Et puis comme premier titre ça me fait rire d’annoncer à tous le monde “aimez moi”. Le message est clair ! Autodérision et un peu de Self-Love ❤️❤️❤️ [rire].

Bamin : le clip de “Love Me”

Ce single annonce la venue de ton premier EP pour le mois d’avril. À quoi doit s’attendre le public avec cet opus ?

Traverser mon deuil en créant ma musique est vital. Cet EP en est la preuve. J’ai perdu mes deux parents dans la décennie qui vient de s’achever et se retrouver face à la mort, mais surtout découvrir son impuissance, c’est bien la seule chose dans la vie avec laquelle on ne peut pas s’arranger qui m’a donné une urgence de vivre.

La mort donne un élan à ma vie, il le faut sinon on s’écroule.

La perte et l’absence créent des réactions bizarres dans le corps, dans le cœur et dans la tête. Les chansons de cet EP sont nées et parlent de ces sentiments étranges qui me traversent pendant ce deuil. Je ne donne pas toutes les clefs dans mes paroles car j’aime que le public puissent aussi faire sa propre interprétation, comme au théâtre, j’aime quand il y a peu d’éléments de décor car l’imagination alors s’enclenche et on se sent tous super créatif. Le flou, le vague sont aussi porteurs d’une certaine beauté pour moi.

Le premier titre “Love Me” ne parle pas concrètement du deuil ou de la mort mais il en est traversé, c’était aussi une manière à moi de dire aux gens : “je ne passe pas ma journée à être meurtri et à déprimer. Je ris, je pleure et je vais surtout vers la vie, la preuve mon premier titre parle d’amour”. La mort donne un élan à ma vie, il le faut sinon on s’écroule.

En général un artiste est toujours influencé par d’autres artistes. Quels artistes auraient forgés ton identité artistique ?

Lady Gaga, Lizzo, Serge Gainsbourg, Michel Berger, Véronique Sanson, Rufus Wainwright et Léonard Bernstein. Si on regarde bien ce sont tous des artistes qui ont un jour bifurqué vers la pop music alors qu’ils avaient, comme moi, une vraie connaissance et pratique de la musique classique.

Michel Berger, j’ai l’impression qu’il fait partie de ma famille ! Ça passe directement en moi. Léonard Bernstein qui était à la fois compositeur, chef d’orchestre, pianiste. Il est l’exemple même qu’il n’existe ni de classes, ni de frontières, ni de hiérarchie dans la musique. Lady Gaga et Gainsbourg car ça fait du bien de dire fuck au monde parfois !!! Et je suis né le jour de l’enterrement de Serge Gainsbourg, ma mère y a toujours vu un signe…. Lizzo pour sa joie de vivre, sa force d’affirmer qui elle est : s’assumer à 1000%, ce qui n’est pas toujours facile, et découvrir Lizzo récemment m’a beaucoup aidé pour ça.

Si tu devais donner envie aux gens de t’écouter en seulement trois mots…

Vacillant, paisible et mélodique…

aficia aime mettre en avant de nouveaux talents… Si tu devais offrir la possibilité à nos lecteurs de découvrir un talent, tu proposerais qui ?

Clara Ysé, pour la force de vie qu’il y a dans ses chansons.

BAMIN
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