Monroe (c) Simon Fowler
Simon Fowler

Monroe en interview sans filtre : “Nous avons raconté notre histoire avec le sourire”

Déjà deux semaines se sont écoulées depuis le Concours de l’Eurovision. Nous avons rencontré Monroe pour faire un bilan et se projeter sur la suite. C’est son interview sur aficia. 

Quelques jours après avoir porté les couleurs de la France à l’Eurovision avec “Regarde-moi”, Monroe garde le sourire. À seulement 17 ans, la chanteuse revient pour aficia sur cette expérience hors norme, son regard sur le concours, la création de sa chanson, mais aussi ses envies artistiques pour la suite avec le label Parlophone. Rencontre avec une artiste aussi lucide qu’enthousiaste.

Monroe est en interview sans filtre : 

Comment te sens-tu une dizaine de jours après l’Eurovision ?

Je vais très bien. Je suis très fière de nous. De ma famille, de mon équipe, de notre performance, mais aussi de tout ce que cette aventure a permis de créer. Je suis fière de voir comment la musique a réussi à rassembler les gens et à leur faire partager un moment ensemble. Je viens tout juste de revenir dans mon fief dans ma famille.

Quand tu dis “fière de nous”, qui englobes-tu exactement ?

Monroe : Ma famille, notre équipe, notre performance, mais aussi le public. Je suis fière de tout ce qui a permis d’unifier les gens et de partager un moment ensemble. Je suis fière du monde, en fait.

As-tu réussi à redescendre de ton nuage ?

Un peu, mais pas totalement ! Je garde encore une main dedans. C’était une expérience incroyable dont je me souviendrai toute ma vie. Tout était centré sur la musique, avec des équipes formidables et beaucoup d’énergie positive. J’ai adoré chaque instant.

Beaucoup ont souligné ton jeune âge. À 17 ans, comment as-tu vécu une telle expérience ?

J’ai énormément appris. Je mesure la chance que j’ai eue de rencontrer toutes ces personnes, de travailler avec une équipe aussi talentueuse et de me produire devant autant de spectateurs. Représenter la France et sa culture sur une scène comme celle de l’Eurovision était un immense honneur.

Arriver à l’Eurovision sans être une artiste déjà connue du grand public a-t-il ajouté une forme de pression ?

Pas vraiment. L’Eurovision est justement une scène qui accueille tous les styles de musique. On y retrouve du classique, du lyrique, de la pop, du métal, du hip-hop… Cette diversité fait partie de son ADN. Je ne me suis jamais sentie comme quelqu’un qui arrivait avec quelque chose qui n’avait pas sa place.

Qu’est-ce qui a été le plus éprouvant ? La représentation, les interviews, l’exposition médiatique ?

Honnêtement, pas vraiment. Moi, j’ai totalement adoré cette aventure. J’ai rencontré des personnes incroyables, j’ai chanté sur une scène incroyable et partagé des moments uniques. C’était entièrement centré sur la musique, avec des équipes formidables et une énergie très positive.

On a justement eu l’impression que tu as vécu cette aventure comme un défi sans réelle attente, sans pression particulière, toujours dans un état d’esprit très positif…

Monroe : Oui, complètement. Il n’y avait que du positif. Je n’ai jamais monté sur scène sans voir autour de moi des personnes souriantes, heureuses d’être là et motivées à partager quelque chose. Cette énergie était communicative. Le positif attire le positif.

“Regarde-moi” est une chanson particulièrement ambitieuse. Comment est-elle née ?

La chanson a beaucoup évolué au fil du temps. Nous avons modifié certaines mélodies, retravaillé certaines phrases ou certaines intentions vocales. Mais l’histoire est restée la même du début à la fin : celle d’un amour universel que nous voulions partager. 

Combien de temps a nécessité sa création ?

Plusieurs mois. Je dirais entre deux et trois mois de travail. C’était intense, mais rempli d’amour. Nous avons pris énormément de plaisir à expérimenter en studio, à chercher différentes façons d’interpréter la chanson et à construire son univers.

Avec le recul, gardes-tu un regard positif sur votre résultat à l’Eurovision ?

Monroe : Oui, totalement. Notre rôle était d’apporter notre histoire et notre performance sur scène. Le public est libre de voter comme il le souhaite et cela fait partie du jeu. Ce que je retiens, c’est que nous avons donné le meilleur de nous-mêmes et que nous sommes restés fidèles à ce que nous voulions raconter.

Le jury professionnel vous a particulièrement soutenus. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Monroe : Cela montre que la chanson a touché des gens et c’est déjà énorme. Mais au-delà du classement, je retiens surtout toutes les rencontres que j’ai faites et les moments partagés avec les autres artistes. C’est ça qui restera.

Certains observateurs estiment que la France envoie souvent des chansons assez proches à l’Eurovision. Quel est ton regard sur cette remarque ?

Monroe : Je pense que la France aime raconter des histoires fortes, souvent emprunt de chanson, de variété ou de pop. C’est vrai que nous partageons cette même volonté avec des artistes comme Amaury Vassili ou Barbara Pravi, et que cela peut y ressembler,. Mais je ne crois pas que nous soyons similaires malgré tout. Nous avons chacun notre identité, notre voix et notre manière de transmettre ces émotions.

Ton premier album est sorti en novembre dernier. Correspond-il encore à l’artiste que tu es aujourd’hui ?

Monroe : Oui, parce qu’il représente une période importante de ma vie. Je sortais de l’émission ‘Prodiges’ et la musique classique occupait une place essentielle dans mon parcours. Je voulais lui rendre hommage. Mais j’aime aussi énormément la pop et les comédies musicales. Aujourd’hui, j’ai envie d’explorer davantage les passerelles entre ces univers, comme nous l’avons fait avec Regarde-moi.

Quels artistes t’inspirent le plus ?

Monroe : Il y en a beaucoup : Céline Dion, Lara Fabian, Whitney Houston, Adele… J’aime observer comment plusieurs artistes peuvent interpréter une même chanson de manière totalement différente. C’est fascinant de voir à quel point une voix ou une sensibilité peuvent transformer une histoire.

Fred Savio (Orelsan, MC Solaar, Amir, Christophe Maé) a participé à ton projet. Qu’a-t-il apporté à ton univers ?

Monroe : Nous étions plusieurs à travailler sur cette chanson : Fred Savio, Freddy Marche, Maxime Morise et Christopher Cohen notamment. Chacun a apporté ses idées, ses arrangements et sa sensibilité. Ensemble, ils ont trouvé un équilibre qui a permis à la chanson de prendre toute son ampleur.

Souhaites-tu continuer à travailler avec eux ?

Monroe : Oui, absolument. Ce sont des personnes formidables et j’espère que nous aurons l’occasion de poursuivre cette aventure ensemble.

Le label Parlophone accompagne désormais ton parcours. Que peux-tu nous dire de la suite ?

Monroe : Je ne peux pas encore entrer dans les détails, mais nous travaillons déjà sur de nouvelles chansons. Album, EP… nous sommes en pleine réflexion. Nous discutons aussi de la stratégie à adopter, entre développement en France et ouverture à l’international. Beaucoup de choses sont en train de se construire.

Découvrez le 1er album de Monroe :