Marc Lavoine - DR

Marc Lavoine en interview : “Être artiste, c’est prendre des risques, c’est toujours jouer et remettre son titre en jeu”

Exclusivité aficia

À l’occasion de la sortie du single “Pour les gens du secours”, Marc Lavoine nous a parlé de la confection de son prochain album et de ‘The Voice’ dans lequel il est coach. Place à l’entretien avec aficia.

C’est avec Pascal Obispo et Florent Pagny que Marc Lavoine a offert le titre “Pour les gens du secours”. Une chanson qui arrive à point nommé alors que la France est en confinement depuis de longues semaines. Les fonds extraits du titre sont d’ailleurs reversés à la Fédération Hospitalière de France et à la Fondation des Hôpitaux de France.

Mais en plus d’avoir largement évoqué cette fraternité qui le lie à ses amis Pascal Obispo et Florent Pagny et la sortie de ce titre caritatif dans une première partie d’interview, Marc Lavoine nous a également parlé, en exclusivité, de l’avancée de son prochain album mais aussi de ses talents ‘The Voice’. Voici quelques confidences d’un artiste que la prise de risque n’effraie pas…

Marc Lavoine, l’interview !

J’aimerais parler avec vous de ‘The Voice’. On vous a vu extrêmement attaché à vos talents lors de l’épreuve des K.O. En avez-vous appris sur vous-même ?

Je ne me suis pas découvert au sens propre, mais j’ai découvert beaucoup de choses. Disons que je me suis trouvé surpris et touché par les parcours de chacun d’entre eux. C’est une émission extrêmement bienveillante et très bien faite. Je dirais même que c’est plus qu’une émission, c’est une sorte d’événement où les gens viennent faire entendre leur voix.

C’est toujours émouvant de voir de jeunes artistes avec leurs ambitions, leurs voix, leurs convictions, qui mettent dans leurs voix tous leurs espoirs. Je suis très attentif à cela. J’ai eu la chance, à l’âge de 17 ans, de passer des auditions, comme eux, afin de pouvoir commencer à travailler et de vivre de mon travail. J’apprends beaucoup auprès d’eux.

Cette jeune génération a beaucoup de choses à nous apprendre, elle a une fraîcheur,
une sorte d’enfance à laquelle je suis très sensible.

Marc Lavoine

Cette jeune génération d’artistes vous rappelle vos débuts. Vous inspire-t-elle ?

C’est vrai que j’ai toujours été attentif à la nouvelle génération. Pour mes projets personnels, j’ai récemment travaillé avec Krisy, un garçon qui a produit Damso. On a confectionné un morceau ensemble. Pour mon nouveau disque, je travaille également avec les musiciens de Julien Doré qui sont très jeunes. Cette jeune génération a beaucoup de choses à nous apprendre, elle a une fraîcheur, une sorte d’enfance à laquelle je suis très sensible.

Vous donnez l’image de quelqu’un qui est très proche de ses talents. C’est le cas aussi hors caméra ?

Je fais cette émission pour apprendre et essayer de donner à mes talents du soutien, et pas seulement à l’écran. On se retrouve régulièrement au téléphone, où l’on échange avec ceux qui sont toujours en course et également ceux qui sont partis. Le coaching ne s’arrête pas à leur passage dans l’émission, comme Louise, Loïs, Mickaël, Yohan, Pierre… Tous ces gens, je continue de les suivre.

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Quant aux trois derniers, j’essaye de préparer l’avenir avec eux parce qu’à partir de maintenant ce n’est plus moi qui vais dire si je les garde ou non, ce sera le public. Nous avons donc une autre façon de travailler ensemble.

Vous avez là, en demi-finale, trois jeunes artistes très complémentaires et très différents dans votre équipe. Quels sont leurs atouts ?

Oui effectivement, ils sont tellement différents et à la fois ils ont beaucoup de points communs. C’est sur leur parcours que je travaille, sur leur culture. Celle d’Antoine est pas tout à fait la même que celle d’Ifé qui travaille aux beaux-arts, qui a l’Afrique en lui avec toute son histoire, et Antony qui vient de Suisse et qui arrive avec toute son histoire, et sa façon d’être. Les points de fragilités et de sensibilités ne sont pas les mêmes chez chacun. Émotionnellement c’est compliqué pour eux de passer devant cinq millions de personnes, et puis de rentrer ensuite chez eux avec les réseaux sociaux. Il faut gérer tout ça, et c’est un plaisir de travailler avec eux. 

Vous savez, je travaille avec les musiciens de Julien Doré et avec le réalisateur qui fait l’album d’Eddy De Pretto.
Ils ont tous 23, 24 ans tout au plus…

Marc Lavoine

Si vous deviez mettre une pièce sur l’un de vos talents ?

Je suis en pleine compétition et lorsqu’on est en compétition, pour l’instant, comme dirait notre sélectionneur national, “on va faire ça match par match”. Non mais c’est vrai. J’ai la chance d’avoir trois gaillards. Ils ont tous les trois cette chance d’aller potentiellement au bout avec leurs talents différents et leurs qualités différentes. Je n’ai pas vraiment de préférence. C’est aussi eux qui vont prendre leur responsabilité. Je leur apporte tout ce que je peux et j’espère sincèrement que ce soit un des trois qui remporte ‘The Voice’ !

Est-ce que cette jeune génération dont vous parlez peut influencer la façon de confectionner votre nouvel album de façon générale ?

Je ne saurais pas vous dire. Vous savez, je travaille avec les musiciens de Julien Doré et avec le réalisateur qui fait l’album d’Eddy De Pretto. Ils ont tous 23, 24 ans tout au plus. C’est le cas de Christophe Casenave qui a fait “Toi et moi” qui est sorti il y a pas longtemps et Darko le guitariste de Julien Doré.

On fait des chansons. Je ne me pose pas vraiment la question de la direction dans laquelle je vais, mais j’avance. Je travaille avec ces gens, je propose des textes et j’essaye de chanter le mieux possible et de raconter des histoires, c’est surtout ça qui m’intéresse.

Évidemment, j’aime la musique et j’ai envie d’évoluer musicalement. Ce sera mon quinzième disque. Cela a été la même chose pour ‘Les Souliers Rouges’ où j’ai abordé la musique de façon totalement différente que ce soit sur l’album ou sur scène, avec des univers différents et surtout, il fallait travailler pour trois interprètes différents à savoir Arthur H, Béatrice Martin et moi-même.

Vous préparez donc votre quinzième album. À quoi devons-nous nous attendre ?

Je travaille avec Krisy. C’est très intéressant de travailler avec ce genre d’artiste car j’aime beaucoup le hip-hop et le rap et ce qu’on a fait ensemble, cela s’appelle “Lucy et les chanteurs pour dames”. C’est un morceau qui m’intéresse beaucoup. Il y aurait peut-être un album à faire ensemble qui s’appelle Le chanteur pour dames d’ailleurs. Pour l’instant, c’est un morceau extrait de son album uniquement.

Vous avez toujours aimé les collaborations. Avec Krisy, vous cherchez à surprendre ?

Ce sont des collaborations que j’aime beaucoup car dans le domaine du graff, de la photographie, de la peinture, de la littérature, il y a des nouvelles générations très importantes qui sont en train de naître comme il y a trente ans avec les Rita Mitsouko, Etienne Daho et les auteurs de l’époque.

Aujourd’hui, on a une nouvelle génération au théâtre, des écrivains, une nouvelle génération de romanciers, de cinéastes, de musiciens et d’auteurs de chansons comme Lomepal ou Clara Luciani, Stromae ou OreLsan qui proposent de vrais thèmes qui sont très forts et ça fait du bien ! Cette nouvelle génération est en train de bouleverser la nôtre et je suis ravi de voir ce renouveau musical et littéraire. 

La vie sans risques n’a aucun goût. Être artiste, ce n’est pas devenir une caricature de soi-même
ou de s’inscrire dans une forme d’insécurité.

Marc Lavoine

Est-ce qu’avec autant d’années de carrière, on est prêt à prendre un risque ?

Vous savez, la vie sans risques n’a aucun goût. Être artiste, ce n’est pas devenir une caricature de soi-même ou de s’inscrire dans une forme d’insécurité. Ce n’est pas devenir une vedette. Être artiste, c’est prendre des risques, c’est toujours jouer et remettre son titre en jeu et mettre sa peau sur sa table. Prendre des risques fait partie intégrante du plaisir d’écrire. 

Quels genres de risques vous arrivent-t-il de prendre autrement que la musique ? 

Je suis en train d’écrire un nouveau livre. Je prends un risque car mon premier a été un très gros succès. Je suis également en train de prépare un film avec Gérard Jugnot. Ce sera un risque aussi parce que chaque film est un risque. Si vous voulez, le thème risque est quelque chose de quotidien. C’est obligatoire. Les gens qui ne prennent pas de risques finissent par être ennuyeux. L’ennui est profitable quand on cherche à travailler, cela donne même parfois l’inspiration ou la mélancolie nécessaire pour pouvoir travailler. Mais sans risque la vie serait assez fade. 

Vous arrive-t-il de rêver à des duos que vous aimeriez avoir pour ce nouveau disque ?

Pour l’instant non, je ne rêve pas forcément de duos. Là je vous parlais d’un duo avec Krisy qui a travaillé avec Damso. Si vous regardez son travail, c’est vraiment très intéressant et quelqu’un de charmant. Il va produire une bande dessinée avec son disque. C’est vraiment fort ce qu’il fait. Il s’amuse à faire des planches de dessins à chaque fois qu’on fait une battle ou un K.O et à chaque fois le résultat est assez beau. J’aime bien cette idée-là, très inspirant et surprenant à la fois. Mais à priori, oui il y a des déjà quelques chansons qui ont été enregistrées mais pour l’instant je ne veux pas trop en parler…

aficia étant précurseur de nouveaux talents, avez-vous un nouveau ou futur talent à faire découvrir au lectorat ?

Je vous parlais de Krisy. Il est vraiment très très doué. Je vous incite à aller voir ses clips, ses chansons. Son album a été retardé à cause du confinement mais vraiment, c’est quelqu’un qui m’étonne. Il y a d’autres gens évidemment, mais lui a vraiment quelque chose d’intéressant ! J’ai beaucoup d’amitiés et d’admiration pour lui.