Cinq questions à… Makassy : « Je souhaite travailler avec des artistes qui véhiculent un message fort »

À l’occasion du Summer Star Live organisé par Radio Star, aficia est allé à la rencontre de Makassy. Ce dernier s’est confié sur son état d’esprit actuel, sa collaboration avec Pitbull et ses projets…

Makassy, que nous avons découvert l’été dernier avec « Doucement » est un artiste qui connaît très bien la scène et son public. En tournée depuis quatre ans, sans interruption, celui qui publiait son album Tant qu’on respire ancré dans son univers caliente et très latino, squatte actuellement les ondes radios avec « El Taxi », une sulfureuse collaboration avec le rappeur cubain Pitbull. C’est à ce sujet que nous avons questionné Makassy. Réalisée dans le cadre d’un plateau d’artistes, découvrez son interview sur aficia.

Les cinq questions à Makassy

Depuis quatre ans on te retrouve sur scène, dans les clubs et en tournée et ce, sans interruption. Même passionné, est-ce qu’il n’y a pas un moment où l’on sature ? Comptes-tu faire une pause ?

Si. En fait, le plus dur, c’est que durant tes quatre ans de tournée, les gens investissent ta vie privée. Un exemple pour que tu comprennes. Quand tu restes avec ta femme, que tu veux aller manger en extérieur, alors que c’est un moment censé être romantique, tu peux être dérangé à tout moment par quelqu’un qui va venir faire un snap alors que tu as la bouche pleine. Ça c’est dur.

À un moment donné, les gens oublient que c’est une passion. Bon, c’est un métier aussi. Ces personnes, quand ils sortent du cabinet d’avocat ou de leur vie professionnelle, ils s’arrêtent, mais nous c’est un  travail à 100%. Nous aussi on aimerait bien souffler à un moment donné dans la journée.

Après, dans la rue quand je suis tout seul, ça ne me dérange pas, mais en famille, j’ai toujours un peu de mal. C’est le combat de la vie pour réussir. Juste cette coupure, si je pouvais en avoir de temps en temps ce serait l’idéal. Heureusement, je vais pouvoir partir très bientôt en vacances rien qu’avec ma petite famille.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de scène ?

C’était l’un des premiers gros concerts que j’ai pu faire, à l’époque où j’avais créé le morceau « Allez les bleus ». Je ne mesurais pas l’ampleur que pouvait prendre ce que l’on appelle dans le milieu, un tube. C’était dans un parc, dans un festival plus précisément, où les gens étaient assis. C’était en colline. Dès les premières notes de « Allez les bleus », j’ai vu des petits enfants dévaler la pente en courant. J’ai même arrêté la chanson pour leur dire que c’était dangereux (sourire). Ça c’est un de mes beaux souvenirs. Après, ce sont évidemment les grosses scènes comme les plateaux radios par exemple. Et j’ai vraiment adoré faire le showcase au Loft Metropolis à Paris. Dans ma tête, je me disais comment va m’accueillir Paname, qui n’arrive qu’après trois ans de tournées. C’était fou !

Cet été, tu es sur les ondes aux côtés de Pitbull avec une collaboration enregistrée à distance. Avais-tu auparavant déjà tenté l’expérience avec un autre artiste ? Cette méthode te plait-elle ?

La méthode ne me plaît pas, forcément. Je pense que tu connais suffisamment mon parcours pour comprendre que déjà, je n’ai pas choisi d’être dans la musique (ancien footballeur, Makassy s’est blessé et s’est alors redirigé dans la musique, ndlr). C’était avant tout de la passion, le plaisir d’échanger avec les artistes. Maintenant, je me rends compte qu’on peut avoir des plaisirs ensemble, les partager en passant des accords avec les maisons de disques, les sorties de singles… Même quand tu as un bon feeling avec un artiste, tant amicalement que professionnellement, tu peux enregistrer un son en studio mais en revanche, contrairement à beaucoup de monde dans le milieu, j’ai enregistré la chanson avec Pitbull sans aucun souci, à distance, et c’est lui qui l’a validée, après écoute de la prestation et confirmation de la maison de disques. Par contre, avec Osmani Garcia, on s’est très bien entendus, on a échangé par What’s App. Sur le prochain album, normalement, on va commencer des collaborations internationales !

Après, non, ce procédé ne m’est jamais arrivé. Tu sais, ce qui m’arrive là, c’est essentiellement grâce à mon public. J’avais juste posté une vidéo sur mes réseaux sociaux, et cela s’était très vite propagé. Au final, je ne vais pas chercher les gens. Ceux qui veulent bien m’écouter m’écoutent. Je n’ai jamais partagé une de mes vidéos sur le mur de quelqu’un. Tu aimes, tu écoutes, sinon tant pis. C’est un peu pareil là. Si les artistes estiment qu’ils ne veulent pas collaborer, je ne vais pas allé les chercher. Même si on s’apprécie, on textote. Mais tu vois, Pitbull en Amérique, n’a pas du tout la même perception qu’en France. L’artiste a besoin d’un featuring français, il t’appelle, que tu sois chez Sony ou Universal.

Pitbull : « El Taxi », un single Latino avec Makassy !

Tu es très proche de tes fans, des médias. C’est important pour toi ?

Oui, c’est important. À la base, j’ai commencé à écrire parce que j’ai connu une période difficile. Je savais plus trop où me situer dans la vie. Le fait de partager avec le public mes émotions, j’ai trouvé un nouveau sens à la vie. Aujourd’hui, même plus car j’ai le soutien de ma famille : ma femme, mon fils. Quand ils me voient à la télé, ça leur fait plaisir, et ça donne encore plus de force. La musique, je l’aime bien, mais je l’aime encore plus sur scène. La musique, c’est un langage et tu ne peux pas parler tout seul.

Tu parles souvent d’un deuxième album. Où en es-tu dans sa confection ? 

Je suis à 16 titres. J’espère en faire une quarantaine. Contrairement à mon premier album Tant qu’on respire où j’ai montré ma personnalité musicale, avec pas mal de titres acoustiques, sans laisse de place à des formats radios. Ce que je me suis dis c’est que là je vais enregistrer mes titres. Il y aura peut-être des arrangeurs, des avis extérieurs sur ma musique. Tu me connais, j’ai enregistré une voix, puis plusieurs voix, et c’était essentiellement des musiques dansantes. J’espère qu’il restera un peu de Makassy là-dedans.

On m’a laissé faire le premier, j’espère être libre sur le second. C’est dommage car on s’est arrêté à 40.000 albums vendus, à 10.000 près du disque d’or. Quelque part, c’est une fierté car je viens de nulle part, mais c’est aussi un échec, comme quand les bleus perdent en finale. On a peut-être eu tort sur le fait de sortir le single « Danse danse danse » après le succès de « Doucement », tout le monde aurait suivi. On a préféré jouer la carte émotion avec « Soldat ». Je crois que les gens n’ont pas forcément eu le message. Pourtant, en live ça passe. Les médias ont peut-être eu peur d’imposer un son nouveau, engagé.

Quoi qu’il en soit, j’espère toujours avoir un duo avec Christophe Maé. Je ne lâche pas. Et j’ai un titre que j’aimerais beaucoup faire avec Kayna Samet, sur la maltraitance des femmes. Kery James aussi. Des artistes qui véhiculent des choses, qui m’ont beaucoup inspiré étant petit. Pourquoi pas avec des artistes latinos aussi. Ce qui est marrant c’est qu’eux ne voient pas la musique comme on la perçoit. En France, on se base beaucoup sur la notoriété d’un artiste, via son nombre de followers par exemple. Eux, au moins, ils prennent la musique comme elle est. Donc on verra ce que l’avenir nous réserve !

(Re)découvrez « Danse danse danse » de Makassy :

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