Nelick - © John Sot
Nelick - © John Sot

Nelick en interview : “Avec Tatoo je me suis retrouvé, ce projet c’est moi”

Exclusivité aficia

Nelick a signé son retour au début de l’été, avec Tatoo, son nouvel EP. Et à l’occasion de la sortie du clip “Seul dans le club”, aficia en a profité pour organiser une interview. Au programme, les intentions de Tatoo, de la bohème, et de la création en indépendant. Un échange inspirant, à retrouver ci-dessous.

Poésie sucrée, c’est en 2016 que la rédaction découvre Nelick. Un jeune rappeur français à la plume hypnotique, aux ambiances assurément gamines et rétro. Après la sortie de plusieurs projets, l’artiste est revenu cet été à nos oreilles avec un nouvel EP.

Dénommé, Tatoo, ce dernier nous fait renouer avec un Nelick dans la confidence. Introspection, créations, et coulisses, une interview exclusive signée aficia.

Nelick : l’interview…

Nelick en quelques mots, tu le décrirais comment ? Ton univers, ton parcours ? 

Eh bien mon univers c’est quelque chose d’assez chill, coloré, enfantin. Je travaille autour de thématiques simples, qui gravitent autour de ces couleurs.

Musicalement, quel est ton processus de création ? Comment est-ce que tu crées un morceau, quelle est ta démarche ?  

Pour ça, je vais avoir plusieurs méthodes. La plupart du temps ça va être avec un type beat, avec lequel j’essaye de provoquer un mood, une émotion. Ou alors une mélodie qui m’inspire. J’ai une création vachement recentrée autour du feeling. L’émotion vient, le son suit.

J’ai un public qui me donne énormément d’amour, je suis vraiment heureux de ce mood intime et passion que j’ai développé

Nelick

Tes dernières actus, ce sont bien entendu cet EP Tatoo, et le clip extrait de ce dernier, “Seul dans le club”. Alors après Piu Piu et ses fantaisies sucrées, on a l’impression de retrouver une ambiance intimiste à la manière des Kiwibunnytape. C’était voulu ?

Effectivement PiuPiu était une histoire à part entière. Probablement trop ambitieuse et compliquée. Alors lorsque j’ai commencé le travail sur Tatoo, s’est allé vite. Ça devenait si fluide, parce que je parlais de mes expériences et de mon vécu. C’est ce que voulait le public d’ailleurs, et je m’y suis retrouvé.

Après avoir recherché un personnage, là c’était oim que je peignais. Tous les sons ont pu être écrits en cinq minutes ou presque, sauf “Seul dans le club” qui a été plus compliqué. Avec Tatoo, je me suis retrouvé, ce projet c’est moi. J’ai replongé dans l’introspection des Kiwibunnytape, mais avec plus de maturité et de finitions.

Au niveau de ton image, photo et clips il y a une certaine continuité. Comment tu travailles cet esthétisme ?

En fait, lorsque j’écris, je pense directement au clip qui peut sortir de mes mots. Et pour mon image, je travaille tout seul. La quasi totalité de mes clips, ce sont des collaborations avec mes potes, c’est fait maison. Alors je réfléchis à un truc, j’essaye, je vois si c’est possible ou pas, et sinon je repars sur autre chose. Ce Nelick à l’image, c’est celui dans les albums, un air chill, ado, un peu naïf, j’essaye de garder ce fil rouge.

Une anecdote sur un clip d’ailleurs ?

Il y en a tellement ! Honnêtement, je pourrai en donner une pour chacun. Mais je vais en donner une récente.

Dans le clip de “Allô”, on est dans une chambre. Et il faut savoir que cette chambre était celle d’un pote qui avait accepté de nous la prêter le temps du clip. Du coup, on a tout refait dans sa chambre, on a crée une ambiance d’enfant, il y avait plusieurs caméras aussi. Et la veille du tournage, ce pote qui nous a prêté la chambre, devait recevoir une fille chez lui. Alors autant dire que l’ambiance univers de gosse, plus caméra, c’était très suspect, ça a failli casser son plan. Mais, après quelques explications, tout s’est bien terminé. C’était assez drôle comme situation.

Dans “Allô” toujours, il y a un plan où je saute sur le lit. Lors du tournage, je suis retombé sur une altère qu’on voit dans le rendu final d’ailleurs. Je me suis fait une énorme bosse sur le crâne. Les mêmes que lorsqu’on est petit, comme après une mauvaise chute. Je n’en avais pas eu depuis longtemps.

Il faut absolument trouver une passion dans laquelle se retrouver

Nelick

Nostalgie, solitude, adolescence, des thèmes qui sont très marqués dans le projet. Il ressemblait à quoi le Nelick ado ? Il aurait des conseils à donner pour trouver des refuges, ou des manières d’affronter une période de doute ? 

Je n’ai pas tellement changé. Le Nelick ado est celui de mes morceaux. C’est souvent triste comme période, on se remet beaucoup en question, je le fais encore beaucoup d’ailleurs. Pour ma part, c’est grâce à mes potes, la musique, les jeux… Il faut absolument trouver une passion dans laquelle se retrouver. Pour moi ça a été utile en tout cas.

Dans une période de doutes, comme ça a pu être le cas récemment pour moi après PiuPiu, je pense qu’il faut essayer de rebondir. Ce qui me fait tenir ce sont ces sauts créatifs quand je suis au pied du mur. J’ai rien de base, on se débrouille avec pas grand chose. Quand tu n’as rien, ça booste à faire des trucs extraordinaires.

Des projets en cours ?

Pour l’instant, on reste sur cette bonne énergie, je vais essayer de retrouver quelques scènes. Ça m’a fait beaucoup de bien de refaire une date en fin d’été. J’ai un public qui me donne énormément d’amour, je suis vraiment heureux de ce mood intime et passion que j’ai développé. Et sinon, développer encore ma direction artistique, j’en ressens le besoin.

Question curieuse, beaucoup t’ont découvert grâce à “Océan 2077”, c’est quoi ton ressenti à propos de ce single ?

Je vois vraiment ce titre comme un cadeau. Il a bouleversé ma carrière à sa manière. Alors certes, il n’est pas monétisé (problèmes de droit avec la prod), mais il fait partie de ces titres que l’on crée pour l’art. Certains ramènent de l’argent, d’autres des fleurs, c’est l’un de ceux-ci.

Aujourd’hui, quand je prends du reculs sur mes anciens sons, réalisés en totale débrouillardise, il y en a très peu que je ne valide plus. Je suis fier de ce parcours là, même avec rien, on peut faire quelque chose de lourd !

Enfin, pour conclure, Chez aficia on est précurseur des nouveaux talents, est ce que tu as une perle à nous faire découvrir ? 

Difficile de dire, il y a beaucoup de musique dans mes oreilles. Mais je vous recommande vivement Le Sid , un ami de longue date, il crée vraiment de belles choses.

Découvrez ‘Tatoo’ le dernier EP de Nelick :

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