Madame Monsieur en interview : “C‘était un peu comme une évidence de transformer cette chanson en livre pour enfant”

Exclusivité aficia

À l’occasion du nouvel album Tandem, qui paraîtra ce vendredi, on s’offre une semaine en compagnie de Madame Monsieur. Aujourd’hui, nous nous intéressons à la naissance de “Je m’appelle Mercy”, leur premier livre !

Madame Monsieur est de retour… En effet, après avoir offert de très belles collaborations à ses débuts comme avec Youssoupha (“Smile”) ou S.Pri Noir (“See Ya”), le tandem qui a porté les couleur de la France pour l’Eurovision marque son retour dans les bacs avec un nouvel opus.

Ce format c’est Tandem. Un album qui porte magnifiquement bien son nom puisqu’il offre 25 titres, tous des collaborations. On retrouve aux crédits des artistes comme Christophe WillemSlimaneBoulevard des AirsSopranoHatik ou Oxmo Puccino. Il fallait donc bien s’offrir ‘1 Semaine avec’ Madame Monsieur !

Un livre pour Madame Monsieur…

Toute la semaine, nous découvrons et redécouvrons Madame Monsieur et parlons de divers sujets ! Après nous avoir confié sa playlist du moment, Emilie et Jean-Karl reviennent sur la publication de leur premier livre baptisé “Je m’appelle Mercy” racontant l’histoire de la petite Mercy, née à bord de l’Aquarius.

Touchée par cette histoire, Madame Monsieur écrit alors une chanson qui viendra porter les couleurs de la France pour le Concours Eurovision de la Chanson en 2018. Un livre paru en néerlandais en avril dernier voit le jour. Au tour de la France de plonger dans ce récit. Madame Monsieur revienne sur la genèse et l’histoire de ce livre fabuleux…

Madame Monsieur : l’interview…

Comment résumeriez-vous votre livre appelé “Je m’appelle Mercy” ?

Emilie : Pour nous, c‘était un peu comme une évidence de transformer cette chanson en livre pour enfant parce qu’elle a une grande résonance dans toute la planète. On a reçu des messages de partout, d’enfants, de professeurs des écoles, de parents aussi… Elle a été traduite dans de nombreux pays et du coup, on a reçu beaucoup d’amour. On s‘est dit que ce serait vraiment chouette de mettre en images cette chanson.

Est-ce que cela a été plus facile à dire qu’à faire au final ?

Emilie : Cela n’a pas été simple de trouver un éditeur, et finalement, on a réussi donc on est très heureux. Ça vient de sortir en France, et c’est également sorti en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas. C’est un livre magnifique, avec beaucoup d’aquarelle. D’ailleurs, pour chaque phrase, il y a beaucoup d’explications à donner. Cela permet de maintenir le dialogue entre les enfants et les parents sur des sujets parfois complexes, comme “Qu’est-ce être un migrant, qu’est-ce que ça veut dire ?”. Et à la fin de ce livre, on a développé un peu plus avec un résumé de la chanson, de notre rencontre avec Mercy. On est très contents car d’une façon ou d’une autre, on avait toujours eu envie de reverser les fonds à Mercy et sa maman, pour leur nouvelle vie. On espère de tout cœur que les gens l’achèteront ou le partageront.

Est-ce qu’on pourrait imaginer que ce livre soit proposé dans les écoles ?

Emilie : On adorerait ! On travaille dessus, mais les places sont chères. Effectivement, il y a beaucoup de pédagogie et de douceur dans ce livre. Cela pourrait être un bouquin que l’on retrouve dans les écoles. 

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La maman de Mercy a-t-elle vu le livre ?

Madame Monsieur - © Fifou

Emilie : Bien sûr. Elle a eu l’occasion de voir les planches. Elle était extrêmement émue. Elle a ressenti le fait que l’illustratrice ait compris son voyage.

Concernant les illustrations du livre, vous avez collaboré avec une illustratrice néerlandaise, Saskia Halfmouw. N’est-ce pas une façon de montrer que cette chanson a fait le tour du monde et que le livre a vocation de toucher un public international ? 

Emilie : Ce qui est marrant, c’est que nous avons d’abord recherché un éditeur en France. Cela a été très compliqué pour plein de raisons, car cela reste un sujet qui fait un peu peur. On avait un peu baissé les bras, jusqu’à ce que nous tombe entre les mains une planche de dessin de cette illustratrice. Elle nous a fait cadeau d’une planche qui illustrait le début de la chanson. Alors, c’est marrant, parce qu’au début, Mercy était représentée en petite fille de couleur blanche. Saskia n’avait sans doute pas compris toute l’histoire, probablement du fait qu’elle soit néerlandaise. Elle avait compris uniquement la partie de la naissance d’un bébé réfugié sur un bateau humanitaire. Initialement, elle nous avait remis cette planche juste pour nous remercier de la chanson, ça l’avait touché. Cela a relancé le débat. Puis, on a découvert qu’elle était illustratrice pour enfants aux Pays-Bas. Tout est parti de là. Ensuite, cela a été très vite pour qu’on se dise qu’elle devienne l’illustratrice officielle du livre. Mais encore une fois, c’est grâce à l’Eurovision aussi car Saskia est une grande fan de l’Eurovision, elle a suivi l’histoire… 

Comment avez-vous procédé pour trouver les personnes avec qui travailler ?

Emilie : Il y a eu un intermédiaire qui est journaliste et auteur de livres pour enfants. C’est lui qui a été messager pour cette première planche de dessin. Il est lui-même journaliste aussi pour l’Eurovision. Il écrit pour un site d’Eurofan. Il est venu nous voir à Paris pour nous remettre le prix des Meilleures paroles d’après les néerlandais. On était très fiers. Lui, on l’a vu en vrai. On a eu un très bon contact. Il a fait ce lien avec les Pays-Bas et c’est lui aussi qui a traduit le texte pour nous. 

Même s’il y a encore d’énormes problèmes, j’ai bon espoir pour que les choses s’arrangent vraiment. 

Jean-Karl

En 2020 il y a toujours la peur de l’autre, de l’inconnue, de la différence. Le vivre ensemble semble être un conte pour enfant, une légende qui ne sera jamais ancré dans la réalité. Il faudrait quoi pour faire changer les mentalités ?

Jean-Karl : Je pense que malgré tout, cela va dans le bon sens quand même. Même au sujet des migrants, il y a de plus en plus de gens qui s’élèvent pour dénoncer le traitement des migrants. Dès qu’il se passe quelque chose, on voit les gens aller dans la rue. C’est à chacun, à notre niveau dans notre vie de tous les jours, d’être respectueux et tolérant, d’être curieux de l’autre. Je pense que c’est aussi à l’école que ça commence, à l’éducation. Même s’il y a encore d’énormes problèmes, j’ai bon espoir pour que les choses s’arrangent vraiment. 

On parle du livre, mais aussi de la chanson “Mercy”. À quel point cette chanson a été un temps fort dans votre carrière ?

Jean-Karl : C’est sûr qu’il y a eu un avant et un après avec “Mercy”. Cela a tout changé. C’est vraiment la première fois qu’on rencontrait le grand public. Ces moments-là sont toujours très forts. Et cette chanson, elle a un lien particulier avec les gens puisqu’elle a marqué les esprits. On reçoit toujours beaucoup de messages dans la rue ou sur les réseaux à propos de cette chanson. 

Pour terminer cette première partie d’interview, auriez-vous un argument à donner pour acheter votre livre ? 

Quand on a aimé la chanson, on ne peut qu’adorer les illustrations qui sont à couper le souffle. Ce sont des illustrations en aquarelle extrêmement belles. C’est un livre très fidèle à la réalité. Il y a les vraies personnes qui ont sauvé Mercy et sa maman. Et cela reste un livre dont l’objectif est d’apporter un peu plus de confort à elles, pour leur nouvelle vie. Donc ça fait pas mal d’arguments !