Odezenne - © Marie Guillot-Farneti
Odezenne - © Marie Guillot-Farneti

Odezenne en interview : « Notre canal de diffusion numéro un reste le bouche-à-oreille »

Odezenne en interview : « Notre canal de diffusion numéro un reste le bouche-à-oreille »
Odezenne

À l’occasion de son concert au Printemps de Bourges, le trio Odezenne a répondu à nos questions sur ses influences, son dernier album et le prochain EP qui sortira à la rentrée. Confidences sur aficia !

La poésie et le style inimitable d’Odezenne fait son effet depuis 2008 et la sortie de premier album studio sans. Chantilly. 11 ans plus tard, Alix, Jacques et Mattia compte quatre longs formats et plus d’une vingtaine de clips.

C’est lors de leur passage au Printemps de Bourges que nous avons pu échanger avec les trois garçons qui ont marqué cet entretien par leur gentillesse et leur simplicité…

5 questions à Odezenne…

1 Depuis vos débuts, votre promo se fait beaucoup par le bouche-à-oreille. C’est important que les choses se passent ainsi, de ne pas passer par des rouages traditionnels de l’industrie musicale ?

Alix : Ce n’est pas forcément un choix de notre part. Ce sont plutôt les canaux traditionnels qui ne nous ont jamais accueillis. C’est comme ça que le bouche-à-oreille s’est développé. Nous, la musique nous la faisons pour la vivre. Nous la mettons à disposition et nous la diffusons comme nous pouvons. Heureusement, sur internet nous n’avons plus besoin de faire appel à un directeur de programmation, d’une radio ou d’un magazine pour exister. Ça ne nous a pas empêché de nous faire entendre. Parfois, il y a eu des rendez-vous gagnants avec des médias qui ont suivi. Mais notre canal de diffusion numéro un et constant reste bien évidemment ce bouche-à-oreille.

Jacques : Écouter notre musique devient la meilleure manière d’en parler. Les médias n’arrivent pas forcément à classer notre musique, ça peut être une difficulté.

Alix : Voir qu’il y a des gens de plus en plus nombreux à nous écouter et à venir nous voir, ça nous prouve que certains ont compris.

2 Vous avez créé votre propre label Universeul. C’est par nécessité et envie d’indépendance ?

Jacques : Notre réponse va ressembler à la précédente. C’est parce que nous n’avons jamais eu de réelle proposition que nous avons décidé de procéder ainsi. Quand tu veux continuer à faire de la musique, tu dois t’organiser. Comme nous voulions continuer dans cette voix, nous avons créé ce label et trouvé ce joli sobriquet parce que nous avons un peu d’humour ! (Rires)

3 C’est la première fois qu’il y a des interventions extérieures sur l’un de vos albums. Est-ce un exercice compliqué de trouver les bonnes personnes ?

Alix : Je laisserai Jaco parler du featuring avec Nabounou car c’est lui qui en est à l’origine. Pour Moussa, il y a une rencontre qui se déroule depuis plusieurs années. C’est un ami. Il a passé beaucoup de temps avec nous, il est venu sur les différents lieux d’enregistrement. Il a participé à tous les arrangements de voix mélodiques. Il a été très inspirant pour cet album. Il a apporté du sang neuf. Il est jeune, il a 22 ans. Sa présence était un peu plus visible sur le titre « James Blunt » donc nous avons décidé de le créditer. Il a insufflé pas mal de petites choses sur l’ensemble des morceaux. C’est notamment le temps passé à travailler ensemble sur l’album et le fait que ce soit un ami qui fait que ce n’est pas un simple featuring. Les maisons de disques vont souvent essayer de rassembler des artistes qui vont pouvoir faire des combos gagnants comme Vianney et Gims. Nous, ce n’est pas ce que nous recherchons. Moussa a presque fait partie du groupe pendant cette période de travail.

Jacques : Nabounou, c’est la rencontre avec une jeune qui écrit un texte dans un atelier d’écriture qui était orchestré par ma compagne. Je lui donnais un coup de main pour la reconstitution et de fil en aiguille Alix l’a entendue et nous avons décidé de la mettre sur BNP. Là aussi, ça s’est fait naturellement. C’était très extérieur mais ça nous a parlé tout de suite.

Découvrez « James Blunt » d’Odezenne et Moussa :

4 Dans vos influences musicales, nous pouvons trouver de nombreux genres bien différents à l’image du rap. Que pensez-vous de la scène rap actuelle ?

Jacques : Nous ne sommes pas forcément influencés par le rap. Pour la bonne et simple raison que c’est Mattia qui est à l’origine de la musique chez Odezenne et qu’il n’écoute pas de rap. Nous deux, nous en écoutions beaucoup avant. Ça reste un genre que j’apprécie et j’écoute de tout. Mais ça reste personnel. Personnellement, je trouve que c’est devenu la nouvelle variété, sans être péjoratif. C’est le style qui prime aujourd’hui. Tout est permis, tout existe. Je trouve ça super cool ! Ca reste un sport à pratiquer chez soi avec un micro et une boîte à rythmes. Dans ce grand ensemble, il y a des choses que j’aime, d’autres moins. J’aime voir des jeunes jouer avec des mots, réinventer la langue française… J’aime bien ce que je ne suis pas capable de faire personnellement. Je trouve que ça ne s’est jamais aussi bien porté. Il y en a pour tous les goûts.

Quand tu as des jeunes qui font des millions de vues et qui s’éclatent, c’est toujours mieux que d’être plongeur ou de bosser à l’usine. Notre nouveau morceau « Bleu fuchsia » va dans ce sens puisqu’il parle de la période où Jaco bossait à Rungis.

Jacques : Exactement ! Je pourrais t’en parler des boulots comme ça !

Découvrez « Bleu fuchsia » d’Odezenne :

5 J’ai vu sur vos réseaux que vous alliez sortir un nouvel EP à la rentrée. Pouvons-nous avoir plus de détails à ce propos ?

Alix : Il y a le morceau « Bleu fuchsia » qui est disponible depuis aujourd’hui ! (Rires) Et effectivement, il y a cinq titres dont nous sommes très fiers et nous sommes très contents de sortir ce disque. Nous avons souvent pris le temps entre chaque sortie d’album et là, nous avons eu le temps de retourner à Londres. C’est un deuxième passage du processus éprouvé sur Au baccara. Nous avons hâte de faire écouter ces nouveaux titres !