Saskia - © Victor Pattyn
Saskia - © Victor Pattyn

Saskia en interview : “C’est un choix de venir avec un côté plus calme”

Rencontre avec Saskia, une artiste passionnante et complète qui nous expose son univers et ses ambitions sur aficia.

Originaire de Bruxelles, Saskia est l’une des révélations musicales de 2020. Après avoir ouvert la porte à des sonorités plus douces avec “Pause”, elle s’est vu offrir une opportunité de signer chez Sony. Un contrat qui lui a permis de partager deux nouveaux singles : “La Mer” et “Dans ma tête” sortie le 8 janvier dernier. Deux propositions musicales qui font de Saskia, une artiste complète (interprète, compositrice, musicienne et beatmaker)  qui nous emporte dans sa sensibilité et nous touche avec une voix que l’on ne cesse d’apprécier. 

À travers cette entrevue donnée à aficia, la Bruxelloise nous évoque sa jeune carrière portée par ses titres, influences et créations en tout genre. Rencontre avec un talent à découvrir sans plus tarder ! 

Saskia : l’interview…

Pour les personnes qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Saskia, je viens de Bruxelles. Je suis une artiste qui fait ses prods, qui écrit en français et qui a le plaisir de pouvoir partager ses musiques. 

Tu as commencé la musique il y a deux-trois ans à titre professionnel. Comment la musique est rentrée dans ta vie ? 

J’ai grandie dans une famille de musiciens. Mon père fait de la musique, ma belle-mère en fait aussi. J’ai des frères et sœurs qui en font aussi et sont eux-mêmes artistes. Mes parents m’ont mise au piano quand j’avais six ans. J’ai fait des cours d’improvisation, un peu plus classique. J’ai fait un peu de cours de jazz en particulier, c’est-à-dire pas en conservatoire mais en privé avec une professeur qui faisait du jazz. J’ai donc touché un peu à tout avec le piano. Ça a développé mon oreille musicale et j’ai toujours été entourée de musiciens. C’est donc familier pour moi. 

Tu t’es vu évoluer avec les années ?

Carrément ! Franchement, depuis que j’ai ouvert le volet professionnel, j’ai commencé à faire mes prod’ seule, vouloir écrire en français. À l’époque, je faisais des covers au piano en anglais. Au niveau de l’écriture et au niveau de la production musicale, j’ai énormément appris ces deux dernières années. Que ce soit à travers des vidéos YouTube, j’écoutais pleins d’instrumentals pour essayer de décortiquer ce qu’il y a dans une musique. J’étais vraiment entêtée à vouloir faire mon projet pour trouver mon univers et mon identité à moi. C’est toujours en processus mais aujourd’hui j’en arrive à un point où je peux sortir des sons qui me plaisent.

J’ai rencontré Simon, à Bruxelles, c’est un DJ assez connu. Il est aussi batteur et il m’a beaucoup aidé dans cette découverte musicale, de ce que je voulais faire. Je l’appelle aussi comme mon “parrain” de la musique. Il m’a beaucoup aidé dans cette recherche. C’est rare d’avoir un feeling avec quelqu’un qui arrive à te suggérer ce qui te plaît. 

Tu produis des chansons aussi tristes que fortes. Par pudeur, certains artistes préfèrent chanter ce genre de texte avec une production plus rythmée. Est ce que toi, au contraire, tu préfères des productions plus douce pour mettre l’accent sur les paroles et rendre l’univers plus mélancolique ? 

Tout à fait. Quand je choisis un thème, je ressens une émotion et j‘ai envie autant dans le texte que dans la musique de retranscrire cette émotion. Les deux singles qui sont sortis là, “Dans ma tête” est plus poussé au niveau de la production comparé à “La Mer” où c’est uniquement du piano et des snap. C’est plus acoustique. Les deux restent dans un ADN assez fidèle au texte. Après ça dépend des titres. C’est un choix de venir avec un côté plus calme pour laisser place ensuite à des titres beaucoup plus produits.  

Le gros coup de cœur de ces dernières années, c’est Billie Eilish et son frère Finneas.

Saskia

Dans ton premier single “La Mer”, sorti en juillet 2020, tu évoques des thèmes forts comme la crise migratoire ou la situation écologique. Tu n’hésites d’ailleurs pas à t’exprimer sur d’autres sujets sur les réseaux sociaux. Est-ce que tu aimerais mettre en chanson d’autres thèmes, d’autres sujets de l’actualité qui te tiennent à cœur ? 

Oui et c’est déjà le cas sur des chansons qui n’attendent que de sortir. Je m’inspire un peu de tout. Ça peut être des choses personnelles, des choses que je n’ai moi-même pas vécu mais c’est plutôt mon entourage qui m’a inspiré à écrire. Des sujets d’actualité, ce qui nous entoure… C’est autant personnel que non-personnel. 

Si je comprends bien, il y a  un EP en préparation ? 

Tout à fait, voilà ! 

Quelles sont tes influences musicales ? Les artistes qui t’inspirent ? 

Je dirai en premier lieu, Daft Punk ! Je les aime beaucoup. Je sais que dans mes productions un peu plus produites, il y a de l’inspiration. Il y a certaines personnes quand je leur fais écouter mes maquettes, ils le sentent. Dans un côté plus pop-rock, il y a Coldplay. J’ai grandi avec eux et j’adore ça. Les accords pop-rock c’est ma came.

Le gros coup de cœur de ces dernières années, c’est Billie Eilish et son frère Finneas qui est plus dans l’ombre, moins connu. Je le suis beaucoup puisque c’est lui qui produit les titres de sa sœur. Ce binôme-là, j’aime beaucoup. Dans tout ce qui est plus soûl, dans ma jeunesse, il y a Alicia Keys, Lauryn Hill, Stevie Wonder, The Beatles. La culture pop-rock des années 2000-2010. 

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Ça ne serait donc pas étonnant de te voir sortir un jour un titre aux influences pop-rock ?

Oui, dans ce style-là mais bien entendu modernisé et à ma façon ! 

Tu es aussi compositrice. Est-ce que tu écris pour d’autres artistes ? Sinon est-ce que c’est quelque chose que tu envisages ? 

Non, en tout cas pas encore. Je ne sais pas si ça m’arrivera un jour. Je ne suis pas contre l’idée mais c’est vrai que je suis encore assez centrée sur moi-même au niveau de ma propre découverte et de mon univers à construire autour de mon projet. Mais à l’avenir pourquoi pas.

Tu as sorti le 8 janvier ton deuxième single, “Dans ma tête”, peux-tu m’en parler ? 

C’est un son que j’ai écrit il y a plus d’un an l’air de rien, qui est resté sur le côté et qu’on a décidé de sortir en début d’année. C’est un titre personnel pour le coup. Je parle d’une rupture amoureuse que j’ai vécue il y a des années. Je l’ai écrit bien après que l’histoire se soit passée. Je me suis vraiment replongée dans ces émotions là pour pouvoir écrire ce texte. 

En combien de temps est née cette chanson ?

Je l’ai écrit très facilement, c’est un texte que j’ai écrit peut être en un jour, je l’ai écrit très vite. Au niveau de la production musicale, pareil. Cela a été assez rapide parce que je savais ce que je voulais et surtout c’est pas super complexe : t’as une majeure partie de piano et puis tu as les violons que j’ai grave kiffé faire d’ailleurs avec toute une rythmique. J’ai fini la production récemment pour que je sois en phase au moment de la sortie.

Et justement, ce n’est pas compliqué pour toi de replonger dans ces souvenirs, de faire une sorte d’introspection dans tes sentiments pour pouvoir les ressortir dans une musique ? 

Non je pense que tu n’écriras jamais mieux quelque chose que tu as ressenti donc c’est nécessaire pour moi.

L’image retranscrit autant les émotions que la musique finalement et du coup si tu veux être en phase et que ça te ressemble comme tu veux tu dois forcément être impliqué.

Saskia

Pourquoi la présenter au public maintenant ? 

En fait, ça a été un gros coup de cœur au label. On avait un peu le choix, on s’est demandé ce qu’on sortait et on a senti que c’était celui-là. 

Parmi tous tes projets jusqu’à présent, à quel point es-tu impliquée sur la partie visuelle, les clips ?  

J’ai un label qui est super créatif et qui est tourné sur le côté autodidacte. Moi, j’ai eu un gros coup de cœur pour un réalisateur qui est assez jeune. Il s’appelle Rémy Bourçois. On co-réalise ensemble mais je lui donne le titre de réalisateur complètement parce que, vraiment, le boulot de réalisateur c’est lui qui le fait. Après, j’ai toujours des idées qu’on partage au préalable. J’ai toujours ma petite touche même si ça ne se voit pas dans les crédits, je participe complètement au scénario. 

J’en ai besoin, je pense qu’il y a pas mal d’artistes pour qui ça fonctionne comme ça. En tout cas, quand t’es un peu ‘control freak’ comme moi, j’ai toujours envie de pouvoir transcrire. L’image retranscrit autant les émotions que la musique finalement et du coup si tu veux être en phase et que ça te ressemble comme tu veux tu dois forcément être impliqué. C’est le même réalisateur d’ailleurs qui a fait “La mer”, j’ai eu une super bonne surprise pour “La mer” et on s’est grave entendu. On était sur la même longueur d’onde, donc on a voulu continuer de collaborer pour le deuxième single.

Tu as créé des capsules musicales que tu postes sur Instagram… bouteille, klinex, fond sonore iphone… d’où te vient cette inspiration ? 

Je pense que j’ai toujours kiffé les sons un peu ‘home-made’ et je me suis toujours amusée à faire des rythmiques avec tout ce que je trouve. Même si ce n’est jamais très fulgurant, je me suis dit que ça pouvait être hyper intéressant d’incorporer ce genre de son de tous les jours. Puis tu les implique dans une production qui est beaucoup plus digitale. Je trouvais que le mélange des deux était hyper intéressant et comme je n’ai pas trop vu ça, je me suis dit que je vais être la doyenne de ce concept et le défendre sur Instagram. J’adore, j’en ai plein qui vont arriver là, et c’est toujours cool. 

Est ce que tu donnes un second souffle aux prods , aux titres que tu crées pour tes capsules ou c’est uniquement pour le plaisir ? 

Pour les capsules c’est très spontané, on va dire que je crée de la musique. Je me concerte avec mon label et quand mon label à un coup de cœur ou se dit que c’est un titre fort alors à ce moment-là on décide de se dire que lui, on le met de côté. Moi, j’ai moins d’objectivité pour cet avis là. À  l’inverse, il y a des fois j’ai sorti des petites capsules, c’était des sons comme ça d’une minute, et si j’ai de très bons retours du public à ce moment-là je continue. 

aficia est précurseur de talents… Tu aurais un artiste à nous faire découvrir ? 

Iliona, c’est aussi une chanteuse de Bruxelles. J’aime bien ce qu’elle fait, elle est aussi nouvelle, pour le coup elle est vraiment émergente.