47Ter - Rémi T. - aficia

47Ter en interview ‘Sans Filtre’ : “On profite vraiment de tout, perso si je meurs demain j’ai aucun regret”

C’est au détour du Festival de la Paille (Métabief – Doubs) que nous avons pu échanger avec les gars du 47Ter, juste avant leur passage sur scène. Un groupe d’amis bavard et censé, doté d’une connexion savoureuse qui se ressent dans les réponses. Une interview ‘Sans Filtre’ à découvrir sur aficia.

Après s’être fait remarqué avec le concept “On vient gâcher tes classiques”, le trio qui compose le 47Ter avait explosé avec L’adresse, un premier album certifié Disque de Platine. Depuis, le groupe continue de tracer sa route, enchaînant projets et scènes. Le tout avec cette complicité rare. Pierre-Paul, Blaise et Lopes nous en disent plus sur cette folle aventure.

Cette interview a été enregistrée plus tôt dans l’été.

47ter, l’interview ‘sans filtre’ :

Déjà pour commencer, comment va le 47Ter ?

Ça va, top. Ça va hyper bien ! Réveil, comment dire ? Matinal, à 11 heures… Mais il y a plein d’activités à faire au Festival de la Paille…

Vous avez fait de la luge, sous la pluie ?

[Pierre-Paul & Lopes] On y va après ! C’est peut être pas très judicieux. [Blaise] Moi je trouve ça hyper con. Mais on va le tenter hein, on va le faire.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, quelques mots pour vous présenter ?

On est un collectif d’amis qui fait de la musique, composé de Pierre-Paul… qui chante. Moi c’est Blaise, je fais de la basse sur scène. Et moi Lopes, je fais de la guitare et nous sommes du coup le 47Ter.

C’est la saison des festivals, vous en avez déjà fait pas mal cette année. J’imagine que c’est génial à vivre ça ?

C’est génial. Là tu vois il y a 5 copains de Paris qui viennent avec nous, c’est trop cool on partage ça avec eux. On arrive, on a fait nos balances ce matin, y’a plein d’activités. Ce soir on va jouer ça va être top. Tu croises d’autres artistes, y’a une ambiance colo de vacances un peu, c’est très sympa.

Vous avez une anecdote de festival ?

Nous les anecdotes, c’est surtout la teuf. Globalement, on fait beaucoup la teuf. Après une anecdote précise… Si, il y a bien un truc marrant… Nan là je sais pas… Si, mais rappelle-toi… Euh qu’est ce qu’on a fait cet été… On essaye de se replacer les concerts dans la tête, il y en a eu beaucoup.

[Pierre-Paul] Bah déjà demain ! Il se passe un truc de ouf. Il y a un mec qui va demander sa meuf en mariage sur scène, sur un son. Et ça on a trop hâte. Ça fait 2 semaines qu’on l’organise, et ça va être très constructif.

Donc c’est une anecdote du futur !

Voilà, une anecdote du futur. Si ça se trouve, ça va très mal se passer. Si ça se trouve elle va dire nan la meuf. J’ai hâte. Imagine, ça sera encore une meilleure anecdote.

Faire des festivals, ça permet de se frotter à un public qui vous connait pas forcément, est-ce que c’est le genre de chose que vous appréhendez ?

Non justement t’as ton public, et des gens que tu dois aller chercher. C’est trop bien quand les gens viennent te voir à la fin et te disent « je vous connaissais pas, j’accompagnais un pote et au final j’ai kiffé »… C’est vraiment trop bien et c’est le but. Evidemment, tout le monde n’est pas là pour toi, du moins pour notre cas. C’est un peu la mission. On essaye d’avoir un set qui pourrait plaire à tout le monde, il y a toutes les ambiances. Ça danse, y’a du pogo, des sons d’amours, un peu de tout.

Du coup ça doit faire quelque chose de jouer là où joue des noms comme Shaka Ponk, Indochine etc ?

[Blaise] Déjà, c’est marrant parce qu’on peut aller les voir. [Lopes] Moi je suis pas aller les voir. [Blaise] Moi je suis allé les voir, pour la culture. [Lopes] Ah oui aller les voir sur scène, tu parles. [Blaise] Ah oui, nan c’est vrai que du coup on a plein de concerts gratuits tout l’été. [Pierre-Paul] Et quand c’est gratuit c’est pas cher.

Et tu croises des artistes comme Claudio Capéo, qu’on adore. C’est l’occasion de boire un coup ensemble, et de partager un moment. Et en terme de boire des coups il est très fort, et l’équipe est solide.

Ah ouais, nan je ne pensais pas, il a l’air calme…

…Mais il est très professionnel là dessus, très à cheval là dessus.

Vous avez une belle énergie sur scène, vous donnez le sourire, avec des textes plein d’espoir. C’est important pour vous de transmettre ce côté positif de la vie ?

Transmettre le positif… Oui, c’est important mais c’est pas comme si on se disait qu’il faut transmettre du positif. Il y a un truc naturel avec le public, c’est intense mais c’est juste naturel.

Après tout ça, le ’47 Tour. Déjà pas mal de dates complètes. Vous abordez ça sereinement ?

C’est la continuité. Comme tu disais, il y a une partie du public qui nous connait pas forcément. La différence dans les salles, c’est qu’on peut jouer des morceaux qu’on joue pas forcément, des sons plus calmes, plus nostalgiques. Ou tu peux leur en mettre plus dans la gueule. Passer plus de temps avec le public. C’est une autre approche, déjà tu joues pour ton public.

Légende disque d’or, L’adresse disque de platine. Plusieurs singles certifiés aussi. Comment vous avez vécu cette montée en puissance ?

En fait on l’a pas vu venir. On a sorti un album ça a marché tout de suite. Pour nous c’était normal. C’était dingue mais on s’est habitué à ce truc là. Le premier album marche, ok. On se rend compte aujourd’hui avec l’album qui marche un peu moins bien, que c’était vraiment fou. Mais à l’époque on se rendait pas du tout compte. Vu qu’on connaissait pas les certifs, les radios… On s’est dit que ça sera comme ça à chaque album. Evidemment que non, c’est pas plus mal, du coup on retourne à un truc où faut chercher…

Le concept « On vient gâcher tes classiques », c’était un vrai tremplin, ça a bien fonctionné. Est-ce que vous êtes un peu nostalgique de cette période ?

C’était un truc d’une époque. Des gens nous demandent si on va en refaire, c’est pas du tout ce qu’on a prévu de faire. Mais c’est grâce à ça qu’on en est là aujourd’hui. Sur scène on en fait un peu. Y’a pas énormément de choses qui ont changé mais les freestyles, c’était terrible à faire, on passait 4 heures à le faire, on se prenait la tête. On dirait pas… [Pierre-Paul] Je suis pas du tout nostalgique, je suis content que ça ait existé, le concept était trop bien, je suis très content de faire des chansons maintenant.

Mais peut-être que si vous aviez fait que ça vous n’auriez pas été connu plus largement ?

Possible, c’était au bon moment au bon endroit. La preuve, on a essayé d’en refaire, et ça a moins bien marché.

Vous avez bossé avec Oxmo, Seth Gueko, La Fouine plus récemment. C’est des rêves de gosses ça ?

Ouais, quand même. La Fouine de ouf. Seth on écoutait pas quand on était petit mais on a découvert sur le tas. Et Oxmo, c’était un truc de légende, un peu incompréhensible.

Vous vivez d’ailleurs cette aventure entres potes, ça doit être idéal pour se faire des souvenirs de dingues ?

On est déjà les trois et t’essayes de ramener des potes dans un tour bus, c’est un peu intime. C’est assez dingue, on profite de chaque instant.

Dernier album : Au bon endroit, sorti en avril. Est-ce que vous pouvez parler un peu de l’album, de sa construction ?

On a fait les deux premiers albums avec Tristan Salvati, et là c’est le premier album où on a bossé avec le plus de gens différemment musicalement. Il y a eu plein d’autres propositions, on a testé de nouveaux trucs. Avant ce qu’on faisait : on arrivait en studio, on faisait tout ensemble en un mois. On avait les morceaux et on les retravaillait avec lui. Là c’était plus espacé, un coup avec lui pour ce morceau là, un coup avec lui… C’est une autre approche. Et c’était très intense, car on tournait en même temps.

Et les feats, c’est vous qui avez demandé ?

Ouais on a envoyé des messages sur Insta, avec le son. Tayc et La Fouine ont écouté et ils étaient chauds donc ça s’est fait comme ça, trop sympa.

(Pluie battante) [Pierre-Paul] C’est mort, aujourd’hui [Moi] Ouais la luge ça va être compliqué là [Blaise] Mais nan [Pierre-Paul] Je vais pas tomber malade pour de la luge.

Pardon maman si je pars avant toi mais j’aurai tellement rider la vie(On verra bien). J’imagine donc que que dans la musique on vit tout à fond, et bien trop vite ?

[Pierre-Paul] Même sur tout. On profite vraiment de tout, perso si je meurs demain j’ai aucun regret.

Genre j’voulais absolument faire ça, et j’ai envi de faire plein d’autres trucs évidemment. Mais je suis un peu au max de ce qu’on vit tu vois. On a vécu genre 15 vies en 4 ans.

Vous parlez beaucoup de l’avenir dans vos sons. Est-ce que vous avez peur de ce qui peut arriver après, au niveau de la musique ?

Grave. Il y a toujours eu ces questions là même à l’époque où on faisait pas de sons, à l’époque du collège ou du lycée. Toujours des questions sur l’après. Là on a le groupe dont on rêvait mais c’est les mêmes questions qui évoluent avec nos vies. Même quand t’arrives au point que t’as l’impression que t’as gagné le truc. À un moment est-ce qu’on continue de se poser des questions, ou alors on les oublie, c’est infini.

Dans Soleil noir, tu dis (question à Pierre-Paul) préférer la pluie au beau temps. Je me demandais si à chaque fois que vous créez un son vous êtes toujours d’accord sur le thème ?

[Lopes] De manière générale on n’est pas tout le temps d’accord. [Pierre-Paul] Mais sur l’écriture, oui globalement. Mais vu que j’écris, je leur ai pas demandé si ils préféraient la pluie au beau temps, rien à branler (avec un ton complice à souligner) mais il y avait une vibe, même moi si ça se trouve j’ai menti tu vois…

J’pense pas. Le morceau avait l’air assez sincère…

[Pierre-Paul] … Ah oui moi j’ai adoré c’est pour ça que c’est pas très grave qu’on soit pas d’accord sur un sujet, si le morceau fonctionne, si il y a un truc intense. On écoute toujours avec un œil extérieur. On se pose pas trop de questions sur si on est d’accord sur le thème. Des fois c’est pas en mode ‘on n’est pas d’accord’, c’est juste des fois on se dit carrément que le morceau ça marche pas vraiment.

[Lopes] C’est jamais arrivé qu’il écrive un truc complètement à l’opposé de ce qu’on pense. On pense globalement de la même façon, on est globalement d’accord sur tout.

Petite question d’un pote fan de vous : ‘Ils passent quand au Bœuf sur le Toit ?’. Vous connaissez pas, c’est normal. Donc je reformule : À l’instar de Bigflo & Oli qui ont fait plein de petites salles, est-ce que ça vous plairait aussi ?

[Pierre-Paul] Pas du tout. [Lopes & Blaise] Ah oui j’aimerais bien. Carrément. [Pierre-Paul] Oui c’est sur mais peut-être à leur niveau ça me ferait kiffer dans des petites scènes, mais là si on me dit 100 mini salles et tout, je préfère en faire moins mais des plus grosses. Il ont fait tellement de gros Zéniths et tout, donc oui je comprend qu’ils aient envie de revenir tout proche de leur public.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Beaucoup beaucoup d’argent ! Nan, que ça dure le plus longtemps possible. Mais peut être qu’à la fin de la tournée on en aura marre, mais je pense pas. Juste nous souhaiter qu’on soit au bon endroit…