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Tal en interview : « J’ai l’impression de tout recommencer à zéro »

Après un an de break, Tal est de retour avec un nouveau single, « Are We Awake », qui devance la sortie de son troisième opus particulièrement attendu. aficia est allé à sa rencontre.

Entre 2012 et 2015, Tal a goûté aux joies du succès avec ses deux premiers albums et des dizaines de concerts qui lui ont permis de découvrir son public. Cette année, elle revient sous un jour nouveau et tente de nous convaincre avec un son différent. Le single « Are We Awake » est le premier témoin d’une évolution majeure pour l’artiste révélée par le tube « Je prends le large » et qui a considérablement accru sa notoriété en participant à différents projets, comme Génération Goldman ou Forever Gentlemen. Il est temps pour elle de confirmer son statut de chanteuse incontournable du paysage musical français.

Alors que tu rencontrais un grand succès sur scène et dans les bacs avec l’album À l’infini, tu as subitement décidé de te mettre en retrait. Pourquoi ne pas avoir continué de surfer sur cette vague ?

J’ai eu besoin de me retrouver. Pendant trois ans, je n’ai pas arrêté. Je n’avais pas eu le temps de me poser ni même de savoir ce que je voulais. Pas que pour ma carrière. Pour ma vie de femme aussi. Donc de me poser un an, ça m’a effectivement permis de prendre le temps de voyager, à Los Angeles et même à Zanzibar, en Afrique, et plein de petites villes en France. Je suis aussi allée au cinéma, au restaurant… Faire les choses d’une vie simple ! Ça m’a fait beaucoup de bien, et ça m’a permis de revenir sur terre. (Sourire) À partir de là, j’ai pu appréhender mieux ce dont j’avais envie.

« Cet album, il me représente plus »

Comment t’es-tu préparée à revenir sous le feu des projecteurs ?

J’ai surtout l’impression de n’être personne, de tout recommencer à zéro et d’en être au premier single de mon premier album. (Sourire) Je n’ai pas du tout l’impression d’être une star. C’est comme le début d’une histoire. Je retrouve les mêmes sensations qu’à mes débuts, notamment pendant la période de promo, lorsque je rencontre les journalistes. Je dois dire que c’est assez marrant parce que je vois deux millions de fans sur les réseaux sociaux, pour qui je suis très présente, mais je n’ai pas vraiment conscience de ce que ça représente. J’ai du mal à le réaliser. Et de voir que ces fans sont encore là aujourd’hui, je trouve que c’est incroyable.

Qu’est -ce que tu as fait pendant cette année sabbatique ?

Pendant ma pause, j’ai découvert beaucoup de choses qui me font beaucoup de bien. Le yoga par exemple. J’ai profité de la nature, comme je pouvais le faire quand j’étais plus jeune. Ici, on est avec nos portables, en ville, au milieu de la pollution, alors que dans des pays comme la Namibie où j’ai tourné mon dernier clip, ils ont juste besoin d’eau… Ils sont heureux alors qu’ils ont beaucoup moins que nous, et donnent d’ailleurs beaucoup plus que nous. Ce type d’endroit permet de me ressourcer. J’ai toujours aimé ça. Même si je suis une Parisienne et que j’ai grandi dans Paris ! (Sourire) Je pense désormais que je vais pouvoir mieux gérer la fatigue entre les concerts et la promo, parce que justement je sais comment la contrôler.

Ton nouveau single « Are We Awake » semble s’inspirer de l’actualité. Cherches-tu à faire passer un message à ton public ?

Oui, j’ai voulu que ce soit le premier message que je fasse passer pour mon retour. C’est une prise de conscience du fait qu’on peut tous changer quelque chose, dans le bon sens évidemment, pour le monde ou pour soi-même. C’est un message de rassemblement. Je rappelle qu’on est tous des êtres humains, qui ont besoin d’être unis pour faire de grandes choses. En ce qui concerne le clip, l’identité visuelle que j’ai cherché à créer, c’est « la nature qui reprend ses droits ». C’est pour ça que nous sommes partis assez loin pour le tournage, en Namibie. Je voulais trouver des endroits assez particuliers.

Découvrez le clip « Are We Awake » de Tal :

Est-il représentatif de ton prochain album ?

Pour ce single, j’ai vraiment voulu être moi-même, à 100% dans ce que je fais. Et c’est pour ça que je suis hyper impliquée pour cet album-là. Je co-réalise, je co-écrit, je co-compose… Je suis en studio tout le temps. C’est véritablement un projet qui me tient à cœur. C’est mon bébé ! (Sourire) C’est ce qui compte avant tout pour moi. Après, je peux effectivement me poser la question du grand public, parce que c’est quand même très populaire et commercial ce que je fais. Je trouve que ce titre, c’est un bon compromis. Parce que je ne pense pas que ça ne soit pas accessible au grand public, et en même temps apporter quelque chose de singulier dessus.

Peut-on dire que tu prends plus de liberté artistiquement parlant et que ce disque te représentera davantage ?

Sur le premier album, j’ai été seulement interprète. Pour le deuxième, j’ai co-composé et co-écrit quelques titres. Là, pour le coup, il y a la réalisation qui est quelque chose de totalement nouveau pour moi. J’ai monté mon propre studio chez moi. Un vrai studio d’enregistrement ! C’est là que j’ai commencé à composer et à faire des prods. Quand j’étais plus jeune, mon frère faisait de la musique. Donc j’avais des bases déjà pour travailler les sons sur ordinateur. Puis j’ai appris à mieux maîtriser les outils pendant cette année de pause. C’est venu assez naturellement. Cet album, il me représente plus. Parce que ça sort de mon âme, de mon corps, de mes tripes.

« Il y a un mélange de titres anglais et français »

Quels sont les autres thèmes que tu abordes dans tes nouvelles chansons ?

J’évoque des thèmes assez variés. J’essaie de parler de différentes choses. Mais pour l’essentiel, le message est positif. Parce que c’est mon état d’esprit et que je ne me voyais pas chanter des choses dark. On va retrouver bien sûr cette idée de retour aux sources, la femme que je suis aujourd’hui… Je grandis et je pense que c’est un métier où on apprend très vite. J’ai fait trois ans de carrière et j’ai pourtant l’impression d’en avoir fait bien plus ! Sinon, l’album n’est pas encore tout à fait fini, donc je ne peux pas encore en dire plus…

Peut-on imaginer que tu chanteras beaucoup plus en anglais ?

Il y aura un mélange de titres anglais et français. Encore une fois, c’est quelque chose d’assez naturel pour moi. Par exemple, pour « Are We Awake », quand j’étais en studio, c’est une phrase qui est sorti de ma bouche en anglais. On n’a pas cherché à traduire. J’ai aussi voulu faire quelque chose que je n’avais pas fait avant, comme raconter des histoires. C’est quelque chose qui m’intéresse plus aujourd’hui parce que je me penche beaucoup sur la poésie. J’ai envie d’aller dans ce registre-là en termes d’écriture. Dans cet album, on va retrouver des histoires qui m’ont touchée, ou qui s’inspirent de reportages que j’ai vus, que j’ai envie de chanter. Je m’inspire de beaucoup de choses. Rien que le fait d’être sur la route et de voir des beaux paysages, ça me donne envie de raconter des choses.

Penses-tu qu’un jour tu pourrais davantage t’engager à travers ta musique ?

Oui. Mais je pense aussi que chaque chose en son temps. Je sais que par la suite j’aimerais pouvoir venir en aide à des associations. Là, par exemple, j’ai rencontré une dame en Namibie qui a une association pour les animaux. Surtout des babouins en fait. M’occuper d’enfants ? C’est un rêve d’enfant. Au fond de moi, j’ai toujours senti que je voulais m’engager pour quelque chose ou quelqu’un. Les enfants malades par exemple. L’idée c’est d’aider celui qui en a besoin tout simplement.

Retrouvez l’intégralité de cette interview réalisée en partenariat avec le magazine « Musik Stars » dans le numéro 4 consacré à Tal, disponible à partir du 30 juillet.