Jules Jaconelli - DR

Jules Jaconelli en interview : “Je crois qu’une bonne chanson peut être chantée par n’importe qui, que ce soit Michel Berger ou Johnny”

Il passe de compositeur pour les autres, à chanteur interprète pour son propre projet. aficia est parti à la rencontre de Jules Jaconelli pour en apprendre plus sur lui…

Fils d’Axel Bauer, mais auteur compositeur interprète avant tout ! Après avoir croisé la route Jim Bauer (‘The Voice’), puis Slimane, il commence par composer pour les autres (Florent Pagny, Zaz, Barbara Pravi…). Mais à force d’écrire pour les autres, Jules Jaconelli s’est dit que ce serait pas mal qu’il pense aussi à son propre projet. Et le voilà ! 

C’est au cœur de Paris, dans son beau studio d’enregistrement, que nous avons rencontré Jules Jaconelli, alors que les projets s’enchaînent. Il vient de dévoiler son tout nouveau clip appelé “Ton oreille”, dont il nous parlera en exclusivité…

Jules Jaconelli, l’interview :

Bonjour Jules, pour commencer, peux-tu simplement te présenter ?

Alors je m’appelle Jules Jaconelli, je suis issu d’une famille d’artistes, mon père est musicien et ma mère est danseuse. Je fais de la musique depuis tout petit. J’ai fait beaucoup de musique classique et du violon. Ensuite, j’ai eu un groupe de rock quand j’étais adolescent, et après le BAC je suis parti faire une école de jazz à Boston, une école assez réputée en musiques actuelles. Là-bas, lorsque j’avais 18 ans, j’ai fait une rencontre avec un professeur qui a changé ma vie sur la composition et l’écriture de chanson. De là, je me suis mis en tête d’en faire quelque chose de recherche sur le songwriting. En parallèle, j’ai toujours fait de la musique par ordinateur. J’ai commencé à chanter vraiment à cette époque-là.

Est-ce qu’il y a eu un déclic à un moment donné pour aller encore plus loin dans ton prcessus ?

Disons que je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui pourrait mettre les mots justes sur ce que je voulais. Il m’a fallu un peu de temps, de parcours, travailler avec d’autres personnes, travailler pour d’autres, avant de me consacrer à mes chansons qui feront partie d’un premier album à venir… Déjà à cette époque, je chantais principalement en anglais. Ces titres-là ne sont jamais sortis. À mon retour des États-Unis, avec mon ami Jim Bauer, on avait un projet : Jules & Jim, parce qu’on se connaît depuis… la maternité (Sourire) ! On a fait plein de musiques ensemble, mais lui a pris son chemin en solo, moi aussi et voilà… 

Composer pour les autres m’a apporté tout mon début de carrière, de supers belles rencontres, des émotions, de l’expérience, des échecs.

Jules Jaconelli

Tu as commencé la composition avant de devenir interprète. Pourquoi dans ce sens et pas l’inverse ?

J’ai toujours vu mon père travailler pour les autres, “offrir” ses talents aux services de la musique d’autres personnes. Donc déjà, dans une démarche assez naturelle, la musique s’ouvrait aux autres. Il y a eu quand même une petite phase avant que je me rende compte que moi aussi j’avais des choses à raconter. Ce n’était pas que les autres qui devaient les raconter à ma place.

Qu’est-ce que composer pour les autres t’a apporté ? 

C’est tellement vaste que cela m’a apporté tout mon début de carrière, de supers belles rencontres, des émotions, de l’expérience, des échecs. Ça m’a apporté un savoir-faire. 

Découvrez “Pas grandir” (2017) de Barbara Pravi que Jules Jaconelli a co-composé :

Qu’est-ce que tu recherchais à écrire pour d’autres plutôt que d’écrire pour soi ?

Dans une vie de compositeur, ce qu’on attend c’est d’avoir des chansons qui soient mises en valeur, à travers des singles, des chansons qui peuvent porter des artistes.

Et ma première émotion était justement avec mon pote Jim. Un soir, il fait la rencontre de Slimane. Ils discutent, Slimane écoute ce que fait Jim et tout, à l’Orphée, dans une toute petite salle parisienne. Jim chante là-bas, et là c’est la claque, parce que lorsque Jim chante, c’est la claque, tout le monde est obligé d’écouter et tout le monde se tait. On était hyper pote, on l’est toujours et direct il m’appelle pour me dire “Ouai, j’ai rencontré Slimane, il veut qu’on lui écrive des chansons !”. On se met à faire plein de chansons. Au total, on en a fait 8 à 9 ensemble. Dans le lot, quelques-unes ont été gardées, dont le single “J’en suis là”. Et je m’en souviens, il l’avait chanté dans ‘The Voice’. C’était assez rigolo à vivre pour des premières émotions. 

J’ai beaucoup d’amis artistes qui ont ce syndrome de faire des chansons pour les autres et de se dire qu’à la fin “Mince, elle est pour moi en fait cette chanson

Jules Jaconelli

Est-ce que tu as un souvenir en particulier avec un artiste avec qui tu as travaillé ? 

Dès que tu fais des chansons pour toi, ce n’est pas pareil, mais tu te regardes un peu. Ce qui est hyper dur, c’est d’arriver à se déconnecter du regard que tu peux avoir pour toi, et c’est à ce moment-là que tu peux avoir les chansons les plus sincères. Écrire pour d’autres, c’est hyper facile, ce n’est pas toi qui va les interpréter. Peu importe ce que tu racontes, tu verras ce qu’il se passe à la fin. J’ai beaucoup d’amis, de confrères, artistes/chanteurs qui ont ce syndrome de faire des chansons pour les autres et de se dire qu’à la fin “Mince, elle est pour moi en fait cette chanson”, car tu es arrivé à dégager tellement de détachement de toi. Ça m’est arrivé quelquefois d’avoir ces regrets-là.

Finalement, pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de se lancer dans le grand bain, en solo ?

Avant, c’était vraiment une histoire de manque de partenaire. À savoir que je fais quasiment tout tout seul. Il y a deux choses que je ne fais pas tout seul : l’écriture et le mastering, le début, et la fin. Quand je commence une chanson, je la commence toujours du texte parce que c’est ça qui me parle. Je n’avais pas trouvé la personne qui savait décrire ce que je voulais dire. Depuis, j’ai commencé à travailler avec un monsieur qui s’appelle Pierre Grillet. 

Qu’est-ce que Pierre Grillet a pu t’apporter dans ton travail ?

C’est marrant parce qu’il se trouve que j’ai donné des cours de piano à sa compagne  de l’époque. On s’est lié d’amitié, aussi bien avec lui qu’avec elle. On s’est mis à écrire pour d’autres avec Pierre, jusqu’au jour où je lui ai dit que c’était avec lui que je voulais écrire, pas pour les autres, mais pour moi. C’est comme une évidence. Ça, c’était passé peu avant le COVID. Et c’est allé hyper vite… 

Jules Jaconelli : son premier single, son album…

Parlons du présent, de ton projet. Tu définis ton style comme de la french pop. Mais finalement, c’est quoi la french pop ?

Je ne sais pas si c’est plutôt une étiquette sur le style que je fais ou bien si c’est moi qui décrit le genre. Après j’ai plutôt l’impression que c’est le nouveau anglicisme pour dire variété. Mais la variété c’est tellement large… Quand on parle de variété à des jeunes gens, pour eux, la variété c’est vieux, alors que non, c’est juste de la pop en français. Mais c’est très vaste, ça va de la musique commerciale à des choses plus indé. 

On définit souvent le terme pop comme de la musique up-tempo, relativement entraînante. Penses-tu que “Velours liquide”, ton premier single, soit de la pop ?

Pop, c’est populaire. Tu fais de la pop quand tu as vocation de faire de la musique pour les autres et être généreux dans ton approche. Est-ce que “Velours liquide” est pop ? Je sais pas. Il y a un format peut-être aussi ? Je trouve que le cadre du couplet / refrain – couplet / refrain – pont refrain, c’est un truc où j’aime bien m’amuser dedans et puis cela ajoute un truc. Dedans, tu fais des petites feintes. C’est pareil dans le cinéma. Ton format doit faire 1H30, à l’intérieur tu te ballades, il y a trois axes. Et je pense que la pop, c’est ça aussi… 

Pourquoi avoir choisi “Velours liquide” en qualité de premier single, alors que tu avais peut-être le choix entre de nombreux morceaux en stock ? C’était pour toi le meilleur ? 

J’ai l’impression, du moins au moment où l’on a pris la décision, que c’était la chanson qui me représentait le mieux. Mais tu verras par la suite qu’il y a d’autres influences. Le nouveau single que je sors là est très inspiré par le Brésil, car je passe beaucoup de temps là-bas, mais toujours avec ma personnalité artistique que je mets dans cette chanson. C’est un album où il y a pas mal de sentiments, il y a toujours une fille qui traîne dans les chansons, et c’est peut-être un prétexte pour parler d’autres choses…

Tiens, est-ce que tu peux m’en parler de ce prochain single justement ?

“Ton oreille” est une chanson un peu plus transition. Je suis content de faire découvrir les chansons unes par unes. Il y a un peu deux manières de sortir ses morceaux, soit de faire un single et de le travailler pendant des mois, où tu en bouffes, t’en bouffes, jusqu’à ce qu’elle sorte du lot. Soit, il y a cette façon peut-être un peu plus urbaine de sortir des chansons et de laisser les gens s’inviter dans notre univers. Je suis assez content, et j’espère qu’elle plaira !

Découvrez “Ton oreille” , le nouveau single de Jules Jaconelli :

On peut citer Benjamin Biolay et Alain Souchon dans tes inspirations. Parle-t-on d’inspirations ou de modèles ? 

Les deux mon capitaine (Sourire) ! Je dirais que ce sont des inspirations car leurs musiques sont tellement belles, cela me procure tellement de frissons, que forcément c’est inspirant, tu as envie de reproduire cet effet dans tes chansons. Et puis, pour parler de Benjamin, Biolay, il a quand même une carrière remarquable dans ce que j’inspire à faire. C’est-à-dire qu’à la fois il fait une musique où il ne transige pas, il fait une musique qu’il aime, avec des influences qui me parlent, et à côté il fait des musiques pour les autres, avec de bons goûts… et c’est très inspirant !

L’album est prévu pour quand ?

On n’a pas encore arrêté de date encore, mais l’album devrait sortir à la fin du printemps 2022. D’ici là, il y aura un autre single après “Ton oreille”, mais on cherche encore la chanteuse ! On est tout prêt du but, mais disons que ça va être une chanson hyper importante dans mon projet. La chanson s’appellera “Quand même”. C’est un dialogue entre deux personnes, mais cela a vraiment été pensé comme un vrai duo, un vrai dialogue. Ce sera pour février à peu près.

Les coulisses

Découvrez une vidéo exclusive !

Si on se projette sur l’album… Est-ce que tu as finalement gardé les meilleures chansons pour toi ?

Évidemment… toujours ! (Sourire) Jalousement, je les garde. Est-ce que c’est vraiment quantifiable ? Est-ce que je peux dire si une chanson est mieux qu’une autre ? Je ne sais pas. Mais j’ai vraiment gardé les chansons qui me correspondaient le plus. 

Pour mon album, j’ai vraiment gardé les meilleures chansons, celles qui me correspondaient le plus. 

Jules Jaconelli

Est-ce que “Velours liquide” aurait pu être destiné à quelqu’un d’autre ?

On m’a demandé… Une personne oui, m’a demandé si elle pouvait la chanter. Et puis j’ai dit non. Après, j’ai envie de croire qu’une bonne chanson peut être chantée par n’importe qui. Que ce soit Michel Berger, Alain Souchon, Johnny… tu te dis que dans la bouche de n’importe qui la chanson aurait pu prendre forme. Et puis, il y a ce truc de l’interprétation. C’est là où tu arrives à t’approprier la chanson. 

Est-ce qu’on pourrait imaginer des collaborations avec Joyce Jonathan ou Tibz, des artistes qui ne sont jamais très loin de ton studio d’enregistrement ?

Alors dans mon versant un petit peu plus à faire des chansons avec mes copains et pour les autres, apparaîtra sur le prochain album de Tibz (date de sortie le 14 janvier, ndlr) un duo avec Joyce Jonathan justement à qui j’ai réalisé la chanson, mais aussi le duo avec Sylvain Duthu (membre de Boulevard des Airs, ndlr). J’aime beaucoup cette chanson, avec un peu de modestie quand même. Tu as envie de danser dessus, il est vachement entraînant ce titre ! C’est aussi avec Sylvain qu’on a fait la chanson pour Zaz. 

Découvrez le nouveau single de Tibz composé par Jules Jaconelli :

D’autres projets de compositions sont-ils prévus ?

Oui, j’en ai plein, et ça nourrit. Parmi les prochains projets, j’ai fait une chanson avec un copain pour le film de Philippe Lacheau qui s’appelle ‘Super héros malgré lui’. C’est la suite logique d’‘Alibi.com’ avec qui j’avais déjà écrit quelques titres pour la B.O. Ensuite, avec Tibz, on fait toujours plein de chansons. On y va comme ça !

Chez aficia, on est précurseur de nouveaux talents. Est-ce que toi, tu as un nouvel artiste à nous faire découvrir ?

Bien sûr, je peux te parler d’Olympe Chabert. Il se trouve que par plusieurs biais, on s’est retrouvé à faire de la musique ensemble, on a fait plein de chansons ensemble. Je l’accompagne vraiment dans son développement depuis deux ans, et je pense, sans trop m’avancer, que cela peut devenir un talent de demain, très clairement. 

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